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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


La gestion déléguée des ressources en eau

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 26 Mars 2012, 08:50am

Catégories : #Énergies - développement durable

Publié dans African Business, Avril-Mai 2012 

 

Confrontés à une explosion des besoins hydriques et disposant de possibilitées limitées en matière de financements, les États africains ont fait appel à l'expertise d'opérateurs privés étrangers pour la gestion de leurs ressources en eau. Trois objectifs sont visés : l'amélioration de la qualité des services, la mise en place d'une gestion moderne ainsi que le transfert de savoir-faire technologique. 

Hormis quelques contrats interrompus comme au Benin et au Tchad, l'apport du secteur privé dans la gestion des ressources en eau est concluant. Grâce aux partenariats, les entreprises locales ont également bénéficié d'un apprentissage aux métiers de l'eau. L'expérinece de la compagnie SAUR, filiale du groupe français Bouygues, est significative. La compagnie a conclu des contrats d'affermage ou de concession avec des organismes étatiques dans de nombreux pays comme le Sénégal, le Mali, la Côte d'Ivoire, la Guinée, l'Afrique du Sud et le Mozambique. Le groupe français s'est engagé à faire bénéficier les ouvriers africains de cycles de formation et de perfectionnement pour la qualification de la main d'oeuvre nationale aux métiers de l'eau. La société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire (SODECI), filiale de la SAUR, gestionnaire du réseau de distribution, du transport et de la production des ressources en eau de la ville d'Abidjan, a fait participer les Ivoiriens à ses activités, notamment en recrutant des cadres nationaux. Forte de cet engagement dans le développement de ce secteur, la Sodeci a attiré les investisseurs locaux qui disposent de 50% du capital de l'entreprise. Ainsi certaines activités comme celles de l'épuration des eaux et la mobilisation de l'eau pluviale ont -elles été confiées à des prestataires privés. Eba Basile, directeur général de Sodeci, indiquait que << le renouvellement du contrat d'affermage avec l'État est gagnant-gagnant entre les deux parties >>

 

Partenariat public-privéLes partenariats entre entités publiques et sociétés étrangères privées ont permis l'accroissment du taux de raccordement à l'eau potable des zones urbaines et l'amélioration de la qualité des services offerts aux consommateurs. Les opérateurs privés ont pu diminuer le rationnement de l'eau en Guinée, au Gabon, au Niger et au Sénégal. Notons que le progrès enregistré par les entreprises a un impact positif sur l'accès des entreprises locales aux financements. Les bénéfices générés par ces entreprises sont généralement réinjectés dans d'autres projets comme ceux qui concernent l'extention du réseau de distribution, la généralisation de l'accès à l'eau potable et la rénovation des infrastructures. En effet, un grand nombre de barrages et de canalisations, construits depuis des décennies, ont besoin d'être rénovés. En dix ans de pratique du partenariat public/privé, le raccordement au réseau de distribution est passé de 58% à 76% en Afrique de l'Ouest. Des bailleurs de fonds comme la Banque africaine de développement et la Banque mondiale s'activent avec les gouvernements pour améliorer l'accessibilité à l'eau potable et en diminuant le déperdition. Des rencontres internationales sont souvent organisées pour permettre  aux organismes et experts d'échanger leurs expériences.

Dans les pays du Maghreb , des investissments importants ont été consentis pour l'amélioration de la mobilisation de l'eau. Des barrages, des usines de dessalement de l'eau de mer et des programmes de transferts des eaux ont éte réalisés afin de diminuer les effets du stress hydrique. 

 

L'eau, une marchandise comme une autre ?

 

Même si l'eau, essentielle à la vie, continue de jouer un rôle social, les opérateurs économiques considèrent la production, le traitement et la gestion des ressources hydriques comme une activité industrielle à part entière. << L'eau est un bien marchand comme tous les autres >> , arguent -ils. D'ailleurs, les contrats de concession d'affermage conclus avec les États africains comportent quelques imperfections. La Société d'énergieet d'eau du Gabon (SEEG), filiale gabonaise de Veolia, est en cours de négociation avec l'État gabonais pour la révision de certaines clauses du contrat. En effet, des coupures incessantes remettent en cause l'entente entre les deux parties. Le même problème est également constaté dans les filiales marocaines, Amendis et Redal, chargées de la distribution de l'eau, de l'électricité, et des services d'assainissement des villes de Tanger et Rabat dont les habitants dénoncent la hausse exagérée des tarifs pratiqués par la compagnie française. L'Office national marocain de l'eau potable (ONEP), qui contrôle la Société camerounaise des eaux depuis 2008, rencontre également des difficultés à satisafaire les besoins croissants de la population urbaine camerounaise.

Cela dit, les expériences positives dans la gestion déléguée sont nombreuses ( Niger, Algérie). Les entreprses africaines, privées ou publiques, émergent et font leurs preuves sur le terrain. L'ONEP marocain étend ses activités sur le continent, comme à Nouakchoutt et à Conakry. La difficulté du terrain ne fait pas reculer ceux qui sont confiants dans l'avenir du continent. Le changement est graduel, mais possible. 

 


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