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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Construire l'avenir

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 7 Juillet 2014, 16:21pm

Catégories : #Politique

Paru dans Arabies, juillet-août 2014

L’environnement régional, complexe et incertain, a conduit à la mise en œuvre des réformes politiques urgentes pour répondre aux attentes de la population.

Les réforment politiques conduites par le gouvernement consistent essentiellement dans la réhabilitation des rôles des institutions et la révision de la loi Constitution, laquelle permettrait de garantir la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et la protection des droits individuels et collectifs des citoyens. En effet, le pouvoir en place, les partis de l’opposition et les diverses organisations non gouvernementales – associations, syndicats et corporations – sont unanimes : des défis politiques s’imposent à l’Algérie.

Car les citoyens rêvent de l’instauration d’une véritable démocratie participative, articulée autour d’un dialogue national. Les Algériens aspirent aussi à une lutte plus ardue et efficace contre les fléaux sociaux dont la corruption qui gangrène l’administration et l’économie du pays. Le gouvernement est –il prêt à répondre aux attentes et aux préoccupations de la population ?

Force est de constater qu’il semble engagé dans la mise en œuvre de nombreux défis politiques, dont l’un des principaux concerne la révision de la loi fondamentale du pays.

Moins de deux mois après la réélection du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat, le chantier de la révision de la Constitution a bien démarré. Des consultations avec des chefs de partis, des leaders politiques et des personnalités de diverses corporations sont menées par l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, actuel chef de cabinet du Président de la République, chargé de piloter les consultations sur la révision de la Constitution.

Selon le communiqué de la Présidence, les consultations vont permettre d’aboutir à une décision consensuelle qui répondra favorablement aux préoccupations de la population.

Une constitution participative. « L’élaboration d’une Constitution prospective s’étendent sur une longue durée en tenant compte du principe de la démocratie participative », explique Abdelaziz Bélaid, président du parti le Front el Moustakbel (le futur). Ce dernier plaide pour une « révision approfondie » des articles de la Constitution afin de permettre une « réforme politique globale et approfondie de l’État ». L’instauration d’un régime semi présidentiel et l’élargissement des prérogatives du Parlement représentent aussi les revendications majeures du groupe du tiers présidentiel au Conseil de la nation, présentées à Ahmed Ouyahia.

« Les propositions ont porté sur la limitation du mandat présidentiel, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption ainsi que la lutte contre l’utilisation de la religion et des constantes de la Nation à des fins politiques », a souligné Mohamed Boukhalfa, président du groupe à l’issue de sa rencontre avec le chef du cabinet du président.

De son côté, Djelloul Djoudi, chef de groupe parlementaire du parti des Travailleurs (PT), lors d’une déclaration à la presse nationale, a expliqué que le processus de la révision constitutionnelle devrait aboutir à un « changement démocratique ». Quant à Moussa Touati, président du parti de l’opposition Front national algérien (FNA), il s’est prononcé pour un régime parlementaire qui consacrera la séparation des pouvoirs. Il propose aussi la création d’une Cour constitutionnelleremplaçant l’actuel Conseil Constitutionnel - dont les membres seront élus par des magistrats. « La création d’une Cour constitutionnelle et la mise en place de fondements constitutionnels qui garantissent l’intégrité et la transparence de l’opération électorale dans toutes ses étapes », souligne, de son côté, Abdelaziz Bélaid, président du parti el Moustakbil, au sujet de a création d’une Cour Constitutionnelle suprême.

Statut de la Cour des comptes. Dans le même contexte, Said Bouchair, l’ancien président du Conseil constitutionnel, explique qu’un changement du statut de la Cour des Comptes, qui lui conférerait notamment une indépendance du pouvoir politique, lui permettra d’assurer une meilleure gestion des finances du pays.

Parmi les 150 partenaires invités par le gouvernement, le Front des Forces Socialistes (FFS), un des partis majeurs de l’opposition, qui a manifesté sa volonté de boycotter divers évènements politiques depuis de nombreuses années, a annoncé son intention de participer à cette initiative concernant l’avenir politique du pays.

« Dans un esprit de consensus et dans le cadre des contacts politiques engagés pour la reconstruction d’un consensus national, le FFS décide de répondre favorablement à cette invitation », lit - on dans le communiqué publié par le FFS. De son côté, Kamel Amarni, président d Syndicat national des journalistes (SNJ), a affirmé que son organisation se félicite que la liberté de la presse sera intégrée dans un article de la Constitution, une première depuis l’indépendance du pays.

Le chantier du nouveau découpage administratif, en phase d’étude, sera plus favorable aux régions du Sud et des Hauts Plateaux. Ce projet devrait être mis en œuvre dans les prochains mois. Il sera progressif puisqu’il concernera, en priorité, les régions du Sud, notamment les wilayas de Touggourt, In Salah, El Ménéa et Djanet, plus exposées aux problèmes socio- économiques et au chômage des jeunes. Ces régions devraient bénéficier, à court terme, de plus de moyens, matériels et techniques, et d’autonomie dans la gestion des affaires des collectivités concernées.

Découpage géographique. Les deux autres étapes concerneront les régions des Hauts - Plateaux et du Nord du pays. «Le projet de découpage porte sur la création de nouvelles wilayas et non de communes», souligne Abdelmalek Sellal, le chef de l’exécutif. Notons que l’étude, en cours de réalisation, permettra de déterminer avec précision le budget nécessaire à cette opération.

Selon le plan d’action divulgué par le chef du gouvernement, en juin 2014, le nouveau découpage administratif permettra aux autorités publiques « de rattraper les disparités entre les collectivités territoriales et de renforcer les pouvoirs locaux a travers l’avènement de l’intercommunalité et la clarification de leurs compétences ».

Une conférence nationale sur la transition, un événement inédit dans l’histoire politique de l’Algérie depuis l’instauration du multipartisme, a été organisée, le 10 juin 2014, à l’hôtel Mazafran, à Zéralda, la banlieue d’Alger. L’événement, qui a rassemblé des partis politiques et des personnalités politiques de diverses obédiences, avait pour objectif d’instaurer une dynamique permettant de diriger le pays vers une transition démocratique. La coalition de l’opposition, soit une soixantaine de partis et de personnalités, a appelé à « poursuivre la lutte pour un vrai changement qui concrétise la souveraineté du peuple ainsi que la liberté de choisir ses dirigeants et ses représentants ».

Se dirige t-on vers le renforcement du rôle de l’opposition dans l’échiquier politique algérien ? Selon de nombreux observateurs, cette rencontre, qui représente un premier jalon dans la construction de projet politique de l’opposition, ne peut être efficace qu’à condition qu’elle soit enrichie par d’autres rencontres et débats qui permettraient de mûrir la pratique de la politique d’une opposition solide et cohérente. Une démarché nécessaire à la crédibilité du processus démocratique de l’Algérie de demain.

Un document consensuel sera présenté au gouvernement ainsi qu’à la société civile. De son coté, le chef du gouvernement Abdelmalek Sellal, répondant aux interrogations des députés sur le plan d’action du gouvernement.

Institutions légitimes et élues. « Nous rejetons dans le fond et la forme l’idée de période de transition défendue par certaines parties ( … ) Je respecte l’opposition, mais je ne partage pas et je n’accepte cette idée de transition » a t-il souligné. Le premier ministre considère aussi que l’Algérie dispose d’institutions légitimes et élues. Quant à Ahmed Ouyahia, ancien premier ministre, chargé de piloter les consultations sur la révision de la Constitution, il avait indiqué lors de ses nombreuses déclarations que l’Algérie a connu sa période de transition en 1992.

Dans tous les cas, il est important de signaler que les chantiers politiques sont en cours d’élaboration. La scène politique, opposition comprise, devrait connaître un certain dynamisme dans les prochains mois.

La population algérienne, qui attend un signal fort du pouvoir en place, et aspire que de nouveaux articles et amendements de future Constitution. Lesquels confirmeraient les promesses électorales dont, l’instauration d’une justice équitable et indépendante, la séparation des pouvoirs, la limitation des mandats présidentiels et le respect des droits de la liberté individuelle et collective. Le potentiel pour la construction d’un avenir meilleur est bien réel, une chance que le pays ne devrait en aucun cas gâcher.

Abdelmalek Sellal, Premier ministre algérien

Abdelmalek Sellal, Premier ministre algérien

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