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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Interview Noureddine Bouterfa, P-DG du groupe Sonelgaz

Publié par Hakima Bedouani-Kernane sur 3 Janvier 2011, 11:50am

Catégories : #Interviews

Interview publiée dans Arabies, janvier 2011

 

 

img067.jpgQuelle est la position de sonelgaz concernant le projet Desertec ? 

 

Desertec est parfaitement assimilable au projet algérien proposé lors de la conférence sur le développement et le fonctionnement des grands réseaux interconnectés organisée par l’ancienne Uniped à Tunis, en mai 1993. On avait alors évoqué une production de 100GW à partir de centrales solaires, situées dans le Sahara algérien, dont une partie devait être transférée à l’Afrique du Nord et à l’Europe à travers la boucle électrique méditerranéenne en projection. Cette idée a ensuite été relancée lors de la réunion ministérielle sur les interconnexions Maghreb -Europe. Organisée à Alger, e 18 septembre 1995, ce sommet regroupait les ministres de l’Énergie espagnol, tunisien, marocain, algérien, libyen et égyptien. Il est heureux que l’idée, depuis, ait fait son chemin.

 

Chargée de réaliser les études de faisabilité et d’accélérer la mise en œuvre du projet, la Desertec Industrial Initiative (DII) n’est ni un investisseur ni un réalisateur. La fondation Desertec s’applique sommairement à démontrer que l’idée de fournir plus de 50% des besoins en électricité de l’Afrique du Nord, de l’Europe et du Moyen Orient à partir d’énergie solaire produite dans le désert africain est réalisable, pour autant que les accords nécessaires soient conclu. La DII ne propose donc pas de projets concrets. En tant que groupe énergéticien disposant de notre propre programme d’énergie renouvelable, nous suivons le développement de cette initiative avec intérêt et nous attendons que le processus prenne forme. Mais il y’a lieu de répondre à certaines préoccupations liées à la composante même de la société DII Gmbh, qui réunit des opérateurs de l’industrie électrique et des fabricants d’équipements dont les intérêts ne sont pas toujours convergents… De même, les impératifs et tenants des stratégies commerciales et de développement ne sont pas réglés. Il s’agit là de la considérations, qui souvent, ne sont pas du seul ressort d’une association et d’industriels, mais de gouvernements et d’États qui ne sont pas partie prenante dans cette initiative.

 

Comptez-vous participer au Plan solaire méditerranéen (PSM), intégré dans le cadre du projet Union pour la Méditerranée (UPM) ?

 

 

Sonelgaz peut être engagé dans la réalisation de projets de développement inscrits dans la politique énergétique générale adoptée par l’État algérien. Naturellement, nous sommes favorables à tout projet qui favoriserait le développement des énergies renouvelables en Algérie et dans toute la région de la Méditerranée Le PSM, comme tout autre projet de grande ampleur, est tributaire du renforcement et de la sécurisation des interconnexions avec l’Europe, en réalisant notamment de nouvelles liaisons directes qui connecteront l’Algérie à l’Espagne et à l’Italie. Des études de faisabilité techniques ont d’ailleurs été réalisées, mais la problématique du financement reste posée.  Nous participons comme expert à l’une des études financée par la commission européenne qui est liée au projet intitulé «  Paving the way for Medirranean Solar Plan »

 

Sonelgaz a été sollicitée en 201à pour prendre part à un consortium regroupant des opérateurs des rives nord et sud de la Méditerranée. Cela en vue de répondre conjointement à un appel d’offres lancé par l’union européenne, qui consiste à établir dans la région euro-méditerranéenne un cadre législatif et réglementaire propice à l’adoption, à l’utilisation et au développement à grande échelle des énergies renouvelables. Le consortium est constitué de Sonelgaz, des gestionnaires du Réseau de transport d’électricité d’Italie (Terna) et de France ( RTE International), du centre national de recherche nucléaire italien (Enea) et d’un bureau de Consulting allemand (WVV-Decon). A travers sa participation, Sonelgaz compte développer son expertise des énergies renouvelables en jouant son rôle de «  grand énergéticien » de la région afin de ne pas rester à l’écart de la dynamique qui fera sans doute l’avenir de la Méditerranée.

 

Quelle est la stratégie adoptée par Sonelgaz dans la production de l’énergie solaire ?

 

Nous avons la prétention de développer une véritable industrie du solaire en Algérie, associée à un programme de formation et de capitalisation qui nous permettrait à terme d’employer notre génie local et d’asseoir un savoir-faire efficient. L’intégration massive du renouvelable dans le creuset énergétique algérien constitue en ce sens un enjeu majeur pour préserver nos ressources fossiles, diversifier nos sources de production de l’électricité et contribuer durablement à la préservation de l’environnement.

 

L’intégration de la société Rouiba Éclairage dans le groupe Sonelgaz, en 2009, témoigne de notre volonté de lancer une usine de fabrication de panneaux solaires unique en Afrique, d’une puissance totale de 100MW par an à partir de 2012. L’usine répondra aux besoins des sociétés du groupe qui envisagent d’associer la production solaire à celle de l’électricité, dont le combustible est le fuel, notamment dans les sites isolés et reculés qui ne sont raccordés au réseau. Cela permettra à nos sociétés de faire des économies de combustible, de réduire l’impact du transport et, par conséquent, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette perspective, un ambitieux programme de développement des énergies renouvelables, notamment d’énergie solaire, est en cours de lancement chez Sonelgaz. Il s’agit de constituer, d’ici à 2020, une capacité de production d’énergie électrique solaire de plus de 2000 MW à partir de centrales solaires thermiques à concentration, d’éoliennes et de panneaux photovoltaïque. Par ailleurs, plus que la réalisation des panneaux, Sonelgaz compte encourager la fabrication locale de tous les constituants de la chaine solaire, tels que les accessoires et fournitures annexes aux modules. Le groupe souhaite également acquérir et développer cette technologie grâce aux partenariats engagés en matière de recherche et de développement.

 

 

 

 

 

 

 

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