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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Abedwahid Bouabdellah, PDG Air Algérie

Publié par Hakima Bedouani-Kernane sur 4 Juillet 2011, 14:48pm

Catégories : #Interviews

Publiée dans Arabies, Juillet/ Août 2011 

Abdelwahid Bouabdellah a mis en place le plan de redressement décidé par le gouvernement afin de moderniser la compagnie Air Algérie

Quels sont les investissments qu'Air Algérie a consentis pour le renouvellement de sa flotte et l'acquisition des différents équipements nécessaires à sa modernisation ? 

Actuellement, nous disposons de 40 avions et nous allons réceptionnés deux boeing 737 et 800 à la fin des mois de juin et juillet 2011. Pour les investissements, la compagnie a déjà acheté 11 avions ces deux dernières années. En 2011, nous avons mis en place un nouveau ''plan flotte'' qui va être discuté procahinement en conseil d'administration et qui concerne les gros porteurs, soit huit appareils : cinq Airbus A 330 et trois Boeing 767. Les trois Boeing dont dispose la compagnie ont plus de vingt ans et ce plan consiste à les donner en reprise en projetant d'acheter cinq autres avions. Nous tablons sur une flotte de douza avions gros porteurs d'ici à 2014. Nous comptons acquérir un simulateur de vol pour cette catégorie d'appariels. La compagnie Airbus nous a fait une proposition et Boeing fera de même. Nous allons bien entendu étudier les deux offres et choisir celle qui nous convient le mieux. Ce plan de flotte vise l'horizon 2015 et devrait nous permettre d'atteindre la taille de la compagnie Égyptair. 

Bien sûr, tous ces investissments vont en nécessiter d'autres, comme le matériel de servitude ainsi qu'un plan de recrutement et de formation. Nous sommes en train de former quarante pilotes dont vingt sont presque opérationnels. L’autre moitié va partir en formation dans une école à Batna.

D’autres projets d’investissements sont envisagés, notamment l’acquisition d’un système nouvelle génération de gestion des réservations et de paiement en ligne qui sera aussi en mesure de gérer la distribution. Ce logiciel suivra l’activité de réservation d’un vol jusqu’à l’embarquement. L’introduction de ce système va nous permettre de réaliser une interconnexion entre nos services. Ainsi, nous pourrons gagner du temps que nous consacrerons à améliorer d’autres services à notre clientèle.

Nous envisageons également l’extension du centre de formation de la base de maintenance et la création d’une filiale cargo avec des partenaires nationaux ou étrangers. En constante augmentation, cette activité cargo est prise en charge par d’autres compagnies alors que le trafic concerne notre pays. Nous souhaitons conquérir ce marché pour développer d’autres activités en amont comme le colis express, le colis postal, le fret des pétroliers du Sud, etc. Comme nous disposons d’un seul avion cargo, nous utilisons des soutes mixtes. C’est - à – dire que passagers et fret voyagent en même temps dans nos gros avions.

 L’activité de maintenance garantit la sécurité et la fiabilité de la compagnie à l’échelle nationale et internationale… Pourriez-vous nous éclairer sur les récentes rumeurs concernant la fiabilité de la flotte d’Air Algérie ?

 Tout d’abord, permettez-moi de dire que c’est bien la presse nationale qui nous a desservis en sonnant l’alarme. Comme toutes les autres compagnies du monde, nous sommes soumis à une surveillance européenne. Nous survolons et desservons l’Europe, il est donc tout a fait normal que nous soyons assujettis à des contrôles réguliers. Mais nous n’avons jamais été menacés d’une quelconque interdiction et il n’y a jamais eu d’audit dirigé. Les seuls qui ont été effectués sont des audits périodiques internationaux qui étaient programmés aussi bien pour l’aéroport que pour la maintenance.

Concernant les activités de maintenance et d’assistance, nous avons obtenu des qualifications internationales qui nous permettent de travailler en toute sérénité. Mieux encore, après la publication de ses rumeurs dans la presse nationale, nous avons lancé un appel d’offres international pour un audit sur l’ensemble des activités de la compagnie. C’est Air France Consulting quia été retenue pour effectuer ce travail. Air Algérie veut communiquer avec franchise et transparence sur ces activités.

En matière de maintenance, je ne vous cache pas que, lorsque je suis arrivé à la tête de la compagnie, en 2008, j’ai eu une situation difficile à gérer. Plus de 400 mécaniciens qualifiés sont volontairement partis avec une grosse prime de plusieurs milliers d’euros. Nos services étaient à l’arrêt. Depuis, l’activité a été reprise en main et fonctionne actuellement dans les meilleures conditions possibles. D’ailleurs, nous avons obtenu la plus haute distinction IOSA (IATA Operationnal Safety Audit) dans ce domaine.

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 Quelle est la stratégie de développement concernant vos plans de vols moyens et longs courriers pour les prochaines années ? 

La stratégie long-métrage se base sur deux axes : Alger/ Montréal et le pèlerinage en Arabie Saoudite. Pour la liaison Alger/Montréal, nous avons obtenu l’autorisation d’assurer un cinquième vol supplémentaire hebdomadaire en fonction de la demande. En ce qui concerne le pèlerinage, nous assurons un vol quotidien sur Médine et deux sur Djeddah. Cela représente, bien évidemment, un gros marché pour Air Algérie. D’autres compagnies étrangères comme Qatar Airways et Turkish Airlines sont également présentes sur ce segment. Concernant l’axe Alger/ Pekin, nous ne sommes pas déficitaires mais en équilibre. Le flux est surtout alimenté par les travailleurs et par nos partenaires qui opèrent dans le pays. Les algériens voyagent peu vers cette destination, alors que nous proposons des tarifs bas. Le billet coute l’équivalent de 600 euros en classe économique.

Enfin, le plus gros marché pour Air Algérie reste le marché français avec plus de 60% de notre activité à l’international. Nous comptons d’ailleurs multiplier nos fréquences pour parvenir au niveau des compagnies qui sont déjà établies, cela dans le cadre des accords commerciaux algéro-français. Ces accords ont été conclu à cet effet et stipulent une marge de partage avec 15% de tolérance.

L’autre axe qui rentre dans le cadre du développement de nos plans de vols concerne les vols domestiques. Contrairement à ce qu’on dit, nous n’avons pas le monopole sur ce segment. D’autres compagnies étrangères, de droit algérien, desservent certaines lignes dans le sud algérien ainsi que dans les régions pétrolières. A ce sujet, je tiens à préciser que nous sommes sur le point de conclure un accord avec la compagnie algérienne Tassili Airlines pour la desserte des lignes intérieures, dont certaines villes comme Annaba, Constantine et Oran, les hauts plateaux et le Sud du pays.

Votre politique tarifaire, notamment sur le marché français, va t-elle évoluer vers la baisse ?

Nous avons pour habitue de régulièrement proposer des tarifs promotionnelles. Nous sommes d’ailleurs les précurseurs dans ce domaine. Mais les compagnies étrangères présentes sur le marché algérien ont suivi notre démarche et communiquent plus que nous. Nous sommes en train de réfléchir à appliquer ces tarifs promotionnels sur les lignes du sud. Nous allons également proposer des tarifs spéciaux qui seront réservés aux familles et aux seniors. Bien évidemment, ces tarifs seront appliqués sous conditions : dates fixes et billets échangeables sous réserves. Même si je reconnais que, pour des considérations culturelles, nous allons avoir du mal à l’expliquer. Car nos compatriotes considèrent Air Algérie comme un service public et non comme une compagnie semblable à toutes les autres, qui doit être rentable pour assurer sa pérennité et son ascension.

Quel rôle la compagnie peut-elle jouer dans la promotion de la destination Algérie ?

Nous sommes bien conscients que nous avons un rôle à jouer dans la promotion du tourisme. En matière d’aménagement du territoire, nous sommes le seul outil qui puisse désenclaver certaines régions parmi les plus isolées, pour lesquelles nous obtenons de subventions de l’État. Nous allons également nous déployer plus au sud, ainsi que vers les hauts plateaux, des régions à fort potentiel touristique. Nous sommes entrain d’étudier  notre offre tarifaire pour la promotion de ces régions, mais aussi pour offrir aux autochtones la possibilité de voyager. Nous avons déjà sollicité les pouvoirs publics pour la suppression de certaines taxes pour la région du sud du pays.

Une autre contribution d’Air Algérie concerne la collaboration avec les acteurs du tourisme, pour lesquels nous proposons, en cas de besoin, de multiplier les vols vers certaines destinations. Toujours dans le même contexte, nous avons proposé aux autorités chargées du secteur de réserver des espaces dans nos agences à l’étranger pour faire la promotion de la destination Algérie. Enfin, nous avons proposé des espaces et des liens utiles pour la promotion des régions sur notre site Internet. Nous sommes partie prenante dans cette démarche qui ne peut être que favorable au développement de notre économie.

 

 

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