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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Abderrezak Trabelsi, Association des banques et établissements financiers (Abef)

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 6 Novembre 2013, 09:27am

Catégories : #Interviews

Paru dans Arabies, novembre 2013

Les conditions pour une économie saine. 

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Abderrezak Trabelsi, Délégué général de l’Association des banques et établissement financiers ABEF

Quel est le rôle de l’Association  des banques et des établissements financiers (ABEF) ?

C’est une association professionnelle des banques et établissements financiers qui rassemble tous les établissements agrée par le Conseil de la Monnaie et du Crédit. Elle représente ses adhérents auprès des pouvoirs publics, notamment lors de débats concernant le secteur financier et économique. Nous avons d’autres missions comme l’animation technique de la place et la veille au développement des activités du secteur bancaire et financier. 

On évoque souvent le manque de financement de l’économie productive. Quel est l’apport des banques dans ce domaine ?

Je pense que 2013 sera une année assez décisive dans la perception que les Algériens ont de la banque. Je m’explique : on croit que l’économie est mal financée par les banques. Or, de nouveaux éléments, dans une étude récente, démontrent que l’octroi des crédits croît de manière exceptionnelle dans le pays. En juin 2013, cette croissance était évaluée à 14% et pourrait atteindre près de 29% à la fin de l’année.

Même si le taux de pénétration du crédit reste faible, l’Algérie est classée parmi les cinq premiers pays qui accordent le plus de crédits au monde. En revanche, le tissu économique du secteur privé, constitué de 98% de très petites entreprises (TPE) et moins de 300 entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de dinars soit 20 Millions d’euros, limite les capacités d’absorption de l’économie nationale et du secteur privé en matière de crédits. Une situation qui peut engendrer une concentration des crédits sur un nombre limité d’entreprises. En d’autres termes, l’apport du crédit a atteint ses limites. Ce dernier ne peut, à lui seul, développer la nature de l’entreprise. Pour y remédier, des réformes structurelles dans l’environnement direct de l’entreprise sont nécessaires. Le manque des investissements dans l’économie productive est la conséquence de l’absence de ces réformes et non du manque de financement des banques.

Quelles sont les mesures doivent prendre les pouvoirs publics pour mieux financer l’économie productive ?

Des réformes structurelles doivent être en œuvre afin de développer la nature des entreprises. Il faudrait encourager une ouverture plus importante du marché financier, notamment à travers la promotion du marché des capitaux. Les pouvoirs publics doivent réinstaurer les règles économiques afin d’ériger une réelle compétitivité dans la production nationale. Les importations massives – qui pourraient atteindre 60 milliards de dollars à la fin 2013- ne répondent à aucune règle économique. J’irai plus loin, les importations massives, non régulées, sont un véritable poison pour l’économie. Pour réhabiliter la production nationale et encourager les investissements productifs, il est urgent de remettre en place des règles de compétitivité entre les importations et la production. 

Pour le secteur financier, l’État doit donner un signal fort en introduisant les champions nationaux dans les secteurs des télécoms, des banques et de l’énergie à la Bourse d’Alger. Cette initiative instaurera incontestablement la confiance des entreprises privées et des épargnants envers le marché boursier. Une capitalisation boursière satisfaisante et une collecte efficiente de l’épargne nationale seront ainsi dirigées vers la promotion de l’économie productive.

Le pays dispose des conditions adéquates permettant l’émergence d’une économie saine : une dette inférieure à 2% du PIB, une épargne privée supérieure à l’épargne publique et des recettes en devises qui valent 43 mois d’importations. Les banques sont tout à fait aptes à financer les plus gros projets à condition que des réformes structurelles soient instaurées et appliquées.

Quelles sont les mesures à prendre pour une meilleure dynamisation du  secteur bancaire ?

 Le secteur bancaire algérien, comparativement à ceux de la région, a atteint des performances extrêmement élevées en matière de rentabilité. D’ailleurs, les filiales des banques étrangères installées sur le marché réalisent une rentabilité sur les fonds propres parmi les plus élevées au monde. Par contre, il est nécessaire de prendre de nouvelles mesures qui permettront d’instaurer une concurrence loyale favorable au développement de la bancarisation qui reste faible : 2700 agences pour mille habitants alors que la norme méditerranéenne est de 6000 agences. Une concurrence saine entre les institutions bancaires va permettre également l’amélioration de la qualité des services et produits bancaires.

Pour y arriver, les pouvoirs publics devraient encourager d’élargissement de l’ouverture du secteur bancaire et financier. Car, la règle 51/49 %, instaurée en 2009, est très dissuasive pour les candidats potentiellement intéressés par le marché algérien. Malgré la forte attractivité du secteur, aucune banque étrangère ne s’est implantée dans le pays depuis sa promulgation.

 

 


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