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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Fifi kallab socio économiste spécialiste de l'environnement

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 2 Décembre 2010, 17:11pm

Catégories : #Interviews

interview publiée dans Arabies, décembre 2010

 

 

img075.jpgFifi Kallab est une socio-économiste libanaise, spécialiste de l’environnement et consultante pour l’Union européenne et l’Unesco concernant les problèmes de l’environnement.

 

 

Lors de votre intervention dans ce congrès, vous avez déclaré que la femme arabe, productrice et consommatrice, peut jouer un rôle très important dans la protection de l’environnement. Pourriez-vous nous expliquer comment ?

 

Dans mon intervention, j’ai évoqué l’apport que peut avoir la femme dans le développement durable et, surtout, l’impact de sa non-participation à la protection de notre environnement. Elle doit participer ! La femme représente la moitié de la population. Les changements climatiques, rapides et surprenants, nous incitent à prendre des mesures pour limiter les dégâts. Aujourd’hui, il faut solliciter la contribution de la femme plus que celle de la citoyenne, car son rôle est double. Elle tient une position spéciale dans certains secteurs et elle pourrait obtenir des résultats là où l’homme échouerait. Dans la société orientale, la femme joue un rôle majeur au sein de la famille, au foyer. Cette fonction est essentielle. Elle s’occupe de l’éducation de ses enfants, de ses enfants et de ses déchets. Elle est en charge de tout ce qu’elle produit, ainsi que des achats domestiques. C’est donc elle qui pourra changer notre façon de consommer.

 

Dans les pays orientaux, les habitudes de consommation sont de plus en plus importées des pays occidentaux. Elles sont devenues plus culturelles que nécessaires. On importe beaucoup de choses dont on pourrait se passer. Prenons l’exemple concret des fenêtres coulissantes. Elles ont été inventées dans les pays qui manquent de place et de luminosité. Elles ont été ensuite introduites dans nos pays, alors que nous n’avons pas les mêmes besoins.

 

Avez-vous pensé à étendre vos actions et travaux à d’autres pays arabes ?

 

Effectivement. Je partage mon expérience et mes travaux avec les organisations non gouvernementales dans beaucoup de pays où l’Organisation des nations unies est impliquée. J’interviens en tant que conférencière. Je donne également des cours spécialisés dans différentes universités pour les étudiants en post – graduation. En ce qui concerne les pays arabes, nous ne sommes malheureusement pas très actifs dans le domaine de la protection de l’environnement. J’ai effectué quelques visites en Syrie, en Égypte, en Jordanie, mais pas encore dans les pays du Golfe.

 

Vous avez également évoqué le fait que, dans les institutions et les ONG chargées de l’environnement, la femme est peu représentée. Que peut-on faire pour améliorer la situation ?

 

La première chose à faire est de sensibiliser les femmes au problème de l’environnement et de les convaincre de leurs capacités et de leurs compétences dans ce domaine. Elles doivent s’imposer dans ce milieu en étant libres d’entreprendre. Dans la vie de chacun d’entre nous, les choses les plus primaires sont liées à des questions de droits. Les femmes méconnaissent cet acquis important cité par la Constitution. Donc, il est primordial d’assurer leur éducation et leur formation. Il faudra aller les chercher pour les sensibiliser, car toutes n’assistent pas aux conférences consacrées à ce sujet. Nous devons effectuer un travail de terrain, ciblé, pour s’assurer de son efficacité. Il conviendra aussi d’adopter les stratégies de communication et de sensibilisation selon les catégories sociales de ces femmes. On ne peut pas parler de la même façon aux habitantes des zones rurales et des villages pauvres qu’à celles qui résident dans les milieux urbains, qui disposent d’un niveau d’instruction convenable. Si je veux sensibiliser une bergère, je ne dirais pas : «  Ne pas laisser sa chèvre brouter une jeune arbre » mais plutôt : «  si tu laisses cette arbre grandir, tu auras de quoi nourrir tes enfants non seulement cette année, mais aussi dans les années à venir »la différence entre ces deux façon de faire consiste à intéresser cette bergère en impliquant son intérêt personnel de survie dans la protection de son environnement. A une autre femme paysanne, je conseillerais, par exemple, de ne pas arracher son thym pour le vendre sur le marché, mais plutôt de le couper. Ainsi, pourra t-elle continuer à le vendre pendant des années. Proches de la nature, les femmes sont généralement sensibles à l’impact que peut avoir sa détérioration sur la santé de leurs enfants, la procréation, la longévité etc. Pour elles, l’environnement doit représenter un apport positif. Dans mes nombreuses recommandations, j’ai insisté pour effectuer des travaux ciblés. Les pays arabes manquent de stratégies dans la prise en charge des problèmes de l’environnement. Ce sont pourtant ces mêmes pays qui seront les plus touchés par les difficultés liées aux changements climatiques dans le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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