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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Les défis majeurs de la construction

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 8 Juin 2016, 20:07pm

Catégories : #Politique

Les défis majeurs de la construction
Les défis majeurs de la construction

Paru dans Arabies, juin 2016

Dans un contexte régional instable et complexe, l’Algérie est considérée comme un foyer de stabilité. Retour sur les reformes politiques, institutionnelles et sociales…

Selon de nombreux observateurs, l’Algérie apporte, à l’échelle régionale, voire continentale, une lueur d’espoir permettant de croire à une possible reconstruction nationale et relance de l’Etat après les grandes épreuves, comme la décennie noire qui a frappé l’Algérie dans les années 1990.

Plus concret encore, les partenaires extérieurs croient à la bonne tenue de l’Algérie et aux perspectives de son économie. A cet égard, le Fonds monétaire international (FMI), dans sa dernière évaluation (bulletin FMI, le 16 mai 2016), précise «  La croissance de l’Algérie est restée stable en 2015 à 3,9%, mais le pays doit relever d’importants défis en raison de la baisse marquée des prix du pétrole » et en observant que «  le gouvernement algérien a commencé à rééquilibrer les finances publiques et initié certaines réformes, mais beaucoup reste à faire pour apporter une réponse vigoureuse au choc marqué et persistant du prix du pétrole et remédier aux vulnérabilités de longue date ».

Cette évaluation nuancée ne ferme la porte aux belles perspectives pour un pays qui est sorti indemne de la déstabilisation et du terrorisme.

L’expérience de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, un fléau qui a ensanglanté le pays pendant plus d’une décennie, et a causé des pertes humaines colossales, est particulièrement significative, notamment en raison de la dégradation du contexte géopolitique et sécuritaire et le recrudescence de la menace terroriste dans la région. L’armée algérienne, pilier historique de l’Etat, s’est distinguée par son efficacité et son dévouement dans la défense de la nation et a permis de passer à l’étape de la reconstruction du pays.

L’ambitieux programme présidentiel de la Concorde civile, basé sur une politique de réconciliation nationale, a été mis en œuvre des le début du premier mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Pragmatique et efficace, le programme de la Concorde civile, conjugué à une lutte sans merci contre le terrorisme, a porté ses fruits. Le président algérien a gagné son pari : réconcilier les Algériens. La politique de réconciliation nationale, approuvée par referendum en 2006, est devenue un exemple à suivre pour les pays concernés par la gangrène terroriste.

Depuis, l’expérience algérienne est reconnue, étudiée et recommandée à l’échelle régionale et mondiale. Le pays est devenue une référence, alliant détermination dans la lutte contre le terrorisme et la mise en œuvre d’une stratégie permettant d’instaurer une cohésion sociale. Disposant d’une popularité sans précédent, le président algérien, réélu en 2004, engage son vaste programme de reformes politiques et redore l’image du pays à l’international.

Réformes politiques. Le plans d’actions gouvernementales ont définis les chantiers et les défis à relever : stabilité et sécurisation du pays, concrétisation des acquis démocratiques, réformes institutionnelles et politiques et relance de l’économie nationale.

La détermination et la patience, qui caractérisent parfaitement la stratégie établie par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, ont permis au pays d’enregistrer des avancées notoires dans la concrétisation de la reconstruction du pays.

En raison de l’énormité des défis à relever - économique, social et politique, les réformes institutionnelles semblaient être irréalisables, car tous les chantiers sont prioritaires : réforme et renforcement des Institutions de l’Etat, de l’armée, la lutte contre la bureaucratie et les lenteurs administratives, la révision constitutionnelle, la lutte contre la corruption et la gestion des divergences politiques des clans, reforme de l’éducation, de la justice, de la santé. Telle une entreprise en faillite, mais disposant d’un énorme potentiel, le pays était dans en état de restructuration profonde.

Durant des années, et grâce aux revenus conséquents des exportations des hydrocarbures, la construction des infrastructures est lancée. L’Algérie, grâce à ses resserves de changes, évaluée en 2011 à 280 milliards de dollars, attise la convoitise de ses partenaires étrangers, la reconstruction économique et sociétal est en marche. Une aubaine qui préserve le pays d’une révolte et/ou déstabilisation dans un contexte de fragilité dû au printemps arabe dans la région. Notons que les Algériens ont déjà vécu leur printemps arabe en 1988, après le soulèvement du 5 octobre.

Mieux encore, le gouvernement algérien joue alors un rôle majeur au plan diplomatique. Il plaide pour le dialogue dans la gestion de la crise en Lybie et au Mali et apporte son aide à la Tunisie dans la reconstruction de son économie et surtout dans le lutte contre la menace terroriste.

Vers la fin du deuxième mandat présidentiel, alors que l’opposition plaide pour une période de transition et des élections anticipées, le président algérien entame des reformes capitales : la révision constitutionnelle, des ajustements des services de renseignement et la redéfinition du rôle apolitique de l’armée.

La révision de la Constitution, dont le processus de consultations et d’études a été lancé en 2011, et le texte de loi final adopté par le Parlement en février 2016, a permis d’accéder des étapes dans la démocratisation du pays et la concrétisation d’un Etat civil, puisque le portefeuille du ministère de la défense sera désormais occupé par un civil.

La nouvelle loi fondamentale a aussi inscrit des avancées notables dans la concrétisation des acquis fondamentaux, comme les libertés individuelles et collectives, le renforcement du corps législatif, et la réhabilitation et reconnaissance de la langue et la culture tamazigh et la suppression du délit de presse.

L’article 170 de la nouvelle Constitution va permettre au pays de se doter d’une Haute Instance indépendante de surveillance des élections, une revendication longtemps exprimée par les partis politiques de l’opposition et la composante de la société civile. La nouvelle Constitution a apporté des avancées saluées par la communauté internationale. 

Les réformes politiques engagées par le gouvernement ces quatre derrières années ont permis la mise en œuvre des lois organiques qui encadrent les partis politiques, les organisations apolitiques comme les associations et les organisations non gouvernementales.

Conscient de la difficulté à changer les mentalités conservatrices dans le société algérienne, le Abdelaziz Bouteflika, par voie de deux lois organiques, a permis à la femme algérienne de concrétiser des acquis majeurs : une représentativité de 33% dans les listes électorales des deux Chambres du Parlement, une première dans le monde arabe et une pénalisation de la violence conjugale (20 ans de prison, une première mondiale).

Etat de droit. Le renforcement des acquis démocratiques et l’établissement d’un Etat de droit sont entamés. La reconstruction est en marche, mais pour éviter les dérapages ou les accidents de parcours, les pouvoirs publics ont préféré la voix la plus sure et la plus efficace pour arriver à destination.

L’impact de la chute des prix du pétrole a mis à l’épreuve le modèle de l’Etat providentiel, synonyme de la cohésion et de la paix sociale. Ainsi, les perspectives économiques dépendent largement de la réaction des autorités au choc du prix du pétrole. Grâce à l’épargne accumulée par le passé et un très faible endettement, l’Algérie peut se permettre de s’ajuster au choc et de mener ses réformes progressivement.

Selon Jean – François Dauphin, le chef de mission du FMI pour l’Algérie : «  A court terme ; la croissance devrait ralentir sous l’effet du nécessaire rééquilibrage des finances publiques. A moyen terme, cependant, une masse critique de réformes structurelles pourrait rendre l’économie plus dynamique et diversifiée, assortie d’une croissance plus forte et plus génératrice d’emplois. »

Tout plaide donc pour un avenir radieux de l’Algérie et de sa jeunesse si la stabilité politique est maintenue et le modèle algérien revu vers une économie diversifiée et moins de dépenses publiques.  

 

 

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