Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Dynamisation des investissements.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 13 Juillet 2014, 19:15pm

Catégories : #Économie Algérie

Paru dans Arabies, juillet- août 2014,

Malgré une légère augmentation des investissements, encouragée par les dispositifs de la loi de Finance 2014, l’Algérie s’attelle à attirer davantage d’investissements étrangers.

Le cabinet Ernst & Young, dans un rapport sur l’attractivité de l’Afrique en 2014, mené auprès de 500 chefs d’entreprise à l’échelle mondiale et dont l’objectif est de connaître leur «vision du potentiel offert par le marché africain», relève une hausse de 5,7% des projets sur le continent en 2013. Cependant, cette enquête indique aussi que, contrairement à l’Afrique de l’Ouest, l’attractivité de l’Afrique du Nord est en baisse. En effet, les résultats de cette étude confirme que les projets diminuaient de près de 29% (129 contre 181 en 2012). L’Algérie, par exemple, se classe à la neuvième place en matière d’attractivité sur le continent. En effet, depuis l’année 2011, les projets de la région sont moins nombreux mais plus gros. Alger est positionnée dans le top 4 des villes les plus attractives pour les Investissements Directs Etrangers (IDE) en Afrique.

La filière des infrastructures représente la branche la plus attractive, notamment en termes de coûts de main d’œuvre, de compétences locales et de la productivité. Notons que le Maroc et l’Égypte sont considérés comme les deux pays les plus attractifs de la région (avec près de 55% des projets d’investissements).

En outre, selon la Banque africaine de développement (BAD), les réformes engagées par l’Algérie ont engendré une explosion des importations, une faiblesse de la productivité et l’explosion de l’économie informelle, éléments non propices à la promotion des investissements nationaux et étrangers. Cela dit, en 2013, une politique économique favorisant la relance des filières industrielles et la diversification de l’économie nationale.

En effet, le gouvernement a pris la décision de promouvoir une politique économique favorisant la relance des filières industrielles et la diversification de l’économie. Le pays aspire au développement des programmes de partenariats gagnant - gagnant, lesquels garantissent le transfert du savoir faire, managériale et technologique.

Chantiers prioritaires. Le gouvernement devrait ainsi mettre en œuvre des chantiers prioritaires comme la révision prochaine du code des investissements, l’amélioration du climat des affaires, notamment à travers les facilitations des crédits bancaires et la disponibilité du foncier industriel.

Il faut dire que le pays enregistre un grand déficit en matière de foncier industriel. Durant le premier semestre 2014, près de la moitié des projets d’investissements industriels ont été rejetés en raison de l’indisponibilité du foncier industriel. Les Comités d’assistance, de localisation, de promotion de l’investissement et de régulation foncière (Calpiref), qui a traité 1470 dossiers d’investissement dans les divers domaines d’activités, a indiqué que le taux de rejet des dossiers est estimé à 33%.

De janvier à juin, les investissements locaux, comptabilisés à 2.615 projets déclarés au niveau national, représentent une valeur de 553 milliards de dinars. Ces derniers vont permettre la création de 40 400 postes d’emplois. En matière d’IDE, le pays a attiré 17 projets pour un montant de 129 milliards de dinars, soit 1,8 milliards de dollars. Cet investissement devra créer 11 100 emplois directs.

Près de la moitié des projets déclarés concerne le secteur des transports avec 48,52%, soit 1277 projets. Les filières bâtiment et des travaux publics (BTP) et les industries occupent une place égale de près de 18% avec respectivement 490 et 482 projets. Quant au secteur des services, il occupe la troisième position avec 263 projets, soit 9,99%. En termes de valeur, l’industrie arrive en tête avec un taux de 76,59%, soit 522 milliards de dinars. Les secteur des BTP avec 6,48%, les services 5,55%, les transports 5,26 et le tourisme 4,51%.

Quant au secteur des hydrocarbures, et après l’attaque terroriste perpétrée contre le site gazier de Tigentourine, à In Amenas, les compagnies britanniques reviennent en force en Algérie.

Énergies renouvelables. La compagnie pétrolière Petrofac vient de signer un contrat de 1, 970 milliards de dollars avec la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach. Ce projet de partenariat concernera la construction et la mise en service d’une usine de traitement du gaz et du réseau de pipelines dans le bassin de Reggane, dans la wilaya d’Adrar.

Dans un communiqué, Petrofac a précisé que la production débutera en 2016 et devrait produire 8 millions de mètres cubes de gaz par jour.

De son côté, Soltane Ben Salim, président du conseil d'administration de la société la société Dubaï Ports World (DPW), qui gère actuellement les containers de transport de marchandises au niveau des ports d'Alger et Djendjen (Jijel), a annoncé en mai dernier que son groupe ambitionne d'élargir ses investissements aux autres ports algériens. Bénéficiant d’une solide expérience dans la gestion des ports (65 ports à travers le monde), DPW souhaite gérer le port de Djendjen pour en faire « un port pivot dans le bassin méditerranéen et en Afrique ». Un moyen efficace qui permettrait la réduction du coût des opérations du commerce extérieur.

De nombreux projets d’investissements sont programmés dans le secteur de la santé. Selon le ministère de la Sante, près de 205 projets ont été validés, notamment dans la réalisation des usines de fabrication des produits pharmaceutiques. « Il existe 127 unités de fabrication dont 71 unités produisent des médicaments », souligne Hamou Hafed, directeur général de la Pharmacie et des équipements au ministère de la sante sur les ondes de la radio algérienne chaine III.

M. Hafed explique de nombreux opérateurs locaux sollicitent le ministère d pour la construction des unités de production des médicaments et autres produits pharmaceutiques.

Production. Une conférence de presse était organisée en marge de la 8e édition du salon international de l’électronique, de l’automation et de l’énergie. Boualem Bouhammada, directeur des énergies renouvelables du groupe industriel Condor, y a confirmé le lancement de programmes de production de charpentes métalliques, poteaux d’éclairage, les médicaments et les énergies renouvelables.

Pour rappel, le groupe a lancé une usine de fabrication de panneaux photovoltaïques d’une capacité de production de 50 MW/an dans la zone industrielle de Bord Bou Arreredj (est du pays). Le pays ambitionne d’atteindre 22 000 MW d’ici 2030.

Plus de 80 entreprises américaines, spécialisées dans les secteurs des hydrocarbures, la haute technologie, industrie pharmaceutique, BTP et agroalimentaire, et une centaine d’hommes d’affaires américains ont participé à la 47e édition de la foire internationale d’Alger, tenue du 28 au 2 juin 2014.

Le président du Conseil d’affaires algéro - américain, Smail Chikhoune, lors d’une intervention sur les ondes de la radio algérienne, souligne que les Américains considèrent le marché algérien « comme le plus attractif de la région Mena ». M. Chikhoune a fait part de l'accord conclu entre la compagnie américaine General Electric et le groupe algérien Sonelgaz pour la production de turbines à gaz. A ce sujet, il a aussi rappelé qu’un mémorandum d’entente sera bientôt signé entre les deux pays, qui fera de l’Algérie le 4e pôle mondial pour la biotechnologie. «Cette importante infrastructure aura des incidences positives pour le développement de l'industrie pharmaceutique et permettra la création de plusieurs milliers d'emplois directs et indirects ».

Quant à Janusz Pisz, chargé de la promotion du commerce et des investissements à l’ambassade de Pologne à Alger, il a annoncé qu’une dizaine de projets de partenariat est en cours d’étude. Cité par l’APS, ce dernier affirme : «Plus de dix projets d’investissement entre des entreprises algériennes et polonaises sont en cours d’étude dans divers secteurs tel que l’agriculture, le BTP (bâtiment et travaux publics), l’hydraulique et l’industrie pharmaceutique».

La relance des activités industrielles est elle en route ? Dans une déclaration à Algérie presse service (APS ), Abdelkrim Mansouri, directeur général de l’Andi, souligne : « le virage économique orienté vers les industries est vraiment bien amorcé et traduit de manière efficiente et favorable le retour des signaux forts émis par les pouvoirs publics ».

Parmi les dispositions prises par le gouvernement, l’ordonnance n° 01-03 du 20 août 2001 relative au développement de l’investissement ont été amendées ou abrogées dans le cadre de la loi de Finance 2014. L’article 56, par exemple, allège les procédures d’agrément en faveur des projets d’investissements en partenariats avec des capitaux étrangers.

Examen préalable. Dans un objectif d’assoupissement du processus d’investissement et la réduction des délais dans la mise en œuvre des projets de partenariats entre nationaux et étrangers, l’article 4 bis de l’ordonnance, supprime la condition de la soumission des projets d’investissements à l’examen préalable du Conseil national de l’Investissement (CNI).

Il faut noter que l’amendement de l’article 9 ter de l’Ordonnance a aussi abrogé les dispositions spécifiques relatives aux modalités d’octroi des avantages du régime général pour les projets d’investissements dont le montant est inférieur à 1 500 000 000 dinars. Les exonérations de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) et de la taxe sur l’activité professionnelle (Tap), au titre de la période d’exploitations, sont désormais applicables pour une durée de trois ans (au lieu d’une année auparavant) pour les projets permettant la création d’une centaine d’emplois. Pour information, les investissements permettant la création de plus de 100 postes d’emplois, bénéficieront d’une l’exonération de 5 ans.

Quant à l’article 55 de la loi de finances, favorable à la promotion de l’investissement productif et le transfert du savoir-faire, il contient des mesures attractives pour la promotion de la production nationale des filières industrielles comme les composants industriels ainsi qu’au recours à la sous-traitance locale. « Tout investissement étranger en partenariat, qui contribue au transfert du savoir-faire vers l’Algérie et/ou produit des biens dans le cadre d’une activité déployée en Algérie, avec un taux d’intégration supérieur à 40%, bénéficie d’avantages fiscaux et parafiscaux, décidés par le conseil national de l’investissement dans le respect de la règle de répartition du capital 51/49 » stipule l’article de loi.

Projet de loi. Une loi régissant les activités de sous-traitance dans le secteur industriel est en cours de préparation. « Le ministère de l’Industrie a lancé une concertation pour débattre et arrêter des propositions sur l’élaboration d’un projet de loi sur la sous-traitance », a souligné Aziouez Laib, directeur général de la Bourse algérienne de sous-traitance et de partenariat (BASTP), une structure qui regroupe plus de 1200 professionnels de la sous-traitance dans diverses activités (mécanique, plastique et l’électronique).

Le développement d’un tissu de sous-traitance, fiable et opérationnel, est désormais plus que nécessaire pour répondre aux besoins locaux comme ceux des usines de montage automobile du constructeur français Renault et l’allemand Daimler - Mercedes /Benz). En effet, les besoins en matière de pièces de rechange et des accessoires automobiles seront plus importants dès le démarrage de la production et la commercialisation des deux usines.

De nombreux investisseurs remettent en cause la loi 51/49 régissant le code des investissements directs étrangers et qui stipule que la part majoritaire revient au partenaire local. Cité par l’APS, Douglas Wallace, Conseiller auprès du département américain du Commerce pour la région du Maghreb, souligne : « La règle 51/49% régissant les investissements étrangers n’incite pas les entreprises étrangères à venir investir en Algérie ». Le diplomate américain comprend néanmoins que cette dernière soit appliquée à des secteurs stratégiques comme le secteur des hydrocarbures. Il a d’ailleurs évoquer d’autres obstacles comme « l’instabilité de la législation économique », les difficultés de rapatrier les dividendes et l’absence de protection des droits de propriété intellectuelle. Un avis partagé par Lady Olga Maitland, présidente du Conseil d’affaires algéro-britannique, en marge de la Foire international d’Alger, qui a indiqué que le rapatriement des dividendes des entreprises étrangères, installées dans le pays, est un obstacle majeur à la promotion et le renforcement des investissements directs étrangers dans le pays.

L’attractivité de l’Algérie sera t-elle boostée grâce à la révision du code des investissement et la promotion des partenariats public/privé ? Abdesselem Boucheoureb, nouveau ministre de l’Industrie et des Mines, est confiant, car, l’importance du programme quinquennal 2015-2019 devrait dynamiser les investissements, nationaux et étrangers, dans les prochaines années.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents