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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


A la conquête de l'international

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 5 Octobre 2016, 09:23am

Catégories : #Économie Algérie

A la conquête de l'international
A la conquête de l'international
A la conquête de l'international

Paru dans Arabies, octobre 2016

La production des boissons rafraichissantes, filière dynamique et diversifiée de l’industrie agroalimentaire, mise sur l’amélioration de la qualité et le développement de l’exportation.

Depuis plus de deux décennies, les marques de boissons, sodas, jus de fruits et eaux embouteillés se sont imposées sur les rayons des magasins, des superettes et étals des grandes surfaces. Les boissons désaltérantes s’invitent dans les foyers, elles sont bien sûr proposées aux convives lors d’occasions festives et agrémentent les repas au quotidien.

Durant la période estivale et le mois de ramadan, les ventes explosent. Coca Cola, ou un Hamoud, saveur citron ou orange, ont les faveurs des consommateurs algériens. « La consommation durant le mois de ramadan et la période estivale augmente de façon expansive, nous sommes obligés de nous approvisionner quotidiennement, nos espaces de stockage ne suffisent pas à contenir une demande de plus d’une semaine », explique Toufik, un responsable d’une superette à Alger.

Le secteur industriel des boissons, dominé par le secteur privé avec 94.6% des entreprises, affiche depuis quelques années une croissance annuelle de 9% et couvre 98% des besoins nationaux. Constitué de marques du terroir d’une grande notoriété comme Ifri et Hamoud Boualem - et de marques de franchises internationales, le marché des boissons est florissant. Cette filière est considérée comme une des plus dynamiques de l’industrie agroalimentaire dans le pays. Les franchises internationales comme Coca Cola, Pepsi ou Orangina, implantées aussi sur le marché depuis deux décennies, ont apporté de nouveaux modèles de production et de nouvelles techniques marketing, encore méconnues localement.

Selon le ministère du commerce, le volume global de consommation est estimé à 8 millions d’hectolitres/an. Plus de 300 marques des boissons de tout type sont produites sur le marché national. Quant au chiffre d’affaires, il est estimé par l’Association des producteurs algériens (Abap) à 50 milliards de dinars en 2014.

Marchés Internationaux. Depuis l’ouverture du marché dans les années 1990, les entreprises spécialisées dans la production et la distribution des boissons se sont multipliées sur le marché. Certaines sont devenues des fleurons dans l’industrie agroalimentaire. Pour séduire davantage de consommateurs, les producteurs se professionnalisent et diversifient leurs gammes de produits. Désormais, ils ambitionnent de conquérir des marchés internationaux, notamment à l’échelle régionale.

Selon une enquête menée le ministère du Commerce, 280 marques commerciales ont été répertoriées dont des marques locales et des franchises internationales. En 2013, l’Office national des statistiques (ONS), dans un rapport sur les activités économiques, a recensé 810 entreprises activant dans l’industrie des boissons.

La marque Hamoud Boualem a connu, depuis sa création en 1889, un grand succès auprès des consommateurs urbains aisés. Après l’indépendance, la marque s’est démocratisée et elle devenue très populaire auprès de la population algérienne. L’entreprise, considérée comme l'une des leaders du secteur, a engagé, en 2016, un plan d'investissement de 3 milliards de dinars pour la construction d’une usine d’une capacité de production de 1,8 million de litres par jour à Boufarik.

Le groupe IFRI, société privée, cotée en bourse et spécialisé dans la production des eaux minérales, des jus et des sodas. En 2016, le groupe a mis en service un complexe agroalimentaire, unique en Afrique, qui utilise une technologie de production innovante : le remplissage à froid qui rend le produit totalement aseptisé. Grâce à l’excellente qualité microbiologique, une technologie qui consiste dans la fabrication de boissons en conditionnement aseptique, les jus et les boissons à longue conservation seront désormais disponibles sur le marché local.

Le complexe, situé dans la zone d’activité de Taharacht à Akbou, d’une superficie de 20 hectares, produit les eaux fruitées (orange, carottes, multifruits) et les produits lactés (aux saveurs pomme, fraise, orange et mangue). L’unité de production de 36 000 bouteilles de 20 cl à l’heure et de 20 000 bouteilles de 2 litres.

Exportation. Ifri, leader dans la production de l’eau minérale, a été précurseur aussi dans le lancement de la production des jus de fruits. Aujourd’hui, la société exporte vers de nombreux pays comme France, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, le Luxembourg, la Belgique, le Canada, la Tunisie, le Mali, le Soudan, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis.

NCA Rouïba, un des champions nationaux dans la filière boissons, a enregistré un bilan d’activité positif en 2015. « Les chiffres sont plutôt satisfaisants », a indiqué Slim Othmani, président du conseil d’administration des Nouvelles Conserveries Algériennes lors d’une conférence de presse pour la présentation du bilan annuel, organisée début juin dernier.

La société, dont es cœurs de cibles sont les consommateurs à revenus moyens et élevés, accompagne sa stratégie de développement par le lancement de campagnes régulières de communication, lors d’évènements dédiés et de la mise sur le marché de nouveaux produits et de nouvelles saveurs.

Couronnée par le Trophée Export 2015 - décerné par un jury composé, entre autres, par des représentants des douanes, de l'Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), la Chambre algérienne de commerce et d'industrie (Caci) et le Forum des chefs d'entreprises (FCE) -, l’entreprise familiale a réalisé un chiffre d’affaires de 7, 85 milliards de dinars durant l’exercice 2014-2015, soit une croissance de 6%, comparé à l’année précédente. « Cette distinction nous encouragera à viser d'autres marchés africains, pas seulement dans l'export, mais nous voulons également nous implanter sur ces marchés », affirme Slim Othmani.

Après avoir investi le marché maghrébin, notamment tunisien et libyen, NCA Rouïba vise la conquête des marchés de l’Afrique subsaharienne et l’Afrique de l’Est. En effet, grâce aux plans d’investissements qui visent le renforcement des capacités de production, l’entreprise est aujourd’hui excédentaire. « Les résultats obtenus confortent l’entrepris dans sa vision optimiste qui se traduira par de nouveaux investissements et la conquête permanente de nouveaux marchés », affirme Slim Othmani.

Croissance. Selon une étude menée par l’Apeb, l’Algérie connaît une consommation de 17 litres par habitant, contre 4 litres au Maroc et 8 en Tunisie. Le marché algérien du jus de fruit a affiché 9% de croissance de 9% en 2014.

Habitués aux produits traditionnels comme le lait et les limonades, les consommateurs apprécient aujourd’hui la multiplication de l’offre. Des produits de plus en plus innovants sont proposés sur les étals des magasins : eaux aromatisées, jus multi - arômes et multivitaminés, nectars de fruits, des sodas, boissons énergisantes…

Les Algériens ont aussi adoptés les produits des franchises internationales comme Coca Cola, Pepsi Cola, Fanta, Miranda et 7UP. A l’image de la tendance de consommation à l’échelle mondiale, les Algériens plébiscitent aussi les gammes diététiques comme les produits lights des marques de sodas et de jus de fruits. Le groupe Ifri, leader sur le marché avec 30% des ventes, a lancé des boissons aromatisées à base d’eau minérale ou de source et devient une référence dans ce segment. Misant sur des compagnes publicitaires agressives et des promotions régulières sur les prix, Ifri a acquis une notoriété auprès des consommateurs locaux et des Algériens résidants à l’étranger. Rappelons que la diversification de la production a aussi été adoptée par les autres producteurs de boissons opérant sur le marché national.

La société privée Mami mise sur la qualité - contenants et contenus - de ses produits, en procédant à des analyses systématiques lors de la fabrication. « Le contrôle de qualité est systématique et toute la chaîne de production est soumise à des tests réguliers », affirme M. Adiche Kamel, son président –directeur général.

La société, qui emploie 252 agents, table sur la réalisation d’un chiffre d’affaires de 1 milliard de dinars en 2016. Selon la direction de l’entreprise, une nouvelle unité de production de boissons gazeuses et jus sera construite au cours de l’année 2017.

Les producteurs nationaux ont amélioré le packaging en introduisant des conditionnements modernes en carton tetaprak, cannettes et petites bouteilles de 33cl. Ces dernières ont été mises à niveaux des standards internationaux en y introduisant des innovations les boissons carbonatées, et de nouveaux parfums répondant aux gouts des consommateurs.

Aussi, malgré les diverses restrictions, d’ordre religieux ou social, le marché des boissons alcoolisées demeure actif. La consommation de la bière s’est développée et les ventes ont atteint des records. Quant a la production vitivinicole, elle connaît elle aussi un regain de dynamisme. La politique agricole a encouragé la relance de nouvelles plantations dont la production est destinée en grande partie à l’exportation.

Le succès de développement de cette filière de l’industrie agroalimentaire s’explique, entre autres, par la qualité des produits fabriqués, l’introduction de la canette, plus adaptée à une consommation hors débits de boissons.

Programme d’appui. Le programme d’Appui aux PME-PMI et à la maitrise des technologies d’information et de communication (PME II), cofinancé par l’Algérie et l’Union européenne, en collaboration avec l’Association des producteurs algériens de boissons, a permis la mise en œuvre de la certification ISO 22000, l’élargissement de la gamme de produits, la mise en œuvre d’un guide sur la traçabilité dans la filière boissons ainsi qu’un guide sur les additifs alimentaires. « Les producteurs de boissons ont une prise de conscience concernant ce qu’ils peuvent apporter au développement du tissu industriel dans le pays. Aujourd’hui, nous sommes partie prenante dans l’élaboration des textes réglementaires qui régissent la profession et plus largement le secteur de l’industrie », nous confie Ali Hamani, président de l’Apab.

Pour une meilleure organisation du marché, les autorités publiques tablent sur le développement du réseau de distribution, la mise en œuvre d’un contrôle plus rigoureux garantissant la traçabilité et la qualité des produits présents sur le marché. En effet, le dernier connaît un déséquilibre dans le positionnement géographique, puisqu’ on constate que 80 % de l’industrie des boissons est concentrée majoritairement dans le Nord du pays et plus particulièrement dans la wilaya d’Alger.

Les services du ministère du Commerce ont procédé à des contrôles physico –chimiques et microbiologiques. Selon le bilan publié par le ministère de tutelle en 2011, près de 250 000 interventions des services de contrôles ont été effectuées auprès de commerces de détail, du commerce de gros, les unités de production de divers produits de consommation sur le territoire national. Selon la même source, cette opération sera désormais élargie à toutes les unités de production et de vente de boissons. Cette action a aussi révélé que 85% des contrôles étaient conformes aux établies par la tutelle. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère du Commerce pour la mise en place d’un arrêté interministériel qui concernera l’étiquetage des valeurs nutritionnelles des boissons », nous confirme le président de l’Apeb.

Guide. Sous l’égide du ministère de l’Industrie et des mines, un guide technique et réglementaire concernant la production des jus de fruits est cours d’élaboration par l'Association des producteurs algériens de boissons. Ce dernier détaillera les règles et les conditions exigées en matière de processus de fabrication et du système d’emballage.

Ce texte exigera aussi des producteurs la dénomination des jus de fruits en fonction de leur catégorie et de leurs caractéristiques : jus à base de concentré, jus à base de fruits ou nectar. « Le choix de l'emballage et la manière de son utilisation doivent être pertinents et rigoureux et doivent tenir compte de divers paramètres liés notamment au produit et au processus technologique de fabrication », explique M. Hamani.

Les industriels algériens envisagent-ils de développer leurs activités à l’exportation ?  Pour l’heure, ils accentuent leurs investissements pour diversifier leurs gammes, accroitre les volumes de production et densifier leur réseau de distribution, afin de couvrir les régions intérieures du pays.

Toutefois, le stade de développement des activités des marques nationales offre de belles perspectives de développement dont l’un des objectifs est la conquête de marchés extérieurs. « Des marques commerciales comme Ifri ou Hamoud Boualem ont une notoriété qui dépasse nos frontières. Ils sont vendues dans les grandes surfaces en Europe et chez certains commerçants au Canada », explique Djamila, une consommatrice des produits Hamoud Boualem.

Pour y parvenir, les producteurs locaux misent sur une stratégie de gestion visant l’amélioration de la qualité et l’introduction d’innovations permettant ainsi aux fleurons nationaux de s’exporter vers d’autres pays. Pour atteindre cet objectif, l’Algérie a participé pour la première fois au Salon de l’alimentation et des boissons (alimentaria 2016) de Barcelone, en Espagne, qui s’est déroulé du 24 au 28 avril 2016.

Les professionnels du secteur considèrent cet événement comme un rendez vous incontournable permettant d’aller à la rencontre des fabricants, des distributeurs d’aliments et de boissons d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique Latine. Une bonne occasion pour les 23 entreprises algériennes participantes de se mettre au diapason des nouvelles innovations industrielles et de connaître les différentes opportunités d’expansion à l’international. Pour rappel, la filière exporte jusqu’à 40 millions de dollars/an.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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