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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


interview Abdelmalek Sellal, ministre des Ressources en eau ( Algérie)

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 5 Février 2007, 12:20pm

Catégories : #Interviews

Publiée dans Arabies, février 2007

Sources de projets

Algerian-Prime-Minister-Abdelmalek-Sellal.jpg

Le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, nous répond sur un dossier crucial pour l'avenir d'un pays qui s'inscrit dans une logique de coopération hydraulique. 

L'Algérie a besoin d'investissements privés et étrangers, mais également du savoir-faire et de la maîtrise de la gestion des ressources en eau. Pourriez-vous nous éclairer sur vos projets de partenariats dans ce domaine ?

On ne peut pas parler de l'eau en Algérie sans évoquer le climat, connu pour sa grande irrégularité spatiale et temporelle. L'Algérie est soumise à des conditions climatiques défavorables, ponctuées de périodes de grande sécheresse. Nous avons opté pour une nouvelle politique de l'eau qui confirme la dimension stratégique et son caratère prioritaire dans tout le pays. Nous visons à sécuriser l'alimentation en eaus potable des populations et à développer l'agriculture. La mobilisation des eaux conventionnelles s'accomplira en utilisant toutes les capacités souterraines des barrages, par des transferts. D'uimportants projets de construction de grands complexes hydrauliques - Beni haroun, Kourdiat acerdoune et Taksebt- sont en cours de réalisation. Pour assurer une sécurisation optimale, nous avons lancé des programmes de mobilisation des eaux non conventionnelles par le dessalement de l'eau de mer et la réhabilitation des eaux uséees épurées. C'est précisement dans ce domaine que nous avons besoin de partenariats et d'investissements étrangers, à travers les Built, Own and Operate (BOO). Nous avons programmé la réalisation de 14 unités de dessalement d'eau de mer. Notre objectif est d'atteindre une production de 2 millions de m3 d'eau dessalée par jour, à l'horizon 2009. L'unité d'El-Hamma,par exemple, a une capacité de production de 200 000 m3/jour. Ce programme est lancé en collaboration avec le ministère de l'Énergie. Des appels d'offres ont été lancés. Les plus fiables ont été selectionnés etcertains se concrétisent sur le terrain. Dans la région d'Alger, le programme a été pris en main par un groupement dont le chef de file est la société américaine Ionics, pour la production de 200 000 m3/jour. D'autres projets sont en phase de réalisation -comme ceux de Beni-Saf, Tlemcen, Zéralda et Skikda- Nous avons choisi d'accéder à cette technologie moderne. Elle nous conduira à une meilleure sécurisation de l'alimentation en eau potable des villes côtières, à une amélioration du service, et à l'économie d'une bonne parie de l'eau des barrages qui sera destinée aux régions des hauts plateaux pour permettre une redistribution spatiale à la population et ainsi assurer un développement économique plus équilibré du pays. 

Quel est l'état du réseau de distribution et quelles sont les actions envisagées ? 

Nos actions conrètes sont en cours. Elles entrent dans le cadre de la réhabilitation des stations d'épuration des eaux usées et dans celui de la réalisation de 28 autres. Il faut savoir que l'Algérie rejette près de 600 millions de m3 d'eau usée dans la mer. A l'horizon 2010, notre objectif est d'arrêter ces rejets qui sont importants dans les grandes villes. Nous pensons les récupérer pour l'agriculture. L'objectif est la réutilisation totale des eaux usées. Ainsi, nous aurons contribué à la protection et à la sauvegarde de l'envoronnement. Actullement, nous épurons 200 millions de m3. En 2009, nous atteindrons 600 millions. Nous travaillons aussi à corriger la déperdition de l'eau, malgré un pourcentage de raccordement considéré comme élevé puisque représentant près de 90%. Le gouvernement, malgré toutes les bonnes intentions, ne peut continuer à investir dans la mobilisation à travers la construction de barrages et le dessalement d'eau de mer sans penser à réduire cette déperdition. Nous avons engagé un programme de réhabilitation et de nos réseaux de distribution en commençant par les grandes villes comme oran, où une société étrangère travaille depuis quatre ans pour réhabiliter le réseau. Nous allons démarrer la rénovation des réseaux de plus de douze grandes et moyennes villes. 

Quelle stratégie mettre en place pour améliorer la gestion de l'eau ?

C'est devenu un problème extrêmement important dans le pays. Nous avons engagé des réformes institutionnelles et organisationelles. L'Algérienne des eaux et l'Office national de l'assainissement gèrent l'ensemble du réseau national. Nous allons vers une gestion déléguée de l'eau des grandes villes. Les déffaillances ont été constatées dans le domaine de la distribution rationnelle de l'eau. Comme tous les pays du monde, nous considérons l'eau comme un bien marchand qu'il faut gérer tel un produit de consommation comme les autres. Quant à sa fonction sociale, l'État assurera le différentiel pour qu'il ait moins de répercussions sur la facture de nos citoyens et pour ainsi protéger le petit consommateur. Nous avons conclu un accord avec la compagnie française Suez pour la gestion de l'eau et l'assainissement de la vilel d'Alger, dès mars 2006. Nous sommes en consultation pour la gestion des villes d'Annaba, d'Oran et de Constantine. Ces partenariats vont permettre de passer à une gestion plus moderne.

Quels sont les grands projets, les perspectives de développement ?

Les transferts vers les régions déficitaires se feront grâce aux constructions de grands barrages. En 2004, nous avons réceptionné et 12 autres sont en cours de réalisation, ceci pour atteindre 69 unités en 2009. Nous pourrions ainsi centrer nos efforts, pour les cinq an à venir, sur des programmes de grands transferts de l'eau de barrage vers les villes, les villages et les périmètres agricoles. Ce sont des prijets très coûteux qui se chiffrent en millions de dollars.

Nous avons lancé, il y'a quelques mis, les transferts des eaux de barrage de Takbest afin d'assurer l'alimentation en eau des wilayas de Tizi Ouzou, de Boumerdes et d'Alger, soit près de 5 millions d'habitants. D'autres transferts sont également en cours, comme celui des eaux du barrage de Koudiat Acerdoune, d'un volume de 650 millions de m3, pour le renforcement de l'alimentation des wilayas du centre : M'sila, Bouira, Médéa, Tizi Ouzou et Alger. Par ailleurs, nous venons de lancer une très importante étude sur la possibilité d'utiliser les eaux fossiles dans le Sahara. Une immense nappe de l'Albien avec près de 30 000 milliards de m3 d'eau. Cette étude nous permettra, dans un proche avenir, de transférer cette eau vers les hauts plateaux et l'extrême Sud du pays. Ce sont des ressources non renouvellables, mais très importantes pour le pays. la réception de cette étude se fear bientôt. Des projets de transferts des eaux seront ainsi envisagés. D'ailleurs, nous avons déjà commencé par le transfet de l'eau d'In Salah vers Tamanrasset, sur près de 750 kilomètres. 

Pensez-vous que l'Algérie se sortira de sa situation de stress hydrique ?

L'Algérie se donne les moyens pour que, dans l'avenir, nous puissions assurer l'eau pour nos populations et notre économie. Aujourd'hui, nous oeuvrons pour capter l'eau, la mobiliser et surtout bien l'utiliser. Les projets mis enplace permettront de mobiliser toutes les ressources hydriques. Nous avons l'intention de faire en sorte que le citoyen algérien admette que l'eau, source de vie, est une aussi une source de plus en plus rare qu'il faut absolument préserver. Nous allons appuyer notre programme par des actions de communication à travers plusieurs supports pour que l'eau soit enfin considérée comme un bien indispensable au développement socio-économique du pays. 


 

 

 


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