Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Assia Djebar, une femme engagée.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 12 Novembre 2015, 20:12pm

Catégories : #Interviews

Paru dans Arabies, novembre 2015

Amel CHAOUATI, présidente de l’association « Le Cercle des Amis d’Assia Djebar »

Native d’Alger, Amel Chaouati est psychologue et psychothérapeute et forme des équipes professionnelles à l’approche transculturelle. En 2012, Elle a coordonné l’ouvrage collectif Lire Assia Djebar (La Cheminante). Amel Chaouati est aussi auteur de l’ouvrage « Les Algériennes du château d’Amboise, suite d’Abd el-Kader », publié en 2013.

Parlez –nous du Cercle des amis d’Assia Djebar…

C’est une association loi 1901 créée en France en 2009. Mais son existence informelle remonte à 2005 sous l’appellation Club de lecture Assia Djebar.

Le Cercle a pour vocation d’organiser des rencontres autour de l’œuvre littéraire et cinématographique de Assia Djebar. Les rencontres ont lieu principalement en France, à Paris, et les lecteurs se réunissent environ tous les deux mois dans un café ou restaurant.

Mais depuis la mort de l’écrivaine, toutes nos activités sont mobilisées autour des hommages qui lui sont rendus en France et à l’étranger. Nous espérons rapidement reprendre notre fonctionnement classique.

Une journée d’études a été organisée en juin 2015 sur le thème « l’oeuvre d’Assia Djebar dans la langue de l’autre », pouvez vous nous en parler ?

Pour la seconde journée d’étude, il nous a paru important de nous intéresser à la traduction de l’œuvre d’Assia Djebar dans d’autres langues. Habituellement nous réfléchissons sur la manière dont l’écrivaine travaille la langue française pour transcrire l’oralité et la langue arabe et berbère. Lors de cetévènement, il a été plus particulièrement question de la traduction en japonais, en allemand, en espagnol, en turc et en arabe. Durant la journée, les textes avaient été lus dans la version française et la version traduite. Nous avions baigné durant dans un babel de langues si cher à l’écrivaine. Maintenant, nous avons le projet de réunir tous les textes dans un ouvrage que nous espérons pourvoir publier en 2016.

Un ouvrage collectif – que vous avez coordonné- a été édité par un collectif que vous avez dirigé. Comment est née ce projet et quels sont ses objectifs ?

En 2012, nous avons en effet publié l’ouvrage Lire Assia Djebar aux éditions La Cheminante. L’ouvrage que j’ai coordonné réunit dix auteurs de pays différents. Ils ont écrit la subjectivité de leur lecture de l’œuvre d’Assia Djebar. Il était très intéressant de mettre en avant l’apport du lecteur lorsqu’il rencontre cette œuvre et la manière dont il est atteint émotionnellement et intellectuellement par l’auteure et comment il s’en approprie pour développer une réflexion qui le touche personnellement ou qui touche à l’actualité.

La femme arabe et berbère est au centre des œuvres (littéraires et cinématographiques) d’Assia Djebar. Comment a été nourri cet engagement de la cause féminine ? Quel est selon vous l’apport de ses écrits et ses combats dans l’avancement de la cause féminine aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ?

Dans son œuvre, Assia Djebar part toujours du singulier pour atteindre l’universel, de la petite histoire à la grande histoire. C’est pourquoi son œuvre a une reconnaissance mondiale. Elle provoque une résonnance chez les Américains, les Djiboutiens, les Japonais, les Iraniens…

L’écrivaine et la cinéaste part de la société algérienne, de son histoire propre, de l’histoire de l’Algérie afin de réfléchir sur des sujets qui touchent l’humanité à l’instar des relations hommes - femmes. La manière d’écrire l’histoire et la mémoire des femmes souvent oubliées ou reniées, de fouiller dans le passé pour raviver des événements et des trajectoires de femmes, le fait de mettre en situation des histoires d’amour, lui permet de réfléchir sur la place des hommes et des femmes.

La manière dont elle travaille la langue pour propulser des récits de vies fictionnelles engage inévitablement l’écrivaine dans le mouvement de la revalorisation de la femme dans l’espace public et intime.

Assia Djebar auteure traduite dans vingt langues, est une figure emblématique de littérature contemporaine. Cinéaste et professeure émérite, elle a été distinguée par de nombreux prix. Quelles ont été ses sources d’inspiration et ses combats ?

La littérature, le cinéma et l’histoire ont toujours été au cœur de sa réflexion. Le contexte de la colonisation et de la décolonisation, la politique de l’arabisation, ses différents exils ont influencé son écriture. En matière littéraire Fatma Ait-Mansour Amrouche, première Algérienne à écrire une autobiographie, est importante dans la démarche d’écriture d’Assia Djebar. Le parcours de Paolo Pasolini alliant l’écriture et le cinéma l’a aussi marqué. Selon moi le seul combat que Assia Djebar a mené durant toute sa vie depuis 1957, était l’écriture.

Assia Djebar, une femme engagée.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents