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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


La nécessaire réorganisation du marché des médicaments

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 4 Janvier 2012, 08:33am

Catégories : #Économie Algérie

Article publié dans le Magazine de l'Afrique, Janvier - Février 2012

Pénurie fréquente et réccurente, rupture de stockset/ou spéculation, le marché algérien des médicaments souffre de grave dysfonctionnements. les structures de santé sont confrontées à des situatins difficiles à gérer et les patients, impuissants, attendent parfois longtemps le traitement adéquat. Une situation à laquelle le gouvernement tente de remédier. 

Le dysfonctionnement qui caractérise le marché des médicaments perdure en Algérie.  Certains médicaments, préscrits dans le cadre de traitement de maladies graves et/ou chroniques, sont en rupture de stocks. Et l'État déplorable de certains hôpitaux, dont la grande majorité sont des centres hopitaliers universitaires manquant de moyens, ne contribue pas à soulager la détresse des malades.

Peut-on parler de pénurie ou s'agit-il de spéculation? Les avis sont partagés. Les responsables des structures de santé et les praticiens ne peuvent délivrer les médicaments nécessaires aux patients. Les ruptures sont fréquentes. Le monopole des importateurs privés est pointé du doigt. La prédominace de la spéculation est évoquée sans tabou dans les journaux. Pourtant, cette filière relève du domaine public. L'État doit assurer la santé de ses citoyens. la question est d'autant plus préoccupante que le pays dispose de moyens non-négligeables pour assurer des soins adéquats aux malades. Des médicaments vitaux comme les anti-cancéreux ou ceux destinés au traitement des maladies cardio-vasculaires, doivent être disponibles en quantités suffisantes dans les officines et les établissments hospitaliers. Or, c'est loin d'être le cas. Les amaldes atteints de pathologies chroniques doivent se débrouiller seuls pour se procurer leur traitement. Que faire face au désarroi d'un malade atteint de cancer, et qui ne peut bénéficier à temps d'une radiothérapie et/ou d'une chimiothérapie? Au centre de traitement du cancer Pierre et Marie Curie de l'hôpital Mustapha bacha, à Alger, les malades doivent attendre près d'un an pour obtenir un rendez-vous. <<  Des centaines, voire des milliers de malades attendent des soins, nombreux sont ceux qui succombent faute de traitement >>, s'insurge Hamida Kettab, secrétaire générale de l'association El Amel- CPMC. Le service de radiothérapie étant fermé pour maintenace, les malades sont livrés à eux -mêmes. "Je suis déspérée, car je dois subir des séances de chimithérapie et on m'informe que je ne pourrai le faire avant au moins six mois ", confie une patiente. 

Le président du syndicat national algérien des pharmaciens d'officines (Snapo), Messaoud Belambri, a fait part du manque inquiétant de médicaments dans les pharmacies et les hôpiaux, alors qu'un stock de 10 000 tonnes de médicaments périmés avait été constaté, en juin dernier, dans l'ensemble des officines. En juillet le Snapo a repertorié 230 manquants, dont 170 concernent le traitement du Sida, du cancer, des insuffisances rénales, ainsi que les pilules contraceptives. de son côté, le docteur Chérif Dellih, directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui achète et distribue les médicaments aux établissements de santé, a indiqué que sa structure ne peut maintenir un stock de sécurité de six mois. Le syndicat algérien de l'industrie pharmaceutique (SAIP) évoque l'influence des multinationales qui détiennent le monopole sur leurs molécules et ne délivrent pas d'autorisations pour la commercialisation des génériques dans les pays du Sud. Épineuse question discutée à l'échelle mondiale.

 

Investir dans la production locale

Malgré l'existence d'une production qui couvre près de 38% des besoins locaux, l'Algérie est le premier importateur de médicaments du Maghreb. Ses pricipaux fournisseurs sont la France, la Belgique et la Jordanie, et toutes les classes thérapeutiques son concernées. Parmi les importateurs, certains ne sont des professionnels du secteur, car le marché étant très lucratif, la spéculation y est vive. Des médicaments sont ainsi stockés pendant des semaines, en prévision de la prochaine pénurie qui provoquera un renchérissement de leur prix. face à cette situation calamiteuse, Djemel Ould Abbes, ministre de la Santé, de la population et la réforme hospitalière, répondant aux reproches du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a récemment admis que le secteur des médicaments est dans un état " déplorable". Pour y remédier, Ould Abbes a adopté, plus tôt que prévu, le programme des importations de médicaments pour l'année 2012, et n'a délivré des autorisations qu'à 69 opérateurs privés contre 120 opérateurs en 2010. << L'objectif de la nouvelle stratégie mise en place par le gouvernement est d'organiser le marché des médicaments et d'assurer leur disponibilité >> a t-il déclaré. Selon le ministre, il ne s'agit pas tant de pénurie que d'une mauvaise organisation du réseau de distribution. Pour remédier aux nombreux dysfonctionnements, il appelle les producteurs locaux à distribuer leurs produits dans les officines et les pharmacies rattachées aux secteurs de santé. Les spécialistes du secteur demandent au ministère de réaliser une étude approfondie afin de déterminer la quantité de médicaments existente sur le marché, et de mettre ainsi en évidence les réseaux parallèles opérant dans ce secteur d'activité. 

L'Algérie ambitionne de devenir, en partenariat avec des laboratoires pharmaceutiques étrangers, un producteur référent du médicament générique dans la région du Maghreb. L'objectif d'un tel projet étant de satisfaire 70% de ses beoins en 2014. Selon le ministre, la production actuelle répond à 38% de la demande nationale dans le traitement du diabète et de l'hypertension. le ministre a donc invité les importateurs algériens à investir dans la production locale, et une convention a été passée avec le goupe américain Pharma - qui est constitué de phirmes pharmaceutiques et de laboratoires de recherches- afin de mette en place des programmes communs. Un comité de pilotage devrait être mis en place pour établir un partenariat dans le domaine biotechnologique, d'ici à 2020. 

L'agence nationale du médicament, chargée de réguler, surveiller et contrôler le marché, et qui est attendue depuis 2008 sera bientôt opérationnelle. Le contrôle de la surfacturation a déjà permis de réaliser 94 millions de dollars d'économies en 2010. Par ailleurs, des contrôles systématiques seront effectués dans les ports et aéroports afin de lutter contre les importations illicites.

Malgré les quelques réformes entreprises, la politique nationale de santé est très critiquée. On lui reproche son manque d'ampleur : procéder par des mesures ponctuelles ne permettra pas de répondre aux attentes des professionnels et des usagers. Développer la production de génériques - qui ne peut répondre à la totalité de la demande locale acteullement- et contôler la surfacturation ne suffiront pas à assainir le marché des médicaments dans le pays. Pourtant, le marché algérien des médicaments est très dynamique. Les importations sont évaluées à 2 milliards de dollars en 2011. La situation géographique du pays est également très favorable au développement de l'exportation vers l'Europe, le Moyen- Orient et l'Afrique. Mais les modalités de partenariat( 51% à la partie algérienne contre 49% aux partenaires étrangers) dissuadent souvent les firmes de s'implanter. Et les grands programmes annoncés n'ont pas encore vu le jour. 


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