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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Nouveau moteur de développement.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 3 Mars 2016, 13:37pm

Catégories : #Économie Algérie

Paru dans Arabies, mars 2016

Le marché automobile, qui enregistre un reflux des ventes, est en phase de réorganisation depuis avril 2015. De nouvelles activités liées à cette industrie sont en cours de réalisation.

En avril 2015, les pouvoirs publics ont introduit un nouveau cahier de charges imposant aux concessionnaires de respecter les derniers dispositifs réglementaires en matière de sécurité (ABS, doubles airbags, un régulateur de vitesse, témoin de bouclage de ceintures ...).

Pour permettre une meilleure réorganisation de la filière, de nouveaux agréments autorisant les importations de véhicules devraient être délivrés au cours du second semestre 2016. Aussi, selon Abdeslam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, un cadre de certification et de normalisation devrait être mis en œuvre dans quelques mois.

Le marché a connu une tendance baissière ces deux dernières années. Selon les données publiées par le ministère de l’Industrie en janvier 2015, les importations de véhicules ont chuté de 2,559 milliards de dollars en termes de valeur comparativement à l’année 2014, soit une contraction de 40,3%. Selon les chiffres officiels, le volume total de ventes, enregistré en 2014, est de 339.094 unités vendues dont 274 628 véhicules particuliers (VP) et 64 466 véhicules utilitaires (VU), soit respectivement 80,99 % et 19,01% du total des ventes pour chaque segment. De façon plus globale, le marché de l’automobile a enregistré une chute de -19,65% % comparativement à l’année 2013.

Notons que les constructeurs françaises Renault et Peugeot occupent respectivement la première et la seconde position sur le marché avec 15,35% et 12,33%. La marque coréenne occupe la troisième place, Dacia à la quatrième avec 11,72% et Volkswagen à la cinquième avec 7,7%.

Cela dit, malgré cette tendance baissière, le marché algérien de l’automobile, positionné à la seconde place sur le marché africain en matière de volume de ventes, dispose, selon les spécialistes, d’un bon potentiel de développement avec une moyenne de commercialisation de 300 000 à 350 000 unités par an.

En raison de l’importance de la demande interne, les pouvoirs publics misent sur les investissements importants dans la fabrication des équipements automobile et le montage de véhicules. En effet, les autorités publiques ont imposé, en 2014, une nouvelle réglementation qui exige des concessionnaires un investissement industriel dans un délai de trois ans.

Réindustrialisation. L’installation d’une industrie automobile est –elle en phase d’être concrétiser en Algérie ? Les spécialistes du secteur sont plutôt optimistes, car ils considèrent que le potentiel de réindustrialisation est important en raison de la disponibilité des matières premières (fer, phosphate, hydrocarbures) ainsi que le potentiel pour le développement des énergies renouvelables.

Cependant, les pouvoirs publiques et les opérateurs économiques sont conscients que des efforts restent à fournir pour atteindre cet objectif : la formation des compétences en matière de commercialisation, de main d’œuvre qualifiée et un mangement fiable et dynamique.

Des mesures incitatives fiscales, réglementaires et disponibilité foncière sont aussi des éléments qui encourageraient les operateurs nationaux et étrangers à développer l’industrie automobile, considérée comme moteur de développement du tissu industriel local.

Le ministre Abdeslam Bouchouareb a annoncé qu’un pôle d’une industrie mécanique sera crée dans l’ouest du pays. « Nous voulons créer un pôle mécanique à Oran. Avec Renault et Peugeot et l’arrivée, à l’avenir, de nouveaux constructeurs automobiles, cela permettra de supporter une industrie de sous-traitance », a t-il précisé à la presse nationale.

Toujours selon la même source, des négociations sont en cours de réalisation avec les constructeurs Peugeot, Ivico, Hyundai, Volkswagen et Fiat.

En effet, un projet pour la construction d’une usine de montage du constructeur français PSA Peugeot Citroën est en cours de finalisation. Selon le ministre Abdeslam Bouchouareb, la complexité du projet consiste, entre autres, dans l’absence de maturité de l’activité de sous traitance dans le pays. Le ministre a expliqué qu’une partie de la production de cette usine sera réservée à l’exportation.

« Les discussions avançaient dans le bon sens entre les entreprises concernées », a souligné de son côté, Jean Louis Bianco, représentant spécial du ministère des Affaires étrangères français pour les relations algéro-françaises.

Ce projet devrait être concrétiser par la signature d’un accord lors la prochaine rencontre entre les deux Premiers ministres algérien et français, Abdelmalek Sellal et Manuel Valls, prévue en février 2016. Aussi, dans un objectif de développement du tissu local de la sous-traitance industrielle, des sociétés spécialisées dans la fabrication de pièces détachées et l’ingénierie accompagneront la délégation française.

Faurecia. Comme le confirme le ministre algérien de tutelle : « Peugeot viendra en Algérie avec sa filiale Faurecia pour prendre en charge la sous traitance, ce qui nous permettra d’atteindre, dès le lancement de la production, d’un taux d’intégration appréciable ». Faurecia est une société spécialisée dans l’ingénierie et de production d’équipements automobiles (sièges, planches de bord, panneaux de porte) ainsi que les divers produits technologiques de contrôle (échappements, pare-chocs..).

La future usine Peugeot produira quatre modèles dont un crossover et trois modèles de Citroën C1 et C-Elysée et la 301 de Peugeot. La capacité de production du futur site, qui sera opérationnel en 2017, est estimé entre 75 000 et 100 000 unités/ an

Trois autres concessionnaires automobiles à capitaux algériens – Sovac, Hyundai Motors Algérie et Nissan Algérie, préparent, via des partenariats, la concrétisation de projets dans cette industrie. Pour y parvenir, ces derniers souhaiteraient obtenir des mêmes avantages accordés par le gouvernement aux concessionnaires français Renault et Peugeot.

Le groupe allemand Volkswagen, avec son partenaire algérien Sovac, envisage d’implanter une usine à Relizane, une ville de l’ouest algérien. Cette dernière, qui nécessite un investissement de 170 millions d’euros, produira, en 2017, 10 000 véhicules et atteindra, à l’horizon 2022, 100 000 unités. Trois modèles phares ont été retenus par la direction du groupe Sovac : la Polo classique, la Skoda Octavia et le Pick up Amarock.

Le constructeur italien Fiat devrait aussi s’implanter sur le marché local en partenariat avec un privé algérien. De son côté, le constructeur italien Iveco est en voie de finaliser un accord avec son partenaire Ival pour la construction d’une usine de montage de véhicules utilitaires dans la wilaya de Bouira. Cette unité, qui rentrera en production à la fin de l’année 2016, aura une capacité de production de 1000 à 15 000 unités par an. Selon les prévisions des deux partenaires, l’évolution de la production se situera entre 17% et 20 % par an. Iveco envisage de fabriquer un modèle de type châssis cabine sous plusieurs versions (benne, carrosserie, nacelle).

Partenariat. La société nationale des véhicules industriels (SNVI), dans le cadre de sa stratégie de développement des investissements, envisage de renforcer son partenariat avec les groupes allemands Deutz et Mercedes-Benz.

Les constructeurs asiatiques s’intéressent aussi à la filière automobile. Selon le ministère de l’industrie, un projet commun algéro chinois pour la construction d’une usine de montage de véhicules légers et utilitaires est en cours de négociation. Les chinois souhaitent aussi développer le marché de la pièce de rechange automobile et de la sous traitance dans le pays.

Le sud coréen Hyundai lance aussi son usine de production de camions sur une superficie de 56 000 m2 dans la wilaya de Batna, située à l’est du pays. Le premier camion sortira de l’usine d’ici la fin du premier semestre 2016. Cette unité de production, qui a nécessité un investissement de 7 milliards de dinars, assurera dans un premier temps l’assemblage des pièces importées.

« L’unité de production fera progressivement appel à des entreprises algériennes de sous-traitance afin de porter, d’ici à 5 ans, le taux d’intégration à plus de 40 % », a souligné Yahia Ait Ali, directeur du marketing de Global Motors Industries. La capacité de production est évaluée entre 30 et 55 camions /jour, soit près de 20 000 unités par an. Dans les projections de l’évolution des besoins de cette unité en compétences humaines, il est prévu la réalisation d’un centre de formation au sein de la compagnie Global Motors Industries.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Industrie et des Mines a indique que le gouvernement souhaite, à travers ces nombreux programmes d’investissements, augmenter le nombre de véhicules montés localement. « Notre objectif, d’ici deux ans, est d’atteindre les 200.000 unités. Développer l’industrie automobile et la mener vers l’excellence ne peut se faire sans un ancrage profond de la filière et un élargissement des domaines de compétences. Nous travaillons à construire une filière complète en termes de métiers et de prestations afin de permettre aux constructeurs, équipementiers et sous-traitants un niveau de compétitivité élevé pour partir à la conquête de nouveaux marchés à l’international. Nos deux orientations c’est l’intégration et l’export », a t-il précisé M. Bouchouareb.

Economie industrielle. Lors d’un colloque international portant sur le thème : la qualification industrielle et les enjeux de développement des économies arabes , organisé par l’Université des sciences économiques de la wilaya de Boumerdès, Mohamed Hanich, universitaire, a indiqué que la relance de l’économie industrielle est tributaire du développement de l’industrie mécanique.

En effet, la position géographique idéale de l’Algérie, entre l’Europe et l’Afrique, lui permet de réduire de façon significative les frais de transport, d’offrir une main d’œuvre à faible coût, ainsi que la disponibilité de l’énergie (Gaz naturel) à coût réduit. Autant d’éléments qui représentent des atouts majeurs permettant au pays de développer son industrie mécanique.

Aussi, faut-il le rappeler, les usines automobiles, qui font appels à de nombreux fournisseurs (de composants électroniques, métalliques, plastiques, électriques) et des prestataires de technologies diverses, sont perçues comme un signe pour le démarrage d’une industrialisation viable et durable. Une aubaine pour le pays qui souhaite sortir de sa dépendance des revenus des hydrocarbures.

Nouveau moteur de développement.
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