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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Hind el- Soufi Économiste et artiste peintre

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 2 Décembre 2010, 17:29pm

Catégories : #Interviews

Interview publiée dans Arabies, décembre 2010. 

 

img077.jpgHind el - Soufi est économiste, artiste peintre et  professeur d'université. Elle est également présidente de l'Association des artistes libanais et de la commission économique de la Commission nationale des femmes libanaises. Entretien réalisé lors du 3e Congrès de l' Organisation de la femme arabe à Tunis.

 

Quel est votre rôle au sein de la Commission nationale des femmes libanaises ?

 

 Je préside actuellement son comité économique et j’effectue des travaux liés au domaine social. Un budget, mis en place par les autorités publiques, nous permet d’étudier les facteurs qui peuvent favoriser l’ascension sociale des hommes, des femmes et des jeunes. Ce budget existe dans 45 pays, dont des États africains comme le Maroc. Nos travaux, qui rencontre un grand écho après de la société civile, ont l’avantage de définir les différentes possibilités qu’ont les femmes pour affirmer leur position et, par conséquent, obtenir plus de pouvoir. Nous effectuons un travail de sensibilisation auprès des ONG, des entreprises du secteur privé et public, ainsi que dans des différentes institutions publiques. Nous œuvrons pour une égalité et une équité entre les deux sexes. Pour y parvenir, nous effectuons des analyses en termes de besoins et nous définissons les budgets nécessaires pour remédier aux situations d’injustice dans ce domaine. Je pense que c’est un très bon outil pour l’éradication de la pauvreté, car, en travaillant, les femmes luttent contre la précarité. Elles peuvent ainsi s’instruire et participer activement à la construction d’une société plus équitable. Il faudrait étudier davantage les indicateurs de pauvreté dans les pays arabes afin de mettre en pratique les outils modernes qui généreraient plus d’égalité pour la condition féminine.

 

Ce congrès des femmes arabes stimule le militantisme féminin régional et permet également un échange des expériences entre les pays. Il y’a aussi des exemple que l’on peut suivre, comme le modèle tunisien, dans lequel le statut personnel de la femme a atteint un niveau très convenable. Dans d’autres pays arabes, ce statut est carrément un sujet tabou. Mais le Code personnel aide les femmes à accéder aux postes décisionnaires. Au Liban, par exemple, le système confessionnel nous empêche d’évoluer. Les hommes libanais refusent d’être représentés par des femmes. Et comme les aspirations des Libanaises ne sont pas celles des politiques, j’accuse ! Les Libanaises sont mises à l’écart parce qu’elles refusent la corruption. Beaucoup de choses ont déjà été réalisées dans les pays arabes tels que les États du Golfe, mais pour le Liban, les choses stagnent. En ce qui concerne les recommandations de ce congrès, j’aspire à ce que leur application soit exigée des États. Il faudrait dépasser le stade des exposés formels. Nous devrions commencer à mettre en pratique les décisions pour faire évoluer le statut social, juridique, économique et politique des femmes arabes.

 

Quels sont les thèmes de vos travaux de recherche en rapport avec la femme ?

 

Je fais des études au plan social. Ce sont des recherches sur les conditions du statut de la femme libanaise dans le domaine artistique. Pour être plus précise, j’étudie la masculinité dans l’art arabe contemporain. Comment la féminité est –elle vue par les hommes ? Les étudiantes de l’École des beaux – arts reproduisent ce que leurs professeurs leur enseignent et non ce qu’elles ressentent. Leurs œuvres sont faites pour plaire aux hommes. Une étude comparative entre les créations des professeurs et celles de leurs élèves a montré une grande similitude, une sorte de répétition. Mon objectif, en faisant cette recherche, était de chercher le féminisme  contemporain arabe. Contrairement à ce qui existe depuis longtemps en Europe et en Amérique, nous n’avons pas de créations féministes. A ce sujet, les études anglo-saxonnes démontrent que, durant des siècles, l’art a été avant tout destiné au spectateur masculin.

 

Comment votre étude a été accueillie au Liban ?

 

Elle a été très bien perçue, notamment parce que je travaille dans le cadre du comité Bahitath, un groupe de chercheuses libanaises qui traitent différents thèmes. Pour ma part, je suis chargée du secteur artistique. Ainsi, ai-je suivi un groupes d’artistes femmes issues de différents pays comme la Syrie, l’Égypte, l’Irak et le Liban. Mais les artistes que j’ai consultées ne sont pas reconnues dans les conclusions que j’ai faites. Cela s’explique par le fait que les professeurs ne leur ont jamais enseigné ces concepts. Pour changer la donne, il faudrait continuer à faire des études.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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