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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Nouara Djaffar, ministre déléguée à la famille et à la condition féminine en Algérie

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 2 Février 2012, 10:12am

Catégories : #Interviews

Interview publiée dans Arabies, Février 2012, pages 58,59

''La priorité, c'est l'éducation''

Noura Djaffar. Ministre déléguée à la famille

 

Ministre déléguée à la famille et à la condition féminine en Algérie, Noura Saadia Djaffar estime que le statut de la femme a connu de véritables avancées dans son pays. Mais le plus dur reste à faire...

 

Quels sont les principaux acquis dans la consolidation des droits des femmes algériennes ces deux dernières années? 

 Sans aucune hésitation, je dirais que la loi sur les quotas est le principal acquis dans le processus de consolidation dess droits des femmes algériennes. cette loi organique , qui donne corps à l'article 31 bis de la constitution, renforcera l'implication des femmes dans l'espace politique, notamment au niveau des assemblées élues. Cette mesure dont bénéficieront les femmes algériennes, y compris celles de la diaspora, va certainement anticiper le changement positif. Car toute liste partisane ou indépendante doit obligatoirement comporter le taux de candidatures féminines défini par la loi, sous réserve du rejet de toute liste ne respectant pas cette disposition.

Je pense également que les femmes, principalement les jeunes, doivent saisir cette opportunité et s'investir pleinement dans la pratique politique et citoyenne afin de consolider leur présence dans la société et contribuer au développement durable. Principalement par cette mesure de quotas qui est répartie comme suit concernant les élections de l'Assemblée populaire nationale (APN) :  50% de sièges réservés aux femmes algériennes de la diaspora; 40% quand le nombre de sièges est égal ou supérieur à 32;  35% quand le nombre de sièges est égal ou supérieur à 14; 30% si le nombre de sièges est égale ou inférieur à 5; et enfin 20% si ce nombre est égal ou inférieur à 4.

Quant aux éléctions des Assemblées populaires de Wilayate, la répartition est la suivante : 30% de sièges sont retenus si le nombre varie de 37 à 47;  et 35% entre  51 et 55 sièges. Enfin, concernant les élections des assemblées populaires communales ( APC), ce sera 30% si elles se trouvent dans le chef-lieu des dairas ou si leur population dépasse 20 000 habitants.

Je crois aussi que la condition féminine a connu, ces deux dernières années des avancées significatives en matières d'élaboration et de mises en oeuvre d'action spécifiques. A l'image du plan opérationnel de la stratégie nationale d'intégration et de promotion des femmes ou de lancement du programme commun pour l'égalité et l'autonomie des femmes.

 Quel sera  le rôle de la femme algérienne en poltique, depuis le vote des récentes réformes sur les partis politiques et le quota des femmes imposé sur les listes électorales? 

Il est évident que ces réformes vont stimuler davantges les femmes dans leur engagement politique, mais toute réforme législative ne peut à elle seule conduire au changement souhaité.  Ce qui nous amène à dire que l'ensemble des paries prenantes - à commencer par les partis politiques, les médias et le mouvement associatif- a un rôle considérable à jouer en vue d'assurer les conditions les plus appropriées de faisabilité et de réussite des réformes adoptées.

La réussite des réformes relative à a promotion des droits des femmes dans la sphère politique est donc essentiellement liée à l'instauration d'un environnement favorable. Et ce dernier sera créé par des actions interdépendantes et des apports concomitants qui diront toute la conviction et l'implication des parties prenantes. c'est à travers cette approche que nus espérons atteindre un seuil de candidatures féminines pour les procahines élections qui irait bien au delà de 30% de sièges.

 

On a assisté, lors des débats, à une vive polémique concernant le pourcentage de représentativité des femmes sur les listes électorales... Qu'en pensez-vous? 

La divesité des avis, signe positif de l'apprentissage démocratique, se caractérise, entre autres, par les débats soulevés autour des questions qui concernent le suivi d'évolution de la société ainsi que l'amélioration des conditions de vie des citoyens et citoyennes.

La spécificité de certains thèmes, comme celle qui est liée au pourcentage de représentativité des femmes sur les listes électorales, s'appuie généralement sur un héritage socioculturel ancestral, le quel rend le débat plus vif et parfois passionné. Mais le plus important reste que le choix démocratique ne soit pas contesté et que la voix de la majorité soit toujours respectée.

 

Quelles sont , selon vous, les principales actions qu'il faudra mener pour assurer une meilleure sensibilisation quant à la question de l'égalité entre les femmes et les hommes? 

Nous avons et nous aurons beaucoup à faire pour améliorer la sensibilisation afin de promouvoir l'égalité des chances entre hommes et femmes. C'est d'ailleurs la raison pour la quelle le ministère délégué à la Famille et à la Condition féminine fait cette sensibilisation une axe stratégique de son plan d'action. A cet égard, nous développons des actions variées en direction des populations cibles, dont les journalistes, les associations et les femmes élues. Sans oublier le public, que nous essayons d'atteindre à travers les médias et les plans de communication.

Parallèlement à ces dispositions, en synergie avec nos partenaires institutionnles et autres, nous axons nos efforts sur la sensibilisation et l'habilitation des familles afin de les impliquer dans cette démarche. Car la sensibilisation passe, en priorité, par l'éducation au sein de la famille et de l'école.

Il faut aussi reconnaître que la réforme du système éducatif contribue grandement à l'amélioration du niveau de sensibilisation aux principes d'égalité. Notamment par le biais de la révision des manbuels scolaires et l'élimination des modèles stéréotypés véhiculés ici et là. On ne le dira jamais assez, mais la sensibilisation et l'éducation sont des questions sociétales qui incombent à tous. 

 


 


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