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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Hassan Khelifati, P-DG Alliance Assurances

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 24 Octobre 2013, 16:32pm

Catégories : #Interviews

Paru dans Arabies, octobre 2013

P-DG-Alliance-Assurances.-Hassen-Khelifati.jpg

Hassan Khelifati, P-DG de la société Alliance Assurances

Rencontre avec Hassan Khelifati, président –directeur général de la société Alliance Assurances, première entreprise cotée en Bourse.

 Hassan Khelifati est titulaire d’un diplôme de l’enseignement spécialisé (DESS) dans la filière Banque et assurances à l’Ecole supérieure de commerce et d’un MBA exécutif - un diplôme issu d’un partenariat entre l’Institut international de management (Insim) à Alger et Uiniversité Cadi Ayyad UCA à Montréal. Il a commencé sa carrière professionnelle au Crédit populaire d’Algérie (CPA), une banque qu’il a quitté dans les années 90 pour rejoindre l’entreprise familiale opérant dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Il a crée et dirige Alliance Assurance depuis 2004.

 Quel est le contenu du plan stratégique« Nouvelle Alliance 2015 » ?

Notre plan stratégique «  nouvelle Alliance 2015 » est simple et ambitieux à la fois. Il dispose d’une vision qui lui permettra de devenir, à terme, l’assureur préféré des Algériens. Nous ne sommes pas encore au bout de nos objectifs mais nous allons y parvenir. Pour cela, nous avons déterminés deux autres objectifs : doubler notre chiffres d’affaires et tripler notre réseau d’agences, puisque nous comptons atteindre 330 agences vers le début 2016, voire pour la fin de 2015.

Nous continuons notre progression en améliorant également la qualité de nos services, les délais de nos remboursements lors des sinistres ainsi que la valorisation de l’innovation et à travers le lancement de deux nouveaux produits par an. Deux autres éléments faisant partie de notre plan stratégique sont en cours d’exécution : l’établissement d’une meilleure communication avec nos assurés ainsi que la mise en œuvre d’un plan de formation destiné à nos cadres et nos employés. 

Quelles sont les principales formules et produits d’assurances que vous avez lancé sur le marché algérien?

Alliance assurances est une compagnie généraliste qui a diverses propositions, comme les produits d’assurance automobile, des produits et services d’assurance destinés aux professionnels ainsi que des assurances habitation. Notre cœur de cible comporte trois catégories de clientèle : les particuliers, les professionnels et les petites et moyennes entreprises (PMI/PME). Ce sont des segments très importants pour Alliance assurances car nous avons plus de flexibilité pour répondre à leurs besoins.

Concernant les autres domaines comme les grandes entreprises publiques et le secteur public en général, même si nous sommes autorisés à soumissionner, elles sont plutôt prises en charge, pour ne pas dire réservées, aux entreprises publiques.

Cela dit, depuis la séparation des filières dommages et assurances de personnes, nous avons signé une convention comptes avec des entreprises du secteur, grâce à la quelle nous proposons des contrats d’assurances de personnes à notre propre clientèle. Je tiens également à préciser qu’en raison d’un environnement mal adapté et la faiblesse du secteur financier, le segment assurances de personnes n’est pas assez porteur. C’est raison pour laquelle nous n’envisageons pas aujourd’hui de lancer notre propre filiale.

En outre, en termes de profitabilité, contrairement aux idées reçues, la filière de l’assurance automobile n’est pas la plus attrayante et ce malgré le nombre élevé de véhicules vendus. Car, la tarification de l’assurance responsabilité civile, la plus prisée par les souscripteurs, est très faible. Les assureurs perçoivent un dinar mais en remboursent 4 à 5.  Si on tient compte des marchés comparatifs, on constate que le pays est en deçà des normes régionales car la garantie véhicule est estimée à 170 dollars en Tunisie et à 300 dollars au Maroc, alors qu’elle ne dépasse pas 28 dollars en Algérie.

Nous sommes également en phase d’études dont l’objectif est de nous permettre de maitriser les délais de remboursements afin qu’ils soient les plus courts possibles. Nous avons également mis en place un système d’information sous oracle, crée par notre filiale, qui nous a permis d’instaurer une interactivité avec nos assurés. Ce système leur permet de suivre avec précision le processus de prise en charge de leur dossier, notamment en matière d’indemnisation.

 Vous avez lancé la formule OTO Plus Laki, dédiée spécifiquement les femmes. Pourriez-vous nous expliquer comment est venue cette idée ? A t-elle atteint ses objectifs?

L’idée de lancer la formule OTO Plus Laki est née suite à des observations que nous avons partagées avec nos collaborateurs. Après une réflexion poussée, nous avons mis en place un produit unique adapté aux besoins des conductrices en cas de panne. D’autant plus que l’on assiste, depuis quelques années, à une évolution très rapide du nombre des femmes au volant. L’objectif du produit OTO Plus Laki, lancé en 2012, était de répondre aux besoins des conductrices en matière d’autonomie et de liberté d’action et en proposant une prise en charge rapide, immédiate et complète – en tout lieu y compris dans son propre garage - de toutes les pannes de notre clientèle féminine. En ce qui concerne les objectifs, nous avons de plus en plus de souscriptions et nous envisageons de faire une évaluation des résultats en 2014.

Dans votre bilan annuel 2012, vous évoquiez une concurrence déloyale sur le marché et la disparition de certains segments du marché. Pourriez-vous nous l’expliquer ?

En effet, cela concerne spécifiquement la séparation, à la suite de nouveaux dispositifs règlementaires, des branches assurances dommages et assurances de personnes. Car, l’application de cette nouvelle règlementation a causé la perte de près de 10% de notre chiffre d’affaires en 2011et en 2012. En ce qui concerne la concurrence déloyale, qui n’est pas un secret pour les professionnels locaux, elle se caractérise par un secteur public dominant qui a le plus de facilités d’accès aux souscripteurs issus du secteur public. 

Quelles sont les principales difficultés et contraintes que vous rencontrez dans l’exercice de votre activité ?

Bien que les autorités publiques et le gouvernement aient entamé des réformes structurelles et conjoncturelles depuis une vingtaine d’années, nous avons besoin d’une réforme qui devrait englober une vision profonde permettant une l’évolution du secteur. Cette activité économique doit être pris en charge par les acteurs du secteur ainsi que par les autorités de régulation. Car une réforme profonde allant dans le sens de plus de libéralisation de l’activité, sans la remise en cause ladite régulation pour éviter les dérapages, va permettre d’instaurer plus d’équité.

Il faut savoir que le marché des assurances est caractérisé, implicitement ou explicitement, par ce constat : le régulateur est également le propriétaire du secteur public. Pour y remédier, l’installation d’une autorité de régulation indépendante – telle que pratiquée dans les secteurs des télécommunications et des banques - est plus que recommandée. Notons que nous avons constaté une réelle volonté du gouvernement Sellal d’engager des réformes profondes de tous les secteurs d’activités économiques y compris la nôtre.

L’autre aspect contraignant concerne l’obtention des agréments pour les agents généraux – dont le plus significatif concerne les 5 ans d’expérience exigés dans la profession - qui freine le développement de notre réseau de distribution et, par voie de conséquet, la création de nouveaux emplois.

Je cite également un autre frein qui entrave l’évolution du marché, il concerne le placement réglementé sur le marché financier qui manque de dynamisme. Il faut savoir que nous enregistrons des taux de placements négatifs car la loi nous oblige à faire des placements en bons de trésors. Or, ces derniers ont des taux de rendements très faibles et le taux d’inflation est moyennement fort. 

 Vous avez eu, en 2011, un litige commercial avec la compagnie de transport Tahkout à propos d’une créance de 550 Millions de dinars. L’affaire est –elle aujourd’hui en justice ?

C’est une affaire de litige commercial qui est en cours de traitement par la justice algérienne et nous sommes de l’attente des résultats de l’expertise des documents remis en cause dans le cadre de cette affaire. Nous regrettons qu’un litige commercial ait été sorti de son contexte et a pris un prolongement de traitement sans fondements pour gêner l’affaire commerciale.

Vous dites que le secteur des assurances vit une situation de paradoxes. Pourriez-vous nous l’expliquer ?

En dépit de son grand potentiel - le plus important de la région du Maghreb -, le marché algérien des assurances peine à se développer. A titre de comparaison, le marché marocain réalise près de 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires alors notre marché dépasse à peine 1 milliard de dollars. Plus concrètement,  nous disposons d’un marché automobiles des plus dynamiques - avec plus de 500 000 véhicules importés - mais la filière de l’assurance automobile, supposée être très attractive avec un rendement potentiel de 20 milliards de dinars de chiffre d’affaires -  ne réalise, en réalité, que 10 milliards de dinars. Ce résultat explique parfaitement la situation de paradoxe qui caractérise ce secteur d’activité qui devrait générer un chiffre d’affaires moyen de 30 à 40 milliards de dinars par an.

 

 

 

 

 

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