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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Des équilibres ou déséquilibre !

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 5 Janvier 2012, 17:18pm

Catégories : #Économie Maroc

Article publié dans Arabies, Janvier  2012, pages 42 à 45

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Malgré un déficit record de la balance commerciale en 2010, le PJD entend bien tenir les promesses qui l'ont propulsé au pouvoir : une croissance à 7% et un déficit public maintenu à 3% du PIB. Utopie ? 

Le déficit de la balance commerciale atteint des records au Maroc. Les chiffres publiés par l'Office des changes atteignent en effet 138 milliards de dirhams pour 2010, contre 135 milliards en 2009, soit une progression de 2,3... Dans leur ensemble, les échanges commerciaux du Maroc avec l'étranger se sont pourtant élevés à 305,4 milliards de dirhams en 2010, en accroissement de 19,9%. Les pays d'Europe (59,3% des échanges) ont été ses partenaires priviligiés, la France ( 16,3%) venant en tête avec le statut de premier fournisseur du royaume chérifien. Suivent ensuite les pays d'Asie (20,5%), d'Amérique (13,7%) et d'Afrique (6%). 

Les autorités publiques marocaines justifient donc ce déficit par l'explosion de la facture des dépenses énergitiques et des produits alimentaires de première nécesité. L'enveloppe allouée à l'importation des produits énergitiques a ainsi grossi e 33,2% en un an, nourrie de 64,7% milliards de dirhams supplémentaires. Quant à la facture alimentaire, elle a augmenté de trois qurts par rapport à l'année 2010 pour s'établir à 15,7 milliards de dirhams. Les motifs ? L'envolée des cours mondiaux des matières premières comme le blé et le sucre, ainsi que la hausse des volumes importés pour satisfaire une demande interne en constante augmentation. Les exportations, elles, ont connu une légère hausse en 2011 (+19,3%). Une évolution positive que l'Office des changes attribue aux bonnes performances des produits chimiques et parchimiques (+24,9%), des industries métallique, métallurgique et électrique (+ 23%) ainsi qu'aux produits miniers (+ 32,9%). Sans oublier les exportations des biens et services, en hausse de 15,2% pour un volume de 163,2 milliards de dirhams durant les neuf premiers mois  de l'année 2011. 

 

Bonne tenue des exportations. Malgré la bonne tenue des exportations entre novembre 2009 et novembre 2010 (+26,7%) - 104 milliards de dirhams à 132 milliards -, le déséquilibre de la balance des paiements persiste dans le royaume chérifien.  Et pour cause, le volume des importations a lui aussi augmenté (+ 12,9% en un an), passant de 239 milliards de dirhams à ... 270 milliards !

Certains secteurs d'activité remplissent pourtant bien les caisses de l'État. Le phosphate, dont le Maroc détient près de la moitié des réserves mondiales, a ainsi généré 32 milliards de dirhams, entre janvier et novembre 2010 ( contre 17 milliards sur la même période en 2009). Cela va aussi pour les recettes issues des Marocains résidents à l'étranger (MRE), en progrès de 8,6% sur les sept premiers mois de l'année 2011. Néanmoins, l'écart continue de se ceruser entre les importations et les exportations... Dès lors, comment inverser la tendance ? Et comment accenteur la libéralisation de l'économie marocaine ? 

Pour mieux maitriser les dépenses publiques, le ministre de tutelle du gouvernement El-Fassi a procédé à un examen détaillé de tous les budgets sectoriels élaborés durant les réformes. << Ces efforts ont permis de dégager des économies importantes et de maitriser l'évolution des dépenses courantes >>, note la direction du budget au ministère de l'Économie et des Finances.  De son côté, un économiste du Parti de la justice et du développement (PJD) - le parti vainqueur des élections législatives du 25 novembre 2011- explique que les opportunités qui s'offrent au Maroc pour développer ses recettes sont nombreuses. << Les baisses des transferts MRE ou des recettes douanières peuvent être compensées par plusieurs volets, mal exploités. Vous n'imaginez pas la manne qu'on pourra recevoir des pays du Golfe grâce au financement alternatif >>, avait t-il déclaré, lors d'un meeting visant à expliquer le programme économique du PJD à la veille des élections. Cette même source a par ailleurs souligné que les fonds d'investissement marocains, comme les fonds Hassan II et Awqaf, sont mal gérés. Selon une note du Centre marocain de la conjoncture ( CMC), la reprise des exportations constatée en 2010 n'a pas eu un grand effet sur la croissance. Pour les économistes marocains, ce déséquilibre dans les échanges résulte de la faible diversification des produits proposés à l'exportation et d'une demande relativement limitée dans les marchés ciblés. Une analyse que partage la banque mondiale, qui précise dans un rapport sur le climat des affaires par pays que la faible diversité de ses produits ne permet pas au Maroc d'être compétitif avec les autres pays. A titre de comparaison, un pays comme la Tunisie exporte jusqu'à 130 produits, certes moins que la Malaisie (160) mais loin devant la Turquie ( 55) et ... le Maroc ( 42). En outre, il faut noter que le royaume chérifien concentre ses exportations sur le marché de l'Union européenne, à hauteur de 70%. une faiblesse pour la croissance de l'activité commerciale, qui reste étroitement  dépendante de l'état d'un marché européen dont la demande fléchit sans cesse depuis quelques années. 

Malgré ce climat de morosité économique, les entreprises marocaines doivent bénéficier de plans de développement à l'international. Dans cette optique, le CMC à annoncé ses intentions d'organiser prochainement un colloque intitulé " Compétitivité et dynamique à l'export : quelle stratégie d'avenir '' Comment gagner en compétitivité et en parts de marché face à la concurrence ?  Comment dynamiser le commerce extérieur, vecteur de l'économie du pays? Quelles sont les approches les plus pertinentes pour dynamiser le commerce extérieur dans un contexte économique fragilisé par l'énormité des dettes publiques ? Autant de questions capitales auxquelles les participants s'efforceront d'apporter des réponses. 

Le Maroc souhaite également faire fructifier davantage ses échanges avec les pays arabes du Golfe. Un accord de partenariat a même été signé en ce sens, le 24 novembre dernier, avec trois membres du Conseil de coppération du Golfe (CCG): Émirates arabes unis (EAU), Koweit et Qatar. Il devrait conduire à la création de Wessal Capital, une autorité marocaine pour l'investissement touristique. 

Maroc Export. Dans sa volonté de renforcer ses échanges commerciaux et d'explorer les différentes opportunités d'affaires avec ces trois nouveaux partenaires, le centre marocain de promotion des exportations ( Maroc Export) a récemment piloté sur leur sol une mission d'exploration composée d'hommes d'affaires. L'objectif étant d'étudier les possibilités de coopération et de partenariats dans les différents secteurs d'activité (agroalimentaire, industrie pharmaceutique, textile, cuir, nouvelles Technologies de l'information et de la communication etc). Pour sa part, le CCG aimerait que le Maroc apporte quelques réformes visant à alléger certaines procedures administratives, notamment dans le cadre des opérations d'investissement, et qu'il procède à l'ouverture de liaisons directes entre les pays pour faciliter la circulation des marchandises et des personnes. A titre de rappel, le Maroc a déjà signé en 2001 un accord de libre échange avec les EAU, qui sont ainsi devenus le premier fournisseur arabe du royaume chérifien. 

C'est donc une vraie bombe à retardement que Salaheddine Mezouar, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances, va laisser un héritage au ftur gouvernement. Et nul doute que son successeur aura du pain sur la planche. Rigueur et pertinence dans la gestion des dépenses. Telles devront être les deux principales directives de la stratégie économique du prochain gouvernement d'Abdellilah Benkirane. Une tâche très rude, voire insurmentable, en ces temps de crise économique mondiale. Une meilleure gouvernance, c'est justement ce que prône le PJD pour sortir de la crise. Fraîchement devenu le chef du gouvernement, Abdellilah Benkirane a palidé pendant la compagne électorale pour une meilleure gestion des affaires de l'État. Chargé des questions économiques au sein du PJD, Najb Boulif a ainsi déclaré au quotidien marocain francophone Le Soir Échos : << Une bonne gouvernance politique et économique permettra d'injecter entre 50 et 60 milliards de dirhams dans les caisses de l'État annuellement >>. Dans son programme économique le PJD souhaite également augmenter les investissements publics. Cela afin de soutenir la croissance et diversifier les partenariats avec l'étranger, notamment en dotant le fonds de promotion des exportations marocaines - dont le capital acteul s'élève à 250 millions de dirhams- de capitaux supplémentaires. 

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Zakât. Le PJD compte aussi cibler les marchés asiatiques, comme ceux de la Chine et de la Corée du Sud. Il envisage en outre de taxer à hauteur de 30% les produits de luxe et d'institutionnalisr la zakat ( aumône) - le troisième des cinq piliers de l'islam, qui concerne l'imposition sur la fortune-, dont les recettes seraient injectées dans la caisse des compensations. Par ces mesures, le parti islamiste, désormais au pouvoir, entend réduire d'une manière significative le déficit budgétaire marocain. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement du PJD est ambitieux. Et très prometteur pour le pays ! Tout semble même si facile qu'on peut se demander comment l'ancien gouvernement a pu autant manquer de discernement... Cependant, une question s'impose : le programme économique du PJD est -il réalisable dans le contexte actuel de forte crise mondiale?

Si l'on croit les responsables du nouveau parti au pouvoir, le Maroc ne chavirera pas. Selon le programme économique présenté à la veille des législatives par le PJD, le taux de croissance devrait revenir à 7%, car le problème du Maroc est " purement politique", nous a t-on expliqué. Quant à Saadeddine el - Othmani, président du Conseil national du PJD, il a promis que le déficit budgétaire n'excéderait pas 3% du PIB...

<< Le PJD est un espoir et j'espère que cet espoir ne sera pas étouffé >>, avait précisé Benkirane lors de sa compagne expliquant que son parti emprunterait la voie libérale pour le système de production tout en adoptant une approche socialiste de la distribution des richesses. Selon le leader du PJD, le système économique acteul repose sur les secteurs qui présentent une faible valeur akoutée. Et il estime que cette domination des secteurs du BTP, des télécoms et des services financiers maintient une économie de rente et de monopoles. Ainsi envisage t-il d'islamiser le secteur bancaire en ayant recours à la finance islamique pour résorber l'épineuse problématique du financement de l'économie. Cela dit, l'autorité de régulation dépendante de la Banque centrale marocaine ( Bank al Maghrib) sera t-elle d'accord pour délivrer cette autorisation ? Abdellatif Jouahri, gouverneur de cette institution, s'y oppose farouchement. Et le fait est que, dans sa structure actuelle, le système bancaire marocain est l'un des secteurs qui génèrent le plus de revenus dans le pays.....

Le PJD détiendrait -il la clé de cette bonne gouvernance qui lui permettrait de générer un taux de croissance de 7% et de maintenir le déficit à 3% du PIB ? Alors même que les pays les plus développés et plus compétitifs craignent pour leur avenir et s'inquiètent des lendemains.... Le maroc paie sans doute aujourd'hui le fait d'avoir commencé par libéraliser ses échanges avec l'extérieur avant de construire une industrie solide. Des décennies sont désormais nécessaires pour réorienter l'éconmie vers des filières créatrices de valeur ajoutée. dans un contexte économique mondial à le dérive, le Maroc, n'a pas d'autre choix que d'appliquer un plan d'austérité et de trouver mle moyen de consolider ses investissements, grâce notamment au renfort de fonds arabes. 


 


 


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