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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Mohamed Salah Boutlif, PDG Air Algérie

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 1 Février 2012, 09:56am

Catégories : #Interviews

 Publiée dans Arabies, février 2012 pages 34 à 36

 

 Consolidation et rentabilisation

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Diplômé de l'École nationale d'administration, Mohamed Salah Boutlif a rejoint Air Algérie comme chef de division en 1981. Désormais PDG de la compagnie, il dévoile son plan de développement. 

Dès votre nomination à la tête d'Air Algérie, des salariés ont protesté et bloqué le trafic durant plusieurs jours...Quel est l'état général de la compagnie et quelles conclusions en tirez-vous? 

Mohamed  Salah Boutlif:  En général, je préfère orienter mon regard vers l'avenir. cela dit, il est normal d'étudier les forces et les faiblesses d'une entreprise pour construire sa stratégie de développement. L'un des deux pricipaux points faibles de la compagnie concerne la forte concentration de ses activités. il faut dire que l'entreprise n'a pas été restrututée. C'est la raison pour laquelle il faudra mettre en oeuvre une stratégie permettant la réorganisation de la société à travers la création de filiales. Ces dernières seront notamment chargées des activités connexes comme le catering ( restauration), l'assistance au sol, les départemants logistiques et les services de maintenance. Le second point faible concerne le déséquilibre de son ration effectif/flotte. Avec 42 appareils et un trafic de 3,5 millions de passagers sur le total réseau, air Algérie emploie plus de 10 000 salariés...la compagnie compte le double du ratio nécessaire (230 salariés par avion). Une situation qu'il va falloir prendre en charge puisque nous envisageons de mettre en place une politique de gestion rationnelle à l'image des méthodes de gestion appliquées dans les compagnies aériennes à l'échelle internationale. 

 En revanche, je tiens à préciser que la compagnie dispose de points très positifs, comme la qualité de sa flotte dont la moyenne d'âge est de 7,6 ans. cette dernière est composée de 42 appareils de type Airbus et Boeing, dont 22 Boeing nouvelle génération 737 800 et 737 600 ainsi que 12 appareils régionaux de type ATR. le second point concerne le ratio d'endettement de l'entreprise, qui est très bas. Effectivement, Air Algérie a remboursé la totalité de l'emprunt institutionnel contracté en 2005 pour l'achat des avions. Le deuxième emprunt, octroyé par le Fonds national d'investissement ( FNI) et étalé sur une période de cinq ans, concernera la mise en oeuvre du plan de modernisation de la compagnie d'ici à 2015. 


Comment allez-vous gérer cet héritage et règler le problème du sureffectif ?

M. S Boutlif : La gestion de la question du sureffectif est d'une grande importance et nous comptons l'assumer avec sérénité. J'ai déjà annoncé un gel du recrutement. En outre, et contrairement à ce qui a été déclaré par la presse nationale, il n'y aura pas de départs en retraite anticipée, mais ceux correspondant à l'âge légal ne seront pas renouvelés. d'un autre côté, nous envisageons la création de filiales chargées des activités connexes du groupe comme le catering, le hadling ( l'assistance au sol), la maintenance et le cargo. des filiales qui pourrainet absorber le sureffectif de la maison mère. 


Allez-vous procéder à des changements concernant le recrutement du personnel navigant ? 

M. S Boutlif :  Curieusement, cette question du rajeunissement du personnel navigant a souvent été évoquée par les clients de la compagnie. nous allons procéder, de façon graduelle, à quelques changements en ce sens. ce n'est pas facile à mettre en place, mais c'est envisagé dans le cadre de la stratégie de modernisation de la compagnie. déjà, deux promotions de nouveaux diplômés travaillent dans les avions ATR régionaux. Nous comptons intégrer progressivement ces nouvelles recrues dans les avions grands porteurs. Par ce biais, je souhaite battre en brèche ce " principe de sériorité ".


Quelles sont les revendications des salariés? 

M. S Boutlif :  Elles concernent essentiellement les salaires et l'amélioration des conditions de travail. Nous avons donc engagé des négociations avec les représentants du syndicat qui ont abouti à une revalorisation salariale de l'ordre de 20%. Nous nous intéressons aussi à l'amélioration des conditions de travail et plus particulièrement à celle du bloc des opérations, dont la mise en place date de plusieurs années.

Nous avons dores et déjà procédé à quelques aménagements et nous envisageons de réorganiser le transport du personnel. Dans ce domaine, nous enregistrons un grand retard puisque la compagnie continue d'assurer le ramassage du personnel naviguant. En effet, les salariés des autres compagnies aériennes bénéficient d'une prime de transport et s'organisent pour être à l'heure à leurs postes de travail. aussi, nous avons engagé, en partenariat avec l'entreprise canadienne SMI, la construction d'un nouveau siège ultramoderne à Bab Ezzouar qui sera livré à la fin de 2013.

 

Quelle est la situation financière de la compagnie? 

M. S Boutlif L'entreprise n'est plus endettée. Comme vous le savez, l'endettement est la principale menace pour les companies aériennes. Or, Air Algérie a remboursé ses emprunts et fait des bénéfices. Même si l'augmentation du prix du carburant et la revalorisation des salaires ont augmenté nos charges, notre tésorerie reste bonne. pour assurer la pérennité de l'entreprise, nous mettons aussi en place une politique de maîtrise des coûts de fonctionnement. L'association des compagnies aériennes arabes (Aaco), dont nous sommes membres, a négocié des prix compétitifs avec les fournisseurs de carburants. cette initiative nous apermis de réaliser des économies non négligeables.

Évidemment, notre politique de rationalisation des dépenses nous amène à adapter nos avions en fonction de l'importance du flux de passagers. Plus concrètement, les avions de 260 sièges sont plutôt programmés sur les destinations comme Montréal, Djeddah, Dubai et Pékin. 


Que faire pour rester compétitif face à une forte concurrence sur le marché? 

M. S Boutlif : Notre stratégie de développement est basée sur la consolidation de notre part de marché sur le réseau habituel ( de point à point sur le continent européen et les pays du Moyen Orient). La concurrence est forte en raison de la présence de nombreuses compagnies européennes et arabes. Sur le Moyen Orient, par exemple, Qatar Airways va doubler ses fréquences vers l'Algérie en passant à un vol biquotidien à partir de mars 2012...Le marché sur lequel nous avons le moins de concurrence est le marché africain. C'est pourquoi nous souhaitons nous rédployer sur le continent. Actuellement, nous n'assurons que cinq déssertes alors que Royal Air Maroc, par exemple, en assure 23.  Nous sommes en phase de réflexion pour l'ouverture de nouvelles lignes sur le continent durant l'année 2012.

Notre stratégie de développement repose aussi sur la rentabilisation de nos lignes long-courriers comme Alger-Montréal et Alger-Pékin.  Pour le marché chinois, Alger pourrait devenir une porte d'entrée pour le continent africain, notamment en raison de l'implantation des entreprises chinoises en Algérie ainsi que dans les pays de l'Afrique subsaharienne. 

Notre vision d'avenir est d'optimiser ce marché et de renforcer le hub d'Alger, en partenariat avec l'aéroport international d'Alger dont la gestion est confiée à Aéroports de Paris ADP. Air Algérie compte aussi développer les vols de transit. ce trafic ne représente que 3% du transport aérien  alors qu'il détient les deux tiers de l'activité de certaines compagnies du Moyen Orient comme Émirates ou Qatar Airways. Air Algérie va donc conclure des partenariats et mettre en place des infrastructures adéquates, comme les hôtels à proximité de l'aéroport, ainsi que l'organisation des correspndances horaires des différentes destinations.


Quelle est votre position sur le marché interne?

M. S Boutlif : Nous sommes concurrencés par l'autoroute Est/ouest ainsi que par le rail, qui est en développement. La baisse du trafic a été évaluée à 12% entre 2009 et 2010. Mais le pays couvrant un vaste territoire, la compagnie compte participer au désebclavement des villes du Grand Sud. Air Algérie va jouer un rôle important en ce sens. Nous avons renforcé nos dessertes en ajoutant des vols vers le Sud du pays. Nous comptons aussi participer à la politique étatique de développement du tourisme domestique, prônée par le ministère du Tourisme et de l'Artisanat. cela consiste à accorder des réductions tarifaires aux tours opérateurs pour la saison touristique ( de septembre à avril). Cette réduction peut aller jusqu'à 50% de la tarification. Grâce à cette offre, les résultats de la fréquentation touristique 2011 sont satisfaisants. 

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