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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Réformes politiques

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 7 Avril 2014, 13:45pm

Catégories : #Politique

Paru dans Arabies, avril 2014.

L'Algérie avance… en dix ans, le pays a connu une vraie mutation politique. Infrastructures, réduction de la pauvreté, éducation … La lutte contre la corruption reste cependant d'actualité.

Depuis le lancement des réformes politiques, engagées par le président Abdelaziz Bouteflika en mai 2011, l’Algérie a franchi des étapes importantes dans l’approfondissement du processus démocratique. Les réformes institutionnelles ont permis d’atteindre des acquis considérables : une meilleure représentativité des femmes aux sein des assemblées élues (+ de 30%), la création de nombreux partis politiques et la multiplication des Organisations syndicales et associatives.

Les partis politiques nouvellement crées, pour la grande partie en phase de construction et de maturité, deviendront, à plus long terme, une alternative politique plurielle. Laquelle est indispensable au renforcement du paysage politique et à l’accentuation de la liberté d’opinion. Dans un entretien accordé à l’Agence France Presse (AFP), le président algérien a affirmé : «Le processus de réformes est irréversible car il fait la quasi-unanimité (...). Il connaîtra son couronnement avec la révision de la Constitution dont l'objectif est de faire des constantes nationales, de la démocratie et de l'Etat de droit les bases du pacte national unissant les enfants de la nation algérienne indépendante et souveraine».

Certaines avancées sociales ont été appréciables. Selon les chiffres officiels, les programmes quinquennaux (2000 à 2013) - mis en œuvre dans une conjoncture du marché pétrolier très favorable aux pays exportateurs -, ont permis à l’Algérie de réaliser des évolutions positives en matière d’acquis socio - économiques : construction des infrastructures économiques et sociales et l’accroissement des dépenses à caractère social.

Objectifs du millénaire. Il est clair qu’en matière de développement, le pays est sur le point d’atteindre les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), adoptés en 2000 par l’Organisation des nations unies (ONU) et fixés pour la fin de l’année 2015. Ces objectifs consistent dans la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, l’accès à l’éducation, l’égalité entre les sexes et la mise en œuvre du développement durable.

Le gouvernement a aussi misé sur le développement des conditions de vie des citoyens, notamment en matière de sauvegarde du pouvoir d’achat. Selon les chiffres officiels, les transferts sociaux, comme le soutien aux produits de première nécessité comme l’eau, l’énergie, l’habitat, l’éducation et la santé, ont enregistré une augmentation de 462% en valeur et représentent de 6 à 10% du PIB. Quant aux dépenses en équipements sociaux et les infrastructures de base, elles ont enregistré une progression de 430% en quatre onze ans.

Selon Mohamed Benmeradi, ministre de l’emploi et de la Sécurité sociale, le marché de l’emploi connaît ses dernières années une évolution constante. Selon le ministère de tutelle, cette évolution est traduite par la baisse sensible du chômage (9,8% en septembre 2013 contre 30 % en 1999) ainsi que par l’accroissement des offres qui ont connu une hausse de 21% par rapport à l’année 2012.

Pour information, le secteur privé est le premier employeur avec plus de 71,5% des postes offerts en 2013 contre 61,5% l’année précédente. Des avancées non négligeables obtenues grâce à la mise en œuvre des mesures d’accompagnement des dizaines de milliers de jeunes chômeurs dans la création des micros entreprises notamment par l’octroi des crédits nécessaires au financement par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ).

Tahar Chaâlal, directeur général de l’Agence nationale de l’emploi (Anem), affirme, de son côté, qu’un plan d’action, élaboré par l’agence, assurera le placement de près de 350 000 demandeurs d’emplois en 2014 contre 318 000 en 2013.

Selon le directeur de l’Anem, ce plan d’actions permettra au secteur de l’emploi de connaitre une certaine accalmie dans le futur. Aussi, pour mieux répondre aux besoins du marché, notamment en matière de demande additionnelle (500 000 /an), le ministère compte améliorer les dispositifs permettant le retour à l’emploi notamment en allégeant les procédures des recrutements.

« Le contexte national caractérisé aujourd’hui par le rétablissement de la paix, la sécurité et la stabilité, l’assainissement économique et financier […] permet à la Nation de se mobiliser au service d’un projet de développement global créateur d’emplois et de richesses durables pour les générations présentes et futures » lit on dans « le Pacte de développement et de progrès » contenu dans le programme électoral du candidat Abdelaziz Bouteflika.

Dans un autre contexte, dans un soucis de lutte contre la bureaucratie et la corruption administrative, le ministère chargé de la Réforme du service public a mis en œuvre, le 22 décembre 2013, des actions concrètes pour mieux servir les citoyens comme, entre autres, l’allègement des dossiers administratifs et le prolongement de la durée des documents civils.

Service public. Pour rappel, le gouvernement a consacré près de 1.666 milliards de dinars pour l’amélioration du service public - collectivités locales, sécurité nationale, la protection civile, justice et secteur des finances – entre 2000 et 2013.

Quels sont les principaux défis pour la construction de l’Algérie de demain ? D’après de nombreux observateurs, pour renforcer le processus démocratique, le premier défi de l’Algérie de demain serait la révision de la Constitution, une des revendications phares des citoyens et des partis politiques de l’opposition.

En outre, pour plus de légitimité et de crédibilité, cette dernière ne peut être réalisée sans l’instauration d’un grand débat national en associant les différents acteurs de la société civile dont les organisations, les syndicats et les experts.

Aussi, pour permettre l’édification d’un dialogue constructif, les pouvoirs publics devraient légiférer pour une ouverture totale du secteur de l’audiovisuel et la dépénalisation des délits de presse, des lois indispensables permettant l’ancrage de la liberté d’expression, un des fondements de la démocratie.

Pour permettre l’édification d’une nation démocratique, l’Algérie doit également relever les défis de l’égalité des citoyens en droits et en devoirs, de la sacralisation des libertés individuelles et collectives.

Il est clair que les fondements de l’État de droit, de la bonne gouvernance et l’instauration des institutions représentatives des choix du peuple, sont des conditions indispensables pour atteindre cet objectif.

Un autre défi, et non des moindres, consisterait à rétablir la confiance des citoyens envers le pouvoir politique. Or, cela ne peut être réalisé sans une lutte efficace contre toutes les formes de corruption. Pour y parvenir, l’État devrait mettre en œuvre des plans d’actions permettant le renforcement de la législation, de l’indépendance de la justice et de la mise en place des organismes indépendants de contrôle.

Pour information, la lutte contre la corruption est un des éléments majeurs des programmes électoraux de tous les candidats à la présidentielle du 17 Avril 2014.

Capital humain. Sur le plan social, le pays doit également renforcer l’insertion des jeunes par l’emploi et la promotion de l’acquisition du savoir. Les observateurs soulignent qu’il est primordial que le pays réussisse à mettre en adéquation les besoins futurs en matière de formation et d’emploi. En effet, la valorisation du capital humain représente un défi considérable pour le pays, car les emplois à fort contenu scientifique et technologique, sont insuffisants, notamment dans les domaines de la recherche et le développement et le management.

L’investissement dans ces filières aura un impact très productif pour le développement notamment par le biais de la promotion et l’aide au retour des compétences et des entrepreneurs algériens exilés à l’étranger. D’ailleurs, certains d’entre eux investissent déjà dans des filières hautement techniques et technologiques (électronique, informatique, pharmacie, aérospatiale, médecine..), un grand atout qui permettrait au pays de réaliser ses défis d’avenir avec un gain de temps considérable.

Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Ouyahia
Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Ouyahia

Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Ouyahia

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