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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Immobile à grands pas

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 9 Mars 2012, 16:55pm

Catégories : #Politique

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 Article publié dans Le Magazine de l'Afrique, Mars -Avril 2012

 

Marches, Sit-in, manifestations, n'ont pas abouti à une embrasement total de la rue algérienne en 2011. Les marches, organisées par le parti de l'opposition Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), et réprimées par les forces de l'ordre, n'ont pas attiré des foules. Il faut dire que les principales revendications sont socio-professionnlles : revalorisations salariales, lutte contre le chômage et amélioration des conditions de vie (distribution de logements, Accès à la sante, etc).  

Pour répondre au mécontentement des citoyens, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a donné des consignes d'augmentation des salaires et de révision des statuts des différents corps de métiers ( foction publique, éducation nationale,professionnels de la santé, etc.). Pour éviter l'embrasement de la rue, le chef de l'État s'est également engagé, en avril 2011, à mettre en route des réformes politiques. Cependant, à l'instar des autres peuples arabes, les Algérien revendiquent également un changement politique pour l'instauration d'une véritable démocratie, seule garantie des libertés individuelles et collectives et de la justice sociale. Certes, depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1988, des améliorations ont été apportées dans le paysage politique algérien. La constitution instituée en 1989, a permis une ouverture politique et la mise en place du multipartisme. Une première dans la vie politique du pays. Depuis, la transition politique évolue à petits pas. Le docteur Ammar Benhimmer, professeur de droit à l'Université d'Alger, rapelle que deux obstacles majeurs entravent le véritable changement. Les freins concernent essentiellement le déficit démocratique et la prise en otage des intérêts économiques locaux : " Le déficit démocratique s'exprime par la préeminece de la violence politique. Nous nous trouvons devant une démence du système face à un peuple pacifique... Cette violence est emlpoyée par le système politique algérien comme mode de fonctionnement sous différentes formes, dans l'absence d'alternative au pouvoir ", explique -t-il. Quant à l'aspect économique, il précise que l'Algérie " n'a pas construit une économie nationale, mais une économie de comptoir, une économie de brique selon l'expression espagnole, et une économie de tchipa selon l'expression algérienne



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Les enjeux majeurs des législatives


Le pays vit une période charnière au cours de laquelle les enjeux politiques des prochaines échéances électorales - législatives en mai 2012 et présidentielle en 2014- jouent un rôle essentiel. Malgré le risque d'une forte abstention notamment parmi la jeunesse- qui constitue plus de 70% de la population-, les préparatifs du scrutin vont bon train. Les meetinds et les réunions des partis politiques se succèdent. Les leaders des partis politiques, opposition comprise, montent au créneau. Brahim, un commerçant ambulant rencontré dans un quartier populaire d'Alger, déclare : " Je ne voterai pas car je suis persuadé que ma situation ne changera pas. Cela fait 10 longues années que je vends des produits sur le trottoir, et aucun élu ne s'est soucié de moi et des autres. Je ne pense pas que ma voix changera quelque chose ". Salima une quadra active, souligne que " l'abstention est dangereuse pour le pays. Chaque citoyen se doit de donner sa voix à celui ou celle qui le représentera à l'Assemblée. L'enjeu est tellement crucial que nous devrions tous être mobilisés pour instaurer le changement dans le pays ". Cependant, de nombreux observateurs ont constaté une rupture de confiance entre les citoyens et les politiciens. Ils expliquent cette situation de méfiance par l'opacité et les irrégularités des scrutins antérieurs qui sont, d'ailleurs, régulièrement dénoncés par les citoyens et les leaders des partis politiques de l'opposition.  


Les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour inciter les Algériens à acoomplir leur devoir. Grâce à un partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile, le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, sous la houlette de Dahou Ould kablia, a pu adresser des messages de rappel aux citoyens afin qu'ils s'inscrivent dans les mairies.  La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, constate que : " L'algérie ne vit pas seule, mais elle subira inévitablement les répercussions de ce qui se passe dans la région, de la crise libyenne en particulier, mais aussi de la crise économique". Elle indique que le pays se trouve " à la croisée des chemins. la prochaine Assemblée sera une sorte de constituante puisqu'elle sera appelée à voter la prochaine Constitution. Aussi, nous n'avons pas le droit de sous- estimer l'enjeu des prochaines élections ". La participation du Parti des travailleurs dépendra " des conditions de déroulement de ces élections".

 

Le Front des forces socialistes (FFS), de Hocine Ait Ahmed, s'interroge aussi sur son éventuelle participation aux élections.Lors d'un meeting avec ses militants dans la wilaya de Boumerdes, le premier secrétaire, Ali Laskri, a lancé : " Les prochaines élections seront incontrôlables ". Pour calmer les craintes sur d'éventuelles fraudes, le président de la République a affirmé, lors de l'ouverture de l'année judiciaire, le 18 décembre 2011, que les prochaines élections seraient ouvertes aux observateurs étrangers pour garantir leur transparence. De son côté, le chef de la diplomatie, Mourad medelci, a assuré que l'Algérie a donné quatre mois à l'Union européenne pour lui permettre d'organiser des missiosn d'observation. Cette démarche a également été faite auprès de l'Organisation des Nationa unies, la Ligue arabe et l'Union africaine. '' Les systèmes d'observation sont aujourd'hui mieux organisés, plus fins et, par conséquent, ils peuvent donner de meilleurs résultats'' a tenu à rassurer Mourad Medelci. Les chefs des partis politiques appellent le président de la République à user de ses prérogatives pour assurer la transparence du scrutin en autorisant les responsables des listes à être présents dans les commissions administratives comme dans les bureaux de vote. D'un autre côté, certains responsables de partis nouvellement crées, comme le premier secrétaire d'Ennahda, Abdallah Djabbalah, a appelé au report des élections : " Le temps reste très limité devant les partis comme le nôtre. Nous avons besoin d'agément pour fonctionner alors que les autres partis sont depuis longtemps en plein préparatifs pour cette échéance "

 

Les courants islamistes pour "une liste électorale unique"


Les islamistes ont le vent en poupe. La direction du Mouvement pour la société et la paix (MSP), qui s'est retiré de l'alliance présidentielle en décembre 2011, a fait savoir que le courant islamiste gagnera en Algérie à consition qu'il ait une participation massive aux élections. Mieux encore, son secrétaire général, Bougerra Soltani, croit à la fin possible de l'alternance au pouvoir du Front de libération nationale ( FLN) dirigé par Abdelaziz Belkhadem et du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia. Quant à la manière dont va se dérouler cette transition politique, Bougerra Soltani est plutôt confiant puisqu'il affirme que " le peuple algérien n'ira pas vers une révolution sanglante, mais vers celle des urnes pour opérer le changement " Pour renforcer leurs chances de remporter la majorité à l'Assemblée, les dirigeants de partis islamistes envisagent de créer une alliance afin d'aboutir à l'établissement " d'une liste électorale unique". Azzedine Djerada, coordinateur du projet, a indiqué que cette initiative est en voie de concrétisation . A propos de la délicate question du Front islamique du Salut (FIS), parti dissous, il a expliqué : " Notre initiative est ouverte à tout le monde, elle vise à rassembler toute la famille islamiste en Algérie; nous essayons de nous mettre en contact avec tous les acteurs et toutes les personnalités sans exclure aucune partie ". Le secrétaire général d'Ennahda a doné son accord pour prendre part à '' sommet réunissant les partis islamistes''. Cela dit, les tenants de la laicitéet de la démocratie également se font de plus en plus entendre. Désireux d'assurer le partage des richesses du pays, ils s'opposent à l'accaparement des biens par différents clans proches du pouvoir. les prochaines élections seront, indéniablement, un test sur la voie du changement. Une notion qui n'est plus taboue, puisque même le Premier ministre s'est demandé si " un quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika servirait les intérêtsde l'Algérie". L'avenir nous le dira.

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