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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Omar Rebrab, Directeur général de Hyundai Motor Algérie

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 27 Mars 2015, 11:26am

Catégories : #Interviews

Omar Rebrab, Directeur général de Hyundai Motor Algérie

Paru dans Arabies, mars 2015

Une production à fort potentiel

Pour Omar Rebrab, le directeur général Hyundai Motor Algérie, la baisse du prix du pétrole va sans doute influer cette année en poussant le marché vers un fléchissement.

Pourriez vous nous présenter Hyundai Motor Algérie ?

Hyundai Motor Algérie, créée en 1997, a entamé son activité par l’importation et la distribution des véhicules légers. Puis nous avons introduit les véhicules lourds et les engins de travaux publics. Aujourd’hui, le groupe est actif dans les trois segments : les véhicules légers, les véhicules lourds (bus et les camions) et les engins de travaux publics.

Quelle est la progression de Hyundai en 2014 ?

Alors que le marché algérien de l’automobile a enregistré une chute de 23% en volumes ventes, Hyundai Algérie se porte bien et a connu une progression de 19%. Nous avons vendu 44 500 véhicules de tous types confondus dont 39 000 véhicules légers. Cette hausse a profité au segment B avec notre modèle Accent et une ascension fulgurante de segment B+ avec le modèle I 20, un modèle que nous avons introduit en 2014. Le segment A est représenté par le modèle I10. Nous proposons aussi des modèles dans les segments SUV et Pick up. Notons que dans ce dernier, notre fournisseur coréen n’arrive à satisfaire la demande du marché local. Nous enregistrons plus de demandes que d’offres. Hyundai Algérie a commandé 3500 véhicules du Type H1, la maison mère n’a pu nous fournir que 600 unités.

Quel est le développement de votre réseau de distribution.

Notre réseau de distribution est composé de 25 points de vente directe, le reste étant représenté par 50 agents distributeurs indépendants. Nous sommes donc le seul concessionnaire à avoir développé un réseau propre de cette ampleur sur plusieurs wilayas. Le plan de développement nous permettra d’atteindre 30 points de vente directe qui seront implantés d’ici la fin 2015 à Tlemcen, Bejaia et Annaba. Nous aurons quinze nouveaux agents distributeurs entre 2015 et 2016 qui seront aussi spécialisés dans les filières poids lourds et engins de travaux publics.

Tous nos points de vente assurent les trois activités : la vente, commercialisation de la pièce de rechange et le service après vente.

Quelle est la progression des segments des camions et engins lourds?

Entre 2011et 2013, nous ne pouvions pas satisfaire la demande de notre clientèle, car nous étions peu fournis en ce type de véhicules. Nous avons rattrapé notre retard en 2014. Il est important de signaler que la maison mère ne peut répondre à la demande mondiale alors que leurs usines tournent à deux équipes pour augmenter le rythme de la production.

Pour les engins des travaux publics, nous avons enregistré une belle progression en 2014. Nous avons atteint 1064 unités l’année écoulée, en raison de nos nombreux avantages que nous avons mis en place: remises sur les prix, mise en place du service après vente et octroi des crédits attractifs. J’ajoute que, concernant ce segment, nous sommes leaders sur le marché national.

Quel est l’état du marché de l’automobile et que pensez vous des mesures prises par le gouvernement pour mieux le réguler?

Le volume des ventes est en baisse. Les répercussions de la baisse du prix du baril du pétrole va sans aucun doute influer sur l’état du marché en le poussant aussi vers un fléchissement certain cette année. En outre, j’approuve les mesures prises par le gouvernement pour réguler les importations de véhicules. En revanche, concernant certains segments, je trouve que les mesures en termes de sécurité sont assez sévères. L’exemple le plus frappant concernant l’obligation de l’installation de 4 airbags sur une petite voiture. A mon sens, cet équipement supplémentaire, non nécessaire, influera sur le prix de vente, et ce au détriment du pouvoir d’achat des futurs acquéreurs.

Ces mesures ne sont elle pas nécessaires pour mieux contrôler le taux élevé de mortalité sur les routes ?

Le taux de mortalité, un des plus grands au monde avec plus de 4000 morts par an, représente l’équivalent d’un crash d’avion tous les quinze jours, résultat, entre autres, du laxisme à l’encontre des conducteurs à comportement dangereux.

Le second élément concerne la vente des pièces de rechange contrefaites sur le marché parallèle. A titre d’exemple, les plaquettes de frein vendu à 1000 dinars ( 10 euros) sur le marché noir ne garantissent en aucun la distance de freinage sécurisée, ce qui multiplie les impacts et les accidents sur les routes. J’ajoute que les concessionnaires n’ont pas été consultés pour l’élaboration de ses mesures, nous avons appris leur application au même titre que les consommateurs. Pour contrer les importations des pièces contrefaites, nous devrions instaurer une système de certification des pièces importées, une mesure plus que jamais nécessaire. Afin limiter la vente des pièces de rechanges contrefaites, il faut aussi travailler en étroite collaboration avec les douanes. De plus, nous devrions communiquer davantage sur les dangers de la contrefaçon.

Quel votre plan de développement pour 2015 ?

Nous avons commencé à investir dans le montage, des remorques notamment. Nous avons investi dans une usine exportatrice de verres plats. Nous comptons répondre aux besoins du marché national et international de pièces de rechanges automobiles en nous impliquant très prochainement dans la production de pièces automobiles comme la fabrication du verre automobile, de la tôlerie et des ressorts. Nous avons aussi entamé la phase de négociations avec un partenaire algérien pour investir dans une unité de production de des bus et de camions de plusieurs marques, dont deux chinoises et une européenne. Notre marché a un fort potentiel dans la production industrielle dont une partie pourrait être exportée, notamment sur le marché européen. Car l’heure de production industrielle est l’une des plus attractives au monde, la chine comprise.

Un dernier mot ?

Il faut revoir le système fiscal. Car, on applique le même taux de fiscalité pour les producteurs et les importateurs. Or, le producteur paie des taxes supplémentaires : charges patronales, salariales et bien d’autres. Cette pratique entravent les initiatives et pénalisent les producteurs et investisseurs potentiels. Pour conclure, je dirai à tous les acteurs du secteur : communiquons et soyons solidaires.

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