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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Aicha Bakri, présidente de l'association d'alphabétisation Iqraa

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 13 Décembre 2010, 08:31am

Catégories : #Interviews

Interview publiée dans Arabies décembre 2010

 

Entretien réalisé lors du 3e Congrès de l'Organisation de la Femme Arabe OFA ( Tunis du 28 au 30 octobre 2010). 

 

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                                  Aicha Bakri, présidente de l'association Iqraa     

 

Pouvez-vous nous présenterl'association Iqraa ? 

 

Iqraa est une association d'alphabétisation qui a été créee en 1990. A ette époque, le taux d'analphabétisme était très important puisqu'il représentait 43,60ù de la population algérienne. L'objectif de l'association est d'apporter un contribution à la société civile en participant à l'éradication de l'analphabétisme dans le pays. 

 

Quelles sont les causes d'un tel taux d'analphabétisme, sachant que le pays accorde un budget colossal à l'éducation nationale ?

 

La situation  d'analpabétisme au moment de l'indépendance était catastrophique. L'Algérie comptait 90% d'analphabètes. Des efforts énormes ont été faits depuis pour l'éducation nationale, ce qui a perms de réduire ce taux à 43% en 1990. Cependant, la crise économique de 1986 a causé d'énormes difficutés, particulièrement des manques importants dans les infrastructures scolaires, en plus de l'éloignement et de la pauvreté qui s'est installée dans le pays. Tous ces paramètres ont contribué à l'augmentation du taux d'analphabétisme. Ensuite, il y'a eu un sursaut des citoyens algériens puisque, en 2008, les statistiques ont donné un taux de 22,1% dont les trois quarts étaient des femmes. la société civile à laquelle j'appartiens contribue à améliorer le niveau d'instruction des Algériens. Il faut reconnaitre à l'État algérien d'avoir mis en oeuvre un plan pour améliorer le niveau éducatif. Selon les statistiques récentes, 97% des filles et 99% des garçons sont scolarisés. 

 

Une stratégie nationale d'alphabétisation financée à hauteur de 53 milliards de dinars, a été mise en place par le gouvernement algérien pour la période 2007-2015. Je tien à préciser que l'année 2015 est justement celel qui a été retenue par les Nations unies pour faire le point sur l'éducation dans le monde. Nous y travaillons avec tous les acteurs du secteur pour faire évoluer le niveau de l'alphabétisation dans notre pays. Pour y arriver, nous avons procédé à une évaluation rapide qui nous a permis de réétudier nos méthodes. Plus concrètement, nous souhaiterions une décentralisation de nos actions. La centralisation engendre des lenteurs administratives dans l'exécution de plans d'actions comme l'élaborationn de programmes de formation. En décentralisant, nous donnerons plus de pouvoir à la base pour améliorer les prestations que nous mettons en place. Cela nous permettrait également d'étudier les spécificités de chaque région et de définir, en fonction des besoins, l'enveloppe budgétaire qui lui serait consacrée. 

 

Quel est le profil des femmes qui sont inscrites à l'Iqraa ? 

 

Nous avons différentes catégories de femmes qui sont concernées par nos programmes de formation. Il y'a celles qui ne sont jamais allées à l'école et celles qui sont peu scolarisées. Nous sommes sollicités par des femmes de tout âge. L'Algérie est un pays qui a vécu une tragédie dans les années 1990. Cette période a laissé des séquelles. la scolarisation des enfants a fortement baissé. Il y'a eu plus de 1200 écoles brûlées ou détruites sur tout le territoire national. Cette décennie noire a contribué à la déscolarisation des enfants. Aujourd'hui, beaucoup d'établissements scolaires ont été reconstruits. Il y'a une université dans chaque wilaya ainsi que des lycées, collèges et centre de formation professionnelle. 

 

Quelles sont vos principales réalisations et comment expliquez -vous votre succés sur le terrain ? 

 

Depuis la création de l'association, nous avons alphabétisé plus de 852 000 citoyens, dont plus de 750 000 femmes. C'est un évènement dans le pays. Les femmes ont cette possibilité de s'instruire et elles sont volontaires. Nous disposons d'établissements scolaires en dehors des heures de cours. Pour proposer nos formationsspécifiques, nous avons crée six centres qui ont été construits grâce à des contributions extérieures comme l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), qui s'est impliquée dans la construction de l'école de H'tatba, située dans la wilaya de Tipaza, cette dernière avait été la cible d'un terrible massacre dans les années 1990. Une autre école a également été édifiée à sidi hamed, dans la wilaya de Blida, grâce à la coopération de l'ambassade du japan à Alger. D'autres établissments ont été bâtis dans les régions d'el Khroub, Constantine, batna, Illizi et tamanrasset. On y propose divers ateliers de formation et ils connaissent un engouement sans précédent auprès des Algériennes. Nous éditons également des ouvrages pédagogiques avec des thèmes ciblés tels que la citoyenneté, la paix et la tolérance, l'environnement, la lutte contre le sida etc. la femme algérienne est demandeuse de savoir et d'émancipation. A travers les médias, elle nous interpelle pour qu'on s'installe dans les villages et dans l'extrême Sud. Je suis très optimiste concernant l'éradication de l'analphabétisme dans le pays à l'horizon 2015. 

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