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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Biennale de la photographie arabe.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 22 Novembre 2017, 11:21am

Catégories : #Culture - Communication et Médias

Artiste : Fathi Sahraoui

Artiste : Fathi Sahraoui

Artiste : Abdo Shanan

Artiste : Abdo Shanan

Paru dans Arabies, novembre 2017. 

 

L’institut du monde arabe et la Maison européenne de la photographie présentent la deuxième édition de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain.

 

La photographie est le miroir de la société, le reflet de son âme. Les œuvres illustrent et évoquent les préoccupations, ressentis, joie ou peine et attentes profondes des artistes, de leurs muses et leur environnement. Des états d’âmes que les artistes tentent de transmettre via des créations subjectives aux visiteurs, aux admirateurs et aux amateurs d’arts.

 

« Pour cette deuxième édition, nous proposons une nouvelle exploration de la création photographique contemporaine, au fil d’expositions simultanées dans différents lieux parisiens, sans autre prétention que celle de privilégier des regards d’auteurs – qu’ils soient ou non arabes – sur le monde arabe », souligne Jack Lang, Président de l’Institut du monde arabe.

 

L’exposition, dont objet est l’exploration des créations contemporaines dans cette région, se déroule dans huit lieux parisiens: l’IMA, la MEP, la Cité internationale des arts, la Mairie du IVe , la Galerie Thierry Marlat, la Galerie Photo12, la Galerie Clémentine de la Feronnière et la Galerie Binome.  

 

Quels regards portent les photographes contemporains sur les sociétés arabes ? L’identité arabe, composée de multitude de communautés et de territoires, riches et divers, est représentée dans les œuvres artistiques.

 

Afin de divulguer leur perception des sociétés arabes contemporaines, cinquante artistes, arabes et européens, présentent leurs œuvres aux Parisiens : des photographies, de sensibilités diverses, décrivent un ressenti, une vision de la transformation sociétale que connaît le monde arabe.

 

« Il ressort de l’ensemble des œuvres figurant dans le cadre de cette Biennale une vision poétique, en comparaison de l’atmosphère tumultueuse qui règne aujourd’hui au sein du monde arabe, faite de conflits, d’inégalités, de violences, de migrations ... La vocation des artistes n’est pas de témoigner de l’actualité immédiate et le projet qui sous-tend l’ensemble des expositions est d’abord de rassembler des regards de créateurs qui usent du temps et prennent du recul », explique Gabriel Bauret, commissaire général de l’exposition.

 

Dans ce contexte, l’Institut du Monde arabe abrite une exposition collective de vingt artistes, venus de Tunisie et d’autres pays arabes. « Entre le documentaire et conceptuel  l’exposition révèle un voyage lyrique, poétique, à travers les frontières et les patries, telle une marché solitaire à travers l’univers…Le trait essentiel du langage poétique dans ces photographies implique indirectement une reconfiguration du monde et directement sa réappropriation. Entre les multiples facettes constatées de cette scène artistique, cette exposition présente une traversée des villes, des pensées, et une ouverture des frontières physiques et mentales à travers des travaux inédits », souligne Ofla Feki, commissaire de l’exposition de l’IMA dans le catalogue de la Biennale.

 

Thématiques diverses. Des travaux de thématiques et écritures diverses, de Hicham Benahoud, Farida Hamak et Xenia Nikolskaya, ont été réalisés en Algérie, en Egypte et au Maroc et exposés à la Maison Européenne de la photographie.

 

Les séries The Hole et Acrobatics d’Hicham Benahoud ont été réalisées dans la ville natale : Marrakech. L’une des œuvres représente des modèles intégrant les espaces de leur habitat. L’artiste a demandé à des ouvriers de réaliser des trous dans les murs, au sol et au plafond, puis il a intégré des habitants. L’artiste évoque la métaphore de « l’unicité de chez soi », un intérieur qui englobe l’espace matériel, temporel, humain et spirituel.

 

Farida Hamak, dans la série sur les traces, s’est intéressée à la ville de Bou Saada, un des villes du Sud algérien. Par son œil aiguisé de photographe, elle a effectué un travail sous un angle sociologique, voire anthropologique, dans lequel elle a associé les paysages aux humains. Grâce à ses ouvres, l’artiste a prélevé des traces de sa ville natale.

 

Quant à Xenia Nikolskaya, une photographe russo-suédoise, installée en Egypte, elle apporte un regard extérieur sur les conditions des espaces architecturaux qui sont en état d’abandon. Selon les organisateurs de cette exposition, ces œuvres appellent au souvenir du passé glorieux pour mieux construire un avenir.

 

L’exposition Ikbal (Arrivées), consacrée à la jeune photographie algérienne, est une coproduction avec l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et l’Institut français d’Alger, en partenariat avec la cité Internationale des Arts.

 

La sélection de 400 œuvres raconte l’Algérie d’aujourd’hui, un pays bouleversant avec ses contrastes multiples : l’extérieur côtoie l’intime, les visages et les corps sont dissimulés mais pas tout a fait invisibles. « C’est en 2015 lors d’un atelier photographique effectué à Alger avec des photographes venant de différentes régions d’Algérie, que j’ai été frappé par l’énergie et le dynamisme de tous ces jeunes gens. Ils manifestaient une envie forte de montrer, de dire, de raconter leur pays. Ce désir, je l’ai aussi rencontré chez nombre d’autres photographes, engagés eux aussi dans une démarche de documenter leur lieu de vie, leur environnement, leur quotidien, leurs questionnements. Il s’est vite avéré qu’il fallait montrer ce bouillonnement, cette dynamique de la photographie », explique Brunot Boudjelal, commissaire de l’exposition et photographe français d’origine algérienne.

 

« Il est essentiel que l’Algérie, comme de nombreux autres pays à travers le continent africain, soit aussi racontée, décrite, photographiée... par les Algériens eux-mêmes. Ces jeunes photographes nous montrent combien ils en ont conscience et nous envoient un message très fort et clair avec beaucoup de talent », a t-il souligné.

 

L’exposition Sinjar, naissance des fantômes, de Michel Slomka, porte sur la résilience du peuple yézidi de retour à Sinjar après les événements de 2014. « Je m’intéresse aux séquelles psychologiques des personnes qui ont survécu au massacre et qui ont réussi à sortir du califat autoproclamé de l’Etat islamique. Ce travail interroge les capacités des survivants, et au delà de la communauté toute entière à faire face à l’extrême violence qui a fait voler en éclat leurs repères, à se construire dans un état de fragilité ou l’avenir semble aboli par la puissance du fanatisme », affirme l’artiste.

 

Enfin, l’exposition rend hommage à Leila Alaoui, dont les photographies ont été exposées lors de la première Biennale, durant laquelle la photographe a été tuée par les terroristes à Ouagadougou.

 

 

 

 

 

 

 

 

Artiste : Ramzi Bensaadi

Artiste : Ramzi Bensaadi

Artiste : Ahmed Badredredine

Artiste : Ahmed Badredredine

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