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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Une politique énergétique ambitieuse

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 8 Octobre 2014, 09:13am

Catégories : #Économie Algérie

Paru dans Arabies, octobre 2014

La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a mis en œuvre un plan stratégique d’investissement d’une valeur globale de 100 milliards de dollars.

Pour accompagner le développement économique du pays, selon la direction de compagnie, ce plan, qui s’étalera sur la période 2014-2018, vise à l’élargissement des réserves ainsi qu’à l’augmentation des capacités de production et d’exportation. Pour cela, le groupe pétrolier compte intensifier l’effort de recherche et d’exploration dans le domaine minier ainsi que dans la filière off shore, un secteur non encore exploré.

Afin de stimuler de la production et d’augmenter les réserves, la compagnie nationale a mis en place un programme d’investissement colossal, lui permettant de sécuriser les approvisionnements du marché local et de confronter son rôle de fournisseur fiable et durable lui permettant de devenir un partenaire stratégique sur le marché européen.

Selon la direction du groupe, les travaux d’exploration ont permis de réaliser 112 découvertes entre 2010 et 2013, ce qui a permis une augmentation des réserves récupérables de 5% par rapport à l’année 2010, passant ainsi de 4200 Millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) à 4420 Millions de TEP. Plus concrètement, cette évolution est considérée comme le plus haut taux de réserves depuis l’année 1967.

Selon la même source, cette stratégie de développement va être poursuivie, voire intensifiée, dans les prochaines années notamment à travers le développement des ressources non conventionnelles.

En effet, dans un discours prononcé lors de la conférence abordant le thème le rôle du gaz dans le développement de région de la méditerranée, organisée le 10 et 11 juillet 2014 à Valetta, en Malte, Mohamed Zerguine, l’ancien président - directeur général de la Sonatrach, a affirmé que la stratégie de développement de la production sera axée sur l’augmentation du niveau de la production à plus de 225 millions de TEP à l’horizon 2018, dont près de la moitié sera consacrée à la production du Gaz Naturel.

Appels d’offres. Dans cet objectif, un montant de près de 42 milliards de dollars sera investi au développement des gisements dont 22 milliards sera réservé au Gaz Naturel. A ce sujet, des appels d’offres ont été lancés pour l’exploration du gaz et du pétrole afin de satisfaire les besoins futurs, locaux et étrangers. Pour rappel, les besoins du marché local sont estimés à 30 milliards de m3 et seraient de l’ordre de 45 milliards de en 2020 et 65 milliards de m3 en 2030, soit un taux de croissance se situant entre 5% et 7% par an.

Pour assurer une meilleure attractivité des investissements et susciter l’intérêt des partenaires étrangers, des modifications ont été apportées à la législation des hydrocarbures en 2013. Cette dernière stipule qu’une fiscalité sera basée sur la rentabilité de la production.

Pour rappel, le gouvernement a lancé, le 3 mars 2014, un appel d’offres pour l’attribution de 31 blocs d’exploration d’hydrocarbures conventionnels et non conventionnels. Dans une déclaration à la presse, Sid Ali Betata, président du comité de direction de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), a souligné que 17 périmètres sur 31 concernés par l’appel d’offres sont très attractifs. Ils représentent en effet des objectifs d’exploration des ressources conventionnelles et non conventionnelles dont les plus importants sont situés à Tindouf, Ahnet à Timimoun, Berkine, Illizi et Mouydir.

Pour information, l’ouverture publique des offres aura lieu courant septembre 2014. Quant à la signature des contrats, elle se tiendra en octobre courant dans la capitale algérienne. Le gouvernement algérien avait également annoncé de nouvelles découvertes en 2013, parmi lesquelles un gisement de 1,3 million de barils près de Hassi Messaoud.

Recherches et exploration. De son côté, Youcef Yousfi, ministre de l’Énergie et des Mines, a assuré que l’année 2013 a été marquée par des résultats « très satisfaisants » en matière de recherches et d’exploration des hydrocarbures.

Lors d’une déclaration à la radio algérienne, le ministre de tutelle a indiqué : « des résultats significatifs sont réalisés durant l’année 2013 grâce à l’intensification des efforts d’exploration. Nous avons augmenté la surface d’exploration et le nombre de puits forés à hauteur de deux tiers par rapport aux années passées ».

Selon Youcef Yousfi, le pays pourrait doubler la production de gaz naturel et augmenter de 50% la production pétrolière dans la prochaine décennie. Au cours d’une déclaration à la presse nationale, le ministre a indiqué aussi que cette croissance a pu compenser la baisse de la production qu'a connue le pays les années précédentes

En ce qui concerne le volet de l’exportation, la compagnie nationale souhaite développer l’extension des infrastructures de transport qui lui permettront d’acheminer les hydrocarbures aux clients. Le groupe a renforcé aussi ses capacités de transport notamment avec les trois gazoducs transcontinentaux (GPDF, Medgaz et Enrico Mattei) ainsi que ses unités de liquéfaction.

La compagnie a aussi déployé de grands efforts pour le développement des régions gazières dans le Sud-Est et le Sud Ouest algérien, notamment à travers la réalisation de nouveaux gazoducs comme le GR5 de 780 km et le GR4 sur 540 km. L’infrastructure servira à l’évacuation de la future production des gisements de la zone aussi bien conventionnelle que non conventionnelle.

Réseau de transport. Près de 8 milliards de dollars seront consacrés au développement du réseau de transport par canalisation, en vue d’accroître les capacités de production de l’ordre de 57 Millions de TEP / an. De plus, Sonatrach réalise deux mégatrains - dont l’un a été réceptionné en novembre 2013 - totalisant une capacité de 22 millions de m3 par an. Ces projets ont nécessité un investissement de 8 milliards de dollars.

Considérée comme une option pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’Algérie de demain, l’exploitation du gaz de schiste est envisagée à partir de 2025. Selon un rapport du département d’État de l’Énergie sur les réserves non conventionnelles, l’Algérie est classée à la troisième position mondiale en termes de réserves de gaz de schiste puisqu’elle disposerait de 600 trillions de m3.

Selon cette étude, réalisée en collaboration avec la firme américaine Advanced Resources International, une société d’audit des industries des hydrocarbures à l'échelle mondiale, outre le bassin d’Ahnet (déjà exploité par Sonatrach), l’Algérie compte six autres bassins contenant du gaz de Schiste à savoir : les bassins de Mouydir, Berkine-Ghadamès, Timimoun, Reggane et Tindouf. Selon le ministère de l’Énergie et des Mines, les réserves non conventionnelles approuvées sont estimées entre 25 000 et 30 000 milliards de mètres cubes pour le gaz et 6 à 10 milliards de baril pour le pétrole.

Pour évaluer le potentiel en hydrocarbures non conventionnels, des audits ont d’ailleurs été engagés en collaboration avec des compagnies pétrolières comme ENI, Anadarko, Talisman et Shell. « Les tests réalisés, après fracturation, ont permis de relever que les débits obtenus restent comparables à ceux obtenus sur les gisements shale américains produisant commercialement » a précisé Mohamed Zerguine lors de son discours à la Conférence de Malte. « Les résultats concluants des tests ont été déterminants pour le passage rapide à la phase de production pilote » a t-il affirmé. Pour information, le pays ambitionne de produire, dans une première phase, environ 30 Milliards de m3 à l’horizon 2020.

Il est important de signaler que le lancement de l’exploration a suscité un vaste débat dans le pays. Une partie de la société civile - dont les écologistes - remettent en cause les conséquences néfastes de la production du gaz de schiste sur l’environnement.

Car, l’exploitation du gaz de schiste peut provoquer une fragmentation des roches. De plus, le forage nécessite une grande quantité d’eau et peut causer la pollution des nappes souterraines.

Protéger l’environnement. Pour minimiser l’impact sur la détérioration de l’environnement, le président algérien a d’ailleurs ordonné « de veiller à ce que la prospection, et plus tard l’exploitation des hydrocarbures schisteux soient menées en permanence avec le souci de préserver les ressources hydriques et de protéger l’environnement ».

De son côté, Hocine Necib, ministre algérien des ressources en eau, souligne que cette stratégie « ne représente pas une menace pour les réserves hydriques du pays ». Ainsi, selon certains experts, la technique pour l’extraction du gaz utilise moins d’additifs chimiques qu’autrefois.

A cet égard, en marge d’une conférence de presse organisée à Oran sur les ressources en eau en Méditerranée, le ministre des ressources en eau a précisé : « la législation algérienne en matière de protection environnementale fait déjà obligation à l’opérateur de procéder à l’étude d’impact pour tout forage pétrolier dépassant le seuil phréatique, l’incitant notamment à procéder à la double cimentation pour éviter l’infiltration des hydrocarbures».

Selon la direction de Sonatrach, le pays dispose de divers atouts lui permettant de l’exploration et l’exploitation des ressources non conventionnelles dont, entre autres, les amendements récents de la loi des hydrocarbures, entrés en vigueur en janvier 2013. Ces derniers stipulent des avantages fiscaux au profit des projets dans ce sens.

Selon la même source, le groupe pétrolier dispose aussi d’importantes infrastructures, notamment en matière de transport pour relier les unités de production et le marché européen, ce qui permet de réduction les coûts de revient de la production. La direction de la compagnie a rappelé aussi que le pays dispose aussi des ressources hydriques fossiles nécessaire à la production du gaz de schiste.

Forages off shore. Il est important de signaler aussi que le pays envisage aussi dans l’exploration des ressources énergétiques en mer (off shore). Le ministre de l’Énergie et des Mines a d’ailleurs annoncé que les forages offshores commenceront vers la fin de l’année 2014. Selon la tutelle, des études sont en cours de réalisation pour la détermination de la localisation des premiers forages en mer.

Le contexte du marché mondial des énergies, marqué, entre autres par les tensions géopolitiques en Europe de l’Est, en Irak et en Lybie, qui fait craindre une déstabilisation de l’offre et de la demande. Cela menacerait la sécurité des approvisionnements des pays importateurs et exportateurs, serait profitable à l’Algérie pour fructifier ses gisements et gagner en positionnement sur le marché régional de l’énergie...

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