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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Diplomatie et médiation : le rôle algérien

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 3 Mars 2015, 09:59am

Catégories : #Politique

Diplomatie et médiation : le rôle algérien

Paru dans Arabies, février 2015

Pour de nombreux observateurs et politiques, l’Algérie est devenue un partenaire indispensable dans la lutte antiterroriste.

Après avoir lutter seule face au terrorisme durant la décennie noire – dans les années 1990, l’Algérie continue de faire de ce fléau une de ses priorités nationales.

Ses efforts diplomatiques dans la lutte terrorisme sur le continent Africain se multiplient, notamment ceux qui concernent la médiation pour régler les crises malienne et libyenne, une initiative saluée par de nombreux États, aussi bien à l’échelle régionale que mondiale.

En effet, le gouvernement algérien organise des colloques et des conférences régionaux en étroite collaboration avec les pays de la région, dont ceux du Sahel, de l’Afrique de l’Ouest et la Tunisie. L’objectif est de permettre la mise en place d’une stratégie commune dans la lutte contre le terrorisme, le banditisme et le trafic des armes et de drogue. Pour assurer son rôle de médiateur entre le pouvoir de Bamako et les rebelles du Nord, Alger à plusieurs reprises des rounds de négociations.

Pour de nombreux observateurs et politiques, l’Algérie est devenue un partenaire indispensable dans la lutte antiterroriste. L’attaque contre le site gazier de In Amenas, dans le sud algérien, et l’enlèvement de ses diplomates par le mouvement terroriste Mujao témoignent de la persistance de la menace terroriste qui pèse sur ses frontières, longues de plus de 6000 km de désert.

Notons que le pays partage ses frontières avec Lybie, le Mali et le Niger, dont la situation sécuritaire est des plus préoccupantes et à fort risque terroriste.

Pour y faire face, le pouvoir algérien entretient aussi une collaboration étroite avec la France, impliquée militairement dans la région. L’Algérie, considérée comme une puissance militaire régionale de 300 000 soldats, et dont l’expérience dans la lutte anti terroriste est mondialement reconnue, est fortement sollicitée par ses partenaires occidentaux afin de jouer un rôle déterminant dans la politique sécuritaire régionale.

Visites diplomatiques France - Algérie. Il faut dire que les directives des services de sécurité algériens concernant les actes terroristes sont claires et intransigeantes : aucun effort n’est épargné pour arrêter les criminels et de les traduire devant la justice. Pour renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme, les visites diplomatiques entre l’Algérie et la France se succèdent. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du développement international et Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense s'étaient rendus en Algérie en mai et juin 2014, soit quelques semaines après la réélection du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat.

Le Premier ministre français Manuel Valls, qui se montre très ferme à l’égard de la mouvance islamiste, a séduit l’appareil militaire et sécuritaire algérien. Il a en effet, à maintes reprises, mis en avant la grande coopération sécuritaire entre les services français et algériens dans la lutte anti terroriste.

Pour information, le processus de négociations, engagé par Alger et dont le quatrième round s’est déroulé en novembre 2014, est salué par les partenaires occidentaux dont l’Angleterre, les États Unis d’Amérique, la France, l’Allemagne, l’Italie et bien d’autres pays encore.

« L'adoption d'une feuille de route pour les négociations dans le cadre du processus d'Alger et d'une déclaration de cessation des hostilités ont balisé le terrain pour le lancement de négociations substantielles au Mali, et ce depuis le 1er septembre, en vue de parvenir à un accord de paix globale et définitive», souligne le chef de la diplomatie algérienne.

Lors de sa visite à Alger Laurent Fabius a salué les efforts de la diplomatie algérienne dans la conduite de cette médiation. « Je rends hommage au rôle pacificateur que joue très utilement l'Algérie dans ce qui doit être fait au Mali », a t-il souligné lors d’une conférence de presse à Alger. Ramtane Lamamra explique aussi que le processus de médiation est « une véritable opportunité que les parties maliennes sont su saisir en vue de parvenir à un accord global et définitif »

Les crises multiples secouent le continent Africain. La situation libyenne est complexe. Les conflits tribaux, la confrontation des courants politiques et l’armement lourd, en libre circulation sur l’ensemble du territoire, caractérisent la situation sécuritaire chaotique du pays.

La détérioration de la situation sécuritaire interne ainsi que les répercussions de cette instabilité sur l’ensemble des pays de la région est une menace sécuritaire de toute la région.

Réconciliation nationale. Le gouvernement algérien, par le voix de son chef de la diplomatie, a indiqué : « le dialogue est la voie pour parvenir à une réconciliation nationale ».

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères et du Développement international, lors de son déplacement à Alger, a souligné à propos des interventions de la France sur le continent : « Nous souhaitons que l'Afrique s'organise pour qu'elle dispose elle-même d'une force de sécurité, capable de prévenir les crises et d'intervenir si ces crises ont lieu ».

Ramtane Lamamra a réaffirmé les efforts engagés par le pays dans la lutte anti terroriste lors de son intervention à la 4e réunion du Forum mondial contre le terrorisme (GCTF), tenue à New York et coprésidé par John Kerry, secrétaire d’État américain et Ahmet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie algérienne a rappelé que le pays s’engage à respecter la prévention et la lutte contre le terrorisme dans le cadre de la légalité internationale, notamment à travers la stratégie anti terroriste adoptée par l’Organisation des nations unies (ONU) en 2006.

Notons que l’Algérie pointe du doigt le paiement des rançons lors des enlèvements des ressortissants étrangers dans les pays à conflits armés.

Les questions du grand banditisme et la criminalité organisée, notamment dans le trafic des armes et de la drogue, sont souvent évoqués lors des rencontres internationales sur le sujet.

Source de financement par excellence des groupes terroristes, ces dernières doit être considérée, selon Alger, comme un élément essentiel de lutte contre les réseaux djihadistes, notamment dans le Sahel.

Lors du deuxième séminaire pour la paix et la sécurité en Afrique, le chef de la diplomatie algérienne a rappelé l’impérative d’arrêter les sources de financement du terrorisme et de lutter contre les réseaux du crime organisés. En effet, les autorités algériennes plaident pour « l’universalisation de l’interdiction de paiement de rançons ».

Stratégie multidimensionnelle. Le chef de la diplomatie algérienne a aussi préconisé une stratégie multidimensionnelle à long terme pour vaincre le terrorisme. Lors de la 69e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le ministre algérien a expliqué : « la difficile conjoncture régionale requiert une intensification des efforts de lutte contre les groupes qui sévissent au Sahel et les interconnexions qu’ils ont établis avec les réseaux du trafic de drogue et du crime organisé ».

Le ministre algérien a aussi précisé : « l’Algérie poursuivra sa coopération au sein du Forum global de lutte anti terroriste, notamment en tant que co-président du groupe de travail dur le Sahel, sur les questions de sécurisation des frontières ainsi que la prévention des enlèvements contre rançon pour des groupes terroristes ».

De son côté, le ministre tchadien des Affaires étrangères, M. Moussa Faki Mahamat, a invité les pays africains « à suivre l’exemple de l’Algérie » en matière de lutte contre le terrorisme. « La nébuleuse terroriste se métastase, l'Afrique est envahie par les organisations et groupes terroristes » a t-il souligné lors d’un séminaire à Alger.

Sally Fegan- Wyles, directrice exécutive de l’Institut des nations unies pour La Formation et la Recherche (Unitair) a appelé à ce que les pays africains aient une voix et une approche commune dans leurs relations avec les Nations unies. « Ils doivent une approche commune » a t-elle expliqué lors de son intervention au Forum.

Pour rappel, l’organisme onusien a pour mission de promouvoir le développement, la paix et la sécurité notamment à travers l’analyse des conflits pour le maintien de la paix et l’encadrement des négociations dans le cadre de l’ONU.

Pour cela, les services et les organismes internationaux de lutte contre le terrorisme devraient redoubler d’efforts dans le renforcement des mécanismes de prévention et la mise en œuvre des mesures pour contrer toutes les tentatives faisant référence à l’apologie du terrorisme national et international.

Le contexte international de lutte contre le terrorisme, difficile et complexe, aggravé par la multiplication des réseaux du crime transnational, lesquels sont nourris par le trafic d’armes et de drogue, est un des grands défis du millénaire.

Lutte internationale. Car sans une lutte internationale efficience, incluant les causes des dérives, politiques et idéologiques, la stabilité et la paix à l’échelle mondiale serait en sursis.

Les récents évènements terroristes survenus dans la capitale française contre le journal Charlie Hebdo et la superette cachère, dont le bilan est de 18 morts, caractérisent parfaitement cette menace terroriste transnationale.

Enfin, la lutte efficiente anti terroriste a besoin d’être confrontée par un travail de fonds, notamment par la réparation des injustices et les frustrations diverses, lesquelles alimentent un terreau propice de la propagande et l’endoctrinement pour la radicalisation des populations les plus fragilisées et désœuvrées socialement. L’heure est grave, les actions politiques, militaires et humanitaires doivent être unies pour vaincre ce fléau.

Laurent Fabius, le ministre français desAffaires étrangères et du Développement international, en compagnie du ministre algérien de l'Industrie Abdeselam Bouchouareb

Laurent Fabius, le ministre français desAffaires étrangères et du Développement international, en compagnie du ministre algérien de l'Industrie Abdeselam Bouchouareb

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