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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


L’essor de l’économie numérique ?

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 2 Mai 2018, 13:08pm

Catégories : #Économie Algérie

 Houda- Imane Faraoun, ministre de la Poste, des Télécommunications, des technologies et du Numérique

Houda- Imane Faraoun, ministre de la Poste, des Télécommunications, des technologies et du Numérique

Arezki Rabah, économiste en chef ( Banque mondiale)

Arezki Rabah, économiste en chef ( Banque mondiale)

L’essor de l’économie numérique ?

Parue dans Arabies, mai 2018

 

La technologie numérique avance à grands pas, elle bouleverse les plans d’actions et les stratégies économiques établis par les gouvernants.

 

Dans les pays occidentaux, le niveau de l’introduction des nouvelles technologies dans les économies varie selon la vision et la stratégie adoptées par les pouvoirs publics.

 

A l’instar des autres pays du monde, l’Algérie est appelée à généraliser l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication au profit des professionnels et des particuliers. Quelle est l’évolution de l’intégration des TIC dans l’économie du pays ? Quelle stratégie a t-elle été adoptée pour permettre de rattraper le retard de son déploiement ?

 

Selon les experts, l’Algérie a réalisé des avancées en matière de connectivité. En quelques années - prés de 6 ans - le pays est passé de 44 000 à plus de 80 000 kilomètres dans l’installation du réseau de fibre optique. En matière de bande passante, l’opérateur public Algérie Télécom a investi dans l’interconnexion de la majorité des communes d’Algérie.

 

Le taux de pénétration Internet fixe illimité de type ADSL, Wimax et VSAT est de l’ordre de 6,9% et celui de l’Internet mobile de 64,6%, soit un taux de pénétration global, fixe et mobile, de 75,5%. « Notre pénétration sur les lignes fixes s’est relativement améliorée depuis 2015 par rapport à des pays comparables au nôtre. Nous jouissons d’une télédensité du mobile de l’ordre de 113,9%, parmi les plus importantes en Afrique, et un taux de couverture 3G/4G de 83.4%, il dépasse la moyenne Mena ( Moyen –Orient et Afrique du Nord) avec 81.9% et n’est pas très loin de la moyenne mondiale (85%) », a expliqué Ali Kahlane, expert en TIC et président de l’Association des operateurs des télécommunications alternatifs.

 

Selon l’expert, l’utilisation du Streaming vidéo, du visionnage de films HD et You tube est en progression avec près de 50 millions de vues par jour. Les utilisateurs de Facebook sont comptabilisés à 18 millions d’abonnés, Twitter à 750 000 abonnés et Linkedin près de 800 000 abonnés. Les applications WhatsApp et Instagram, quant à elles, est en progression constante.

 

Houda Imane Faraoun, ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, a indiqué, que selon le classement annuel de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Algérie gagne quatre rangs en un an en passant de la 102e à la 98e place sur 157 pays.

 

Cependant, les experts en TIC considèrent que l’accès à Internet, mobile et fixe, est relativement cher comparativement au pouvoir d’achat d’un consommateur moyen. En effet, le prix d’un forfait internet mobile de 1 Go représente 5,55% du salaire minimum en Algérie. Or, ce dernier est évalué à 2,1% en Tunisie, 2,3% en Égypte et  0,4% au Maroc. Toujours selon la même source, le coût d’une connexion Internet fixe de 20 Mbps, représente en Algérie 21% de son PIB mensuel alors qu’il n’est que de 4,5% en Tunisie et de 2,90% en Égypte.

 

Le gouvernement s’engage à intégrer les nouvelles technologies dans le développement économique du pays. « Nous sommes conscients, au niveau du gouvernement, de l’importance et la nécessité de s’approprier les nouvelles technologies et les introduire dans le développement de notre économie », a déclaré Houda Imane Faraoun, lors de l’ouverture d’un atelier sur la digitalisation.

 

 

Opportunité. Cet événement organisé par l’Association professionnelle des banques et des établissements bancaires (Abef), en présence d’Abderrahmane Raouya, ministre des Finances ; Mohamed Loukal, gouverneur de la Banque d’Algérie; ainsi que de nombreux représentants des établissements bancaires, est une véritable opportunité pour le banques et les établissements bancaires.  

 

Pour permettre la modernisation du système financier, le gouvernement a installé deux commissions. L’une stratégique, sera présidée par le Premier ministre, et l’autre, technique, sera dirigée par le ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique. Cette dernière sera chargée « de mutualiser les infrastructures, d’introduire les nouvelles technologies, de dématérialiser les procédures, de numériser les administrations et d’améliorer la qualité des services publics en utilisant les télécommunications ».

 

Le ministère de tutelle a annoncé la création d’une entreprise économique publique qui sera un appui pour la numérisation des administrations, des organismes et des entités publiques. Cette dernière sera opérationnelle dans quelques mois.

 

Quant au développement des technologies numériques dans la gestion et le fonctionnement de l’administration, de la santé et de l’éducation, il est, pour l’heure, en état de balbutiement. Pour y remédier, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a indiqué qu’une stratégie gouvernementale sera mise en œuvre prochainement, dont les objectifs consisteront dans la numérisation du service public, le déploiement d’un réseau national de fibre optique, qui devrait atteindre 120 000 kilomètres, et l’engagement d’un processus de mise à niveau du cadre législatif et réglementaire afin d’améliorer le climat des affaires.

 

Le commerce électronique, qui fait l’objet d’une demande pressante par les différents intervenants de la sphère économique, est considéré par les experts comme un des vecteurs de développement de l’économie numérique. Car il accentue la productivité, encourage la compétitivité au sein des entreprises et des institutions et contribue à la croissance du produit intérieur brut (PIB). Nous pouvons noter qu’une loi encadrant le e commerce a été promulguée en 2017.

 

Environnement favorable. Les autorités publiques se sont aussi engagées dans la création d’un environnement favorable permettant aux institutions financières et aux acteurs du commerce électronique de développer cette activité. Algérie Poste, par exemple, envisage de distribuer 5 millions de cartes bancaires et de mettre à la disposition des commerçants près de 50.000 TPE supplémentaires dans les prochains mois.

 

Pour dynamiser l’inclusion numérique, les pouvoirs publics doivent engager des actions concrètes dans la régulation et la démocratisation de l’accès internet haut débit et très haut débit, la création de Data Centers, le développement du Cloud Computing et la gestion du Big Data, des outils indispensables pour développer et promouvoir les contenus numériques et la sécurisation des données.  

 

L’Agence nationale de promotion et de développement des parcs technologiques (ANPT) compte relancer quatre projets de parcs technologiques dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba et Ouargla. « Ces quatre projets ont été gelés en raison de la situation économique du pays, puis "dégelés" depuis plus d’un an. L’investissement dégagé par l’ANTP dépasse les quinze milliards de dinars et permettra le lancement des travaux comme prévus au cours de l’année 2018 », a déclaré Abdelhakim Bensaoula, directeur général de l’Agence nationale de promotion des parcs technologiques.

 

Selon la même source, le Technoparc de Belgaid, qui s’étend sur une superficie de 32 hectares, dans la wilaya d’Oran, sera finalisé avant les jeux méditerranéens prévus pour l’année 2021. Le directeur de l’Agence a aussi indique que le Technoparc d’Alger sera réceptionné en 2020.

 

Rabah Arezki, économiste en chef pour la région Mena de la Banque mondiale, a indiqué que l’économie numérique est le levier de croissance pour les pays de la région. Lors d’une conférence régionale sur le thème de l’innovation et l’économie numérique, tenue à Alger à la fin mars dernier, Rabah Arezki a indiqué que la région Mena devrait miser sur l’essor de l’économie digitale, en améliorant trois aspects importants : l’accompagnement financier des porteurs de projets, la régulation et l’apprentissage.

 

Ce dernier explique que la mise en relation des porteurs de projets et les entreprises qui financent les Strat ups, via des plateformes digitales, est d’une importance capitale. « Cette démarche qui permettra d’appareiller l’offre et la demande d’emploi en ligne, de sorte que ces jeunes innovateurs puissent trouver des entrepreneurs intéressés par le financement de leurs projets », a t-il indiqué dans un entretien accordé à l’agence Algérie Presse Service (APS).

 

« La régulation ne doit pas être un outil utilisé uniquement pour limiter les risques, mais doit contribuer à accélérer le développement de l’innovation et de l’entrepreneuriat », a souligné M. M. Arezki.  La Banque Mondiale pourrait dans ce cadre aider les pays de la région à comprendre ces écosystèmes, à accroitre cette économie de l’apprentissage et à promouvoir la qualité des services dans certains domaines ».

 

De son côté, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a déclaré que les pouvoirs publics ont consacré une enveloppe de 10 milliards de dollars annuellement au volet éducation et formation. Selon la même source, dans le cadre des dispositifs de l’Etat en faveur de l’emploi des jeunes, 500 000 nouvelles entreprises ont été créées depuis 2010.

 

Dans un communiqué publié par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications le 18 mars dernier, un appel a été lancé aux opérateurs et aux prestataires de services actifs dans les TIC, et les entreprises souhaitant se doter des services Cloud Computing, de procéder aux formalités nécessaires pour l’obtention de l’autorisation d’exploitation.

Selon la même source, le cahier de charges définissant les modalités de l’établissement et de l’exploitation des services d’hébergement et de stockage des contenus numérisés au profit d’utilisateurs distants a été publié en juin dernier.

 

Ressources matérielles. Ainsi, le titulaire de l’autorisation pourra ainsi mettre à disposition de ses clients un ensemble de ressources matérielles via le Cloud (virtualisées) pour le traitement et le stockage des données. « Les besoins en infrastructures de Data Centers sont importants en Algérie. Et pour développer ces infrastructures, il faut un sérieux coup de pouce réglementaire pour encourager le secteur privé à investir », a souligné Bilal Kalem.

 

De son côté, Karim Bibi Triki, directeur général de la région Maghreb-Egypt-Levant, chez Intel Corporation, affirme que sur le plan technologique, on assiste à une accélération des innovations, comme l’émergence ou la maturation des technologies comme la réalité virtuelle, la connectivité 5G, le Blockchain, l’impression 3D, ou encore l’intelligence artificielle, des technologies qui transformeront les entreprises.

 

« Lorsqu‘elles sont combinées, elles ont le potentiel de perturber et de changer le monde d’une manière inimaginable », souligne Karim Triki. L’ère de l’économie numérique est celle de la donnée, la « Data ». D’énormes quantités de données vont être générées dans le proche avenir, car en plus des appareils actuels comme les micro-ordinateurs, tablettes et smartphones, des milliards d’autres objets seront connectés à Internet ».

 

« La création d’un emploi dans le secteur du numérique entraine la création de trois autres emplois dans les différentes filières économiques », tel est le constat fait par les études effectuées par la Banque mondiale.

 

Pour y parvenir, la jeunesse algérienne doit être préparée à ce nouvel écosystème. Selon les spécialistes, la voie de l’apprentissage, via des cycles courts, des formations continues et des cursus universitaires spécialisés, doit être intégrée dans la stratégie nationale liée à l’inclusion numérique.

 

A la pointe du développement. Plus concrètement, les pouvoirs publics doivent mettre en place système de formation permettant d’être à la pointe du développement technologique. « La refonte de la façon dont on éduque, c’est aussi accorder plus d’importance aux sciences et aux mathématiques et à tout ce qui peut soutenir l’économie de l’innovation », explique, à ce sujet Rabah Arezki.

 

Bilal Kalem, CEO d’une société de conseil et partenaire officiel de VMware, leader mondial de la virtualisation, propose des formations au profit des petites et moyennes entreprises et des grands groupes.

L’établissement, créé en 2012, a commencé ses activités en proposant l’accompagnement des entreprises dans la recherche des solutions pour dimensionner des data centers. Aujourd’hui, ses clients, composés de grands groupes, des banques publiques et privées, de compagnies d’assurances, et des opérateurs télécoms, forment leurs cadres dans la gestion des ces centre de stockage de données.

 

Aussi, pour répondre à la demande croissante en formation, l’entreprise a lancé Formini, une école qui a obtenu un agrément du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnel, et spécialisée dans la formation aux nouvelles technologies.

 

« Formini est la première école algérienne qui exporte des formations à l’international, souligne Bilal Kalem. C’est grâce à notre partenariat avec VMware, un leader mondial de l'infrastructure Cloud et de la technologie de l'espace de travail virtuel, qui nous permet d’exporter nos formations dans plusieurs pays, notamment en Afrique ».

 

Certifiée VMware et Microsoft, Formini est composée de vingt –trois formateurs et des consultants issus de la diaspora algérienne à l’étranger.

 

La valorisation des compétences figure parmi les actions que le gouvernement mener pour atteindre ses objectifs dans la maitrise technologique et technique. Lors d’une intervention sur la radio algérienne, Houda Imane Feraoun, ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, a indiqué : « la médiocrité de la qualité des réseaux et de la connectivité est due à la non maitrise de la technologie par les ingénieurs et techniciens d’Algérie télécom et ceux des autres entreprises sous-traitantes ».

 

La ministre de tutelle a expliqué que le projet FTTH, signé au mois de janvier et installé au mois de février 2017, est un programme concret qui explique la situation de manque de compétences dans ce domaine.

 

Pour y remédier, Houda Imane Feraoun a souligné que des sessions de formations ont été programmées entre février et mai 2017. Ainsi, 3314 personnes ont été formées, parmi lesquelles 1039 sont ingénieurs à Algérie Télécom et 2275 sont des ingénieurs dans des entreprises sous-traitantes.

 

 

 

 

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