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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Un rôle clé dans la société

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 4 Juillet 2018, 11:16am

Catégories : #Moyen-Orient

Jawaher al-Fardan, créatrice du concept Evergreen organics café et Niya Yoga Studio

Jawaher al-Fardan, créatrice du concept Evergreen organics café et Niya Yoga Studio

Cheikh Asma al Thani, directrice Communication et marketing ( Comité olympique du Qatar)

Cheikh Asma al Thani, directrice Communication et marketing ( Comité olympique du Qatar)

Publié dans Arabies, Juillet/août 2018

    

Les femmes arabes disposent – elles plus de moyens et d’opportunités que leurs ainées pour participer activement au développement socio économiques de leurs pays ?

 

Leurs ambitions personnelles, sociétales et professionnelles des femmes d’aujourd’hui sont t-elles plus importantes que celles des générations précédentes ?

 

Celles que nous avons rencontrées ont fait des études supérieures dans des universités prestigieuses, et se sont spécialisées dans diverses disciplines dont les filières scientifiques et technologiques.

 

Des femmes qui évoluent dans la gestion des programmes gouvernementaux et institutionnels ou président de grandes entreprises dans divers secteurs, y compris celles qui sont spécialisées dans les filières scientifiques et des technologiques de pointe. D’autres sont actives dans le développement du sport féminin, notamment en participant aux compétitions sportives à l’international.

 

Désormais, les femmes assument avec fierté des postes à  haute responsabilité et participent activement dans l’évolution du statut personnel et sociétal au sein des régions, dont certaines des plus conservatrices. « A mon époque, en 1976, les femmes s’orientaient vers les filières de l’éducation, de la santé. Mais, j’ai choisi la filière scientifique, car j’aime les mathématiques », nous confie Hessa al Jaber, ancienne ministre de l’Information et des Technologies de la communication et membre de Shura Council (Parlement) lors de notre rencontre. « Les femmes ne doivent pas craindre de ne pas avoir un rôle dans la société parce qu’elles sont femmes, elles ne doivent pas avoir peur d’être méconnues, ou sans reconnaissance malgré les efforts déployés. Il ne faut pas non plus craindre l’échec ou la non- réalisation, le jugement par l’apparence ou par la perception d’être culturellement inapte », a t-elle souligné.

 

D’après les nombreux témoignages que nous avons recueillis auprès des Qataries, les us et coutumes au sein de la société sont en phase de transition. Cependant, les femmes affirment que malgré cette évolution, des efforts doivent déployés pour faire évoluer les mentalités et leur permettre de participer davantage à la construction du pays. « Il est possible de changer des politiques d'entreprise quant aux salaires des femme, ou aux congés, mais il est difficile de changer des politiques publiques comme le droit de vote, ou de nommer des femmes à tête des institutions publiques officielle, explique Hessa al - Jaber. Il est encore plus dur de changer des valeurs de la  société ».

 

Inspirée par la citation « Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants telles des flèches vivantes», de l’écrivain et poète libanais Khalil Gibran, Hessa al Jaber a adressé un message à toute la composante de la société civile : « Laissez nos filles devenir ces flèches vivantes ».

 

Sa compatriote Jawaher al - Fardan, imprégnée par ses diverses expériences de ses séjours en Grande - Bretagne, aux Etats - Unis, en Inde et en Indonésie, a lancé deux concepts innovants dans le secteur du bien être : Evergreen Organics Café  et Niya Yoga Studio, en décembre 2017

 

Spécialisée en psychologie, Jawaher al - Fardan a constaté que ses patients se plaignaient de fatigue et de stress, deux facteurs majeurs qui impactent sur la qualité de la vie. « Le stress et la fatigue engendrent des effets négatifs sur la santé mentale des personnes, une situation qui empêche l’épanouissement personnel et professionnel, a souligné la cofondatrice de Niya Yoga Studio. La réhabilitation du style de vie via une thérapie clinique paraissait comme une solution pour soulager le mal être des patients ».

 

Souhaitant proposer une alternative aux médicaments, plus adaptée au bien – être, Jawaher al - Fardan a entamé une recherche en analysant les habitudes quotidiennes de ses patients. Elle constate que l’absence de pratique d’activités sportives et l’adoption d’un régime alimentaire non équilibré augmentaient significativement le niveau du stress. « A la suite de ce constat, j’ai décidé de créer un club social au sein duquel  je proposais diverses activités dont la pratique de la méditation, du yoga, la course à pied, le vélo et la natation, nous confie Jawaher al -Fardan. Les effets positifs ont été constatés, notamment sur la qualité du sommeil ».

 

Confortée par cette expérience, elle décide de s’investir davantage dans la filière du bien - être en toujours en associant le bien être physique et mental des personnes. Elle perfectionne ses compétences en suivant des cours de méditation et de cuisine biologique et vegane, notamment auprès du grand chef américain Matthew Kenney.

 

Jawaher al - Fardan est convaincue : « L’adoption des habitudes alimentaires saines et la pratique des activités physiques et de la méditation ont répercussions très positives sur le bien être mental. Ce mode de vie nous préserve de l’utilisation abusive des médicaments », explique t-elle. 

 

La fondatrice de Niya Yoga Studio affirme que la quête du bien – être a aussi fait son apparition dans le milieu du travail, dans les écoles et auprès des patients atteints de maladies graves et / ou chroniques. « Les bienfaits du yoga sont confirmés. La pratique de la méditation est adoptée par les entreprises, car elle permet de canaliser le stress et d’offrir aux salariés de meilleures conditions de travail », a t-elle souligné.  

 

Succès. Portée par le succès de son concept, Jawaher al - Fordan, a lancé d’autres projets : l’ouverture d’un centre associant la méditation et la pratique du sport (vélo) et d’un second Vegan Café.   « J’ai adopté ce mode de vie lors de mes séjours à l’étranger, et lorsque je suis revenue au pays, j’ai souhaité transposer mes expériences et mes acquis en créant les concepts Vegan Café et Niya Yoga Studio au Qatar. Je suis ravie ces derniers soient adoptés très rapidement par les hommes et les femmes qataris », nous confie – elle.

Niya Yoga Studio est devenu un lieu de connexion et de partage au sein de la communauté, cela m’a permis de mieux me connaître et mieux comprendre mes compatriotes, notamment les femmes. »

 

Sport au féminin. Shiekha Asma Thani al Thani, directrice du département Marketing et communication du Comité olympique du Qatar, est une passionnée de sports extrêmes. Elle a gravi le Kilimandjaro en 2014. Elle est convaincue que la pratique du sport et la participation aux compétitions internationales permet de faire évoluer les mentalités concernant l’amélioration des conditions des statuts des femmes dans les sociétés arabes même des plus conservatrices. Les compétitions internationales permettent aussi de créer des connexions entre les diverses cultures à travers le monde.

 

En avril 2017, avec une équipe de treize femmes, représentantes de douze pays du Moyen – Orient et de l’Europe - Angleterre, Chypre, Allemagne, France, Suède, Slovénie, Qatar, Oman, Jordanie, Arabie Saoudite, Emirates Arabes unis et Kuwait – Asma Thani al Thani a pratiqué le ski au pôle Nord. « Cette compétition était un véritable challenge sportif, mais c’est aussi une expérience enrichissante, car elle a permis la connexion de cultures,  la découverte de l’autre, souligne t-elle. J’espère que cette expédition pourra inspirer d’autres personnes à travers le monde à réaliser leurs rêves. Les challenges doivent être intégrés dans nos vies ».

 

Sport au féminin. Roza Salah Khelfan, une des meilleures athlètes du pays, a commencé la pratique du sport à l’école par passion. Repérée par des professionnels, elle intègre l’équipe nationale de handball en 2002. Le handball féminin est une discipline très récente dans le pays. Elle est représentée par quatre clubs qui participent aux compétitions internationales, notamment régionales comme celles qui sont organisées par la Fédération de l’Asie de l’Ouest : la première a rassemblé les Emirats arabes unis, l’Irak, le Bahreïn et le Qatar en 2015, et la seconde, une compétition régionale représentant les pays du Golfe, a été organisée en mars 2017.

 

« L’équipe nationale féminine de handball est motivée par l’envie de défendre les couleurs du pays. Notre objectif, à plus long terme, est de gagner des compétitions », souligne Roza Salah Khelfan. Aujourd’hui, nous nous concentrons nos efforts sur le développement de nos compétences à tous les niveaux ».

 

Le comité sportif féminin, un organisme chargé du développement des différentes disciplines et l’organisation des évènements sportifs, œuvre aussi à la promotion du sport féminin au sein de la société, notamment auprès des familles les plus conservatrices.

 

« Pour parvenir, nous avons axé notre stratégie sur l’organisation de compétitions spécialement réservées aux femmes, les hommes et les cameras ne sont pas autorisés dans les lieux de compétitions. C’est une étape indispensable pour parvenir à atteindre notre objectif qui consiste à inciter la gent féminine à pratiquer une activité sportive et aussi participer au développement du sport féminin dans le pays», nous confie Djamila Slimani, une Algérienne, entraineur de l’équipe nationale de handball. Concernant les clubs sportifs professionnels, la situation est différente, l’accès aux compétitions est autorisé à tous. Aujourd’hui, nous pouvons considérer que le sport professionnel féminin existe au Qatar ».

 

Plus optimiste, la directrice marketing et communication du Comité olympique explique que les activités sportives se renforcent depuis la participation du Qatar aux jeux olympiques de 2012. « Les Qataris ont développé une passion pour le sport, un engouement grâce auquel de nombreuses transformations sont en cours de réalisation dans le pays, d’une part la construction des infrastructures sportives et d’autre part le changement sociétal, l’évolution des mentalités grâce à la promotion du sport féminin ainsi que l’organisation des diverses compétitions internationales ».

 

A ce sujet, le Comité olympique organisera la Coupe du monde de gymnastique en octobre 2018 et des compétitions internationales en athlétisme courant 2019.

 

 

 

 

 

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