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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Culture et traditions

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 5 Septembre 2014, 15:53pm

Publié dans Arabies, septembre 2014

Organisé à Alger, sous le haut patronage du président Abdelaziz Bouteflika, le Festival de la création féminine a été créé en 2009.

Selon les organisateurs, le festival répond « au besoin de mettre en valeur les productions des artistes algériennes qui s’impliquent chaque année davantage dans la vie culturelle nationale ». Le bastion 23, Qasr (palais) el Rais, - un lieu hautement symbolique du patrimoine architectural de la capitale -, et l’Institut national supérieur de la Musique, ont accueilli cet événement, placé sous le slogan « D’orge et de blé », consacré à l’art culinaire algérien et aux arts de la table.

Le couscous, un mets savoureux et ancestral, de tradition berbère depuis des millénaires, était à l’honneur cette année. Ce plat fait partie du patrimoine immatériel de l’Algérie depuis des millénaires, ce qui a été prouvé par les découvertes archéologiques rapportées, entre autres, dans l’un des ouvrages de l’historienne culinaire Lucie Bolens. Cette dernière atteste que des pots primitifs de couscous ont été découverts dans des tombes remontant au règne du roi berbère Massinissa (entre 238 et 149 avant Jésus – Christ).

Inaugurée par Mme Hamida Agsous, conseillère au ministère de la Culture et commissaire du estival de la création féminine, la manifestation a proposé deux expositions majeures : l’une, intitulée « d’orge et de blé », a été consacrée à l’art culinaire du couscous sous ses multiples formes - + de 500 variétés produites en fonction des saisons, des climats, de la faune et de la flore et des ressources naturelles propres à chaque région du pays - et la seconde sur « les arts de la table » a concerné la présentation de la broderie, les ustensiles de cuisine et la vannerie. « Cette manifestation culturelle a pour objectif de valoriser les productions artisanales et de mettre en lumière le génie créateur de la femme dans ce domaine » explique Mme Agsous.

Un Public nombreux. Une cinquantaine de participantes ont répondu présentes à cet événement qui a attiré un public nombreux. Marilu Terrassi, une restauratrice italienne, a présenté le couscous sicilien de Trapani et animé une conférence sur le sujet. Des ateliers de démonstration ont également a été organisés afin de permettre au public de découvrir les multiples facettes et manières de cuisiner ce plat ancestral, devenu incontournable.

Selon les organisateurs, les rencontres avec les créatrices culinaires ont permis aux visiteurs de découvrir les préparations des plats traditionnels, à base d’orge et de blé, comme la Chakhchoukha, la Trida, la Rechta et la Seffa, des mets ancrés dans la culture culinaire du pays. « La femme algérienne crée, façonne et sublime ses créations. Lorsqu’elle conçoit ou produit ou une œuvre, elle y associe, en plus de sa sensibilité, sa force de caractère, sa sensibilité et sa volonté d’exister comme un acteur majeur de la société » souligne Malika, une jeune femme venue visiter l’exposition, organisée à Alger du 5 au 11 juin 2014.

En effet, le public a pu découvrir des œuvres originales de plus d’une vingtaine d’artistes réunies autour de l’art de la table, notamment la céramique, la vaisselle, la poterie, la vannerie, le mobilier, le linge de table et les accessoires de cuisine. Des conférences abordant différents thèmes ont été programmées pour l’occasion. La journaliste Leila Boukli, auteure du livre « le plat de partage, histoire du couscous » a animé une conférence sur le contenu de son ouvrage. Sid Ahmed Lahlou, fondateur des établissements Lahlou, producteurs de céréales, a abordé lors de son intervention, la transformation industrielle du met traditionnel roulé de façon artisanale à la main.

Les festivaliers ont aussi pris part à une Touiza, une activité traditionnelle, organisée et faite par et pour les femmes, qui permet de faire connaître ou revivre le rituel de la production des plats traditionnels de la culture algérienne. « La cérémonie du roulage, une tradition algérienne et maghrébine, caractérise l’esprit de solidarité et de partage lors des cérémonies de mariage, de fiançailles, retour de la Mecque et autres. Ces cérémonies sont accompagnées de chants et de youyous, une ambiance de fête, symbole de gaité et de convivialité » explique Nadia Cheriet, conseillère au ministère de la culture.

Elle explique également que cette manifestation est un des moyens sûrs permettant la sauvegarde des traditions et des coutumes ancestrales, afin de les transmettre à la jeune génération notamment la jeunesse citadine. « Nous avons une politique qui a été adoptée par le ministère de la Culture pour instaurer, rétablir et sauvegarder nos traditions, notamment à travers les nombreux festivals inscrits dans nos plans d’actions, dont celui de la création féminine » souligne Nadia Cheriet.

Une cérémonie de remise de prix aux lauréats du concours de la meilleure création culinaire et art de table à été organisée au sein de l’institut national supérieure de la musique.

Premier prix. Narjess Bouazza Abid, qui reçu le premier pour sa création innovante de la Seffa, un plat a base de grains de coucous, fruits secs, praline et miel, ne cache pas joie. « Je ne m’attendais pas à recevoir ce prix. Je suis très heureuse de recevoir ce prix. Cela m’encourage à me lancer dans la professionnalisation dans l’art culinaire. Ce qui a été pour moi un loisir va devenir un métier. J’envisage d’intégrer une école de cuisine pour mieux me perfectionner » nous a t-elle confié lors de la remise des prix. Quant au premier dans la création des arts de la table, il est revenu à Benmousa Tamaazouzte, une candidate de la wilaya de Bejaia pour la création d’une toile de jute et de raphia.

Le festival de la création féminine a été clôturé par un spectacle musical animé par la diva algérienne, à la voix de velours, Houria Aichi, qui a interprété, entre autres, son dernier album, Ghannayate, dans lequel elle rend hommage aux artistes doyennes du patrimoine musical classique algérien. « L’Algérie profonde est riche de son patrimoine culturel, elle dispose d’une grande diversité que nous cessons de découvrir lors des festivals divers et variés que nous organisons depuis plus d’une décennie » conclu Nadia Cheriet.

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