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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Les importations de véhicules explosent.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 26 Mars 2013, 09:44am

Catégories : #Économie Algérie

Paru dans Arabies, mars 2013

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Avec plus d’un demi-million de véhicules importés en 2012, dont la part du lion revient aux marques françaises, le marché algérien est un des plus dynamiques au monde

 Malgré les mesures restrictives - une taxe de 50,000 à 150,000 dinars sur les voitures neuves, et le gel du crédit à la consommation - instaurées par le gouvernement algérien en 2008 pour freiner les importations de véhicules -, les algériens continuent à s'équiper en voitures de toutes catégories.

En effet, selon les chiffres publiés par les services de douanes algériennes, 568 610 véhicules ont été importés en 2012 contre 390 140 unités en 2011, soit une progression de 45,75%. Quant à la facture des importations, elle est passée de 354,16 milliards de dinars en 2011 à 514,43 milliards de dinars en 2012, soit une augmentation de 45,25%. 

 Le constructeur français Renault arrive en pôle position avec 115 502 véhicules contre 75 956 unités en 2011, soit une hausse de 52,06%. La valeur des voitures vendues est de 91,83 milliards de dinars. Quant à l'autre marque française Peugeot, elle occupe la seconde place avec 65 756 voitures avec une valeur de 61,75 milliards de dinars contre 35 130 et 32,65 milliards de DA en 2011, soit une hausse de 87,18 %.

La troisième position est occupée par le constructeur coréen Hyundai lequel a vendu 51 048 véhicules contre 50 697 unités vendues en 2011, soit une progression de 14,89%. Ce qui représente une valeur de 33,84 milliards de dinars contre 29,46 milliards de dinars en 2011.

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Une forte demande. Selon les spécialistes du secteur, cette frénésie pour l'achat de voitures n'est pas prête de s'arrêter puisque la demande est très forte sur le marché. Plusieurs facteurs expliquent cet engouement : le pays enregistre un déficit très important en matière d'infrastructures de transport en commun.

Malgré les efforts de l'État dans la relance du secteur des transports, les algériens éprouvent de grandes difficultés dans leurs déplacements quotidiens. Selon les experts, le rebond des ventes est également expliqué par la hausse du pouvoir d'achat, dans le sillage des revalorisations salariales et l'octroi des primes accordées par les pouvoirs publics dans divers secteurs d'activités tels que la fonction publique, l'éducation et la santé en 2012.

Quant au premier ministre algérien, Abdel Malek Sellal, il a indiqué : « Cette augmentation des importations est expliquée par l'augmentation de la demande mais aussi due à la dérégulation du marché ».

Les acheteurs, comme Nadia, profitent de l'amélioration de leurs revenus pour changer de voitures en choisissant un modèle plus en vogue sur le marché. « Lorsque j'ai acheté ma première voiture, je n'avais pas vraiment la possibilité de choisir le modèle que je voulais. Le plus important était de m'équiper pour faciliter mes déplacements. Aujourd'hui, j'ai le choix » explique t-elle à ce sujet.

Vers des mesures restrictives pour freiner  les importations ?

Les pouvoirs publics s'apprêtent à mettre en place des mesures pour freiner les importations massives de véhicules. Une instruction émanent du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, datée du 20 novembre de l’année dernière, a été adressée aux ministres du Commerce, des Transports, de l'Industrie et des Finances. L'objectif de l'instruction du Premier ministre est de trouver des solutions pour lutter contre les importations qui ne répondent pas aux critères de sécurité et de fiabilité qui sont stipulés dans le décret 07 -390 du 12 décembre 2007. Ce dernier, qui fixe en effet les conditions et les modalités d'exercice de l'activité de commercialisation des véhicules automobiles neufs, n'est pas respecté par tous les concessionnaires opérant sur le marché. A ce sujet, le Premier ministre  a précisé : « qu'il n'est autoriser à l'importation qu'aux seuls concessionnaires dûment agrées ».

L'instruction du Premier ministre vise également la réorganisation et la régulation du marché de l'automobile. Selon certains observateurs, des mesures sont en cours et devraient êtres adoptées lors de la prochaine loi de finances complémentaires en juillet 2013. L'une des premières mesures concernera l'homologation des véhicules en matière de stabilité et de sécurité. Plus concrètement, désormais, il ne sera plus possible d'importer des voitures non équipées en ABS et en Airbag. A ce sujet, l'association des concessionnaires algériens AC2A a reconnu que des véhicules démunis de ces systèmes de sécurité sont mis en vente dans le pays. Pour rappel, le nombre de tués par accidents de la route est des plus importants à l'échelle mondiale.  

D'autres mesures restrictives sont également à l'études par les par le gouvernement comme celle qui concerne la limitation des délais de livraison. Actuellement fixés actuellement à 45 jours, les délais de livraison sont largement dépassés par les concessionnaires faute de disponibilités suffisantes. La nouvelle mesure devrait obliger les concessionnaires à vendre que les unités disponibles en stock

Après des années de négociations entre les partenaires algériens et français, un accord de partenariat industriel a été conclu le 19 décembre 2012 entre le constructeur de véhicules Renault, (avec 49% du capital), la société nationale de véhicule industriel (34%) et le Fonds national d'investissement (17%) pour la réalisation d'une usine de montage de voiture Renault dans la commune de Tlitet, à 30 km d'Oran dans l'Ouest du pays. Ce projet nécessitera un investissement de 50 millions d'euros dans une première étape et de près de 100 millions d'euros dans une seconde étape.

Créations d’emplois. La première voiture Renault, Renault Symbol, montée par la société mixte Renault Algérie Production, sortira de l'usine en novembre 2014. L'usine produira 25 000 voitures par an et atteindra une capacité de production de 75 000 véhicules d'ici à 2019. Elle permettra également la création de près de 500 emplois et pourrait atteindre les 1200 emplois dans quelques années. Dans le cadre de ce partenariat, il est également prévu le transfert de technologie et une formation du personnel algériens aux métiers de l'automobile.

L'implantation de la nouvelle usine de montage va t-elle favoriser le développement d'une filière automobile complète avec un tissu national de fournisseurs fiables ? « Nous sommes là pour développer des compétences industrielles autour de l'automobile qu'on va faire en commun », a déclaré Arnaud Jaeger, représentant du constructeur français lors d'une conférence de presse organisée à Alger. «Nous ferons des produits de qualité, tout en respectant les règles et les normes de qualité Renault »  a t-il expliqué à ce sujet. Selon les responsables du projet, à ce jour, dix fournisseurs nationaux ont été retenus et cinq autres sont en cours de consultation. Il faut dire que l'augmentation de la capacité de production de cette usine dépendra également de l'évolution du tissu national de sous - traitance. Un défi qu'il faudra relever pour faire renaitre une industrie mécanique qui a connu un dynamisme certain dans les années soixante dix.

Selon les professionnels du secteur, le marché algérien de l'automobile est prometteur. Car près de 50% du parc automobile algérien à plus de dix ans. L'installation d'unités de montage et de production de véhicules, de tourisme ou des utilitaires, répondra aux besoins pressants du marché local. A ce titre, les débouchées de la future usine Renault, dont la production est  de 25000 véhicules /an, n'aura, semble t-il, aucun souci à écouler sa production sur le marché local. Notons que cette usine produira la Renault Symbol, une voiture très demandée par les acheteurs aux moyens modestes. Pour rappel, d'autres constructeurs - comme l’allemand Volkswagen - étudient l'opportunité d'implanter des unités de production dans le pays

Développer une industrie automobile.  L'Algérie va t-elle faciliter les initiatives pour les investissements directs et consolider ses partenariats avec les constructeurs étrangers afin de développer une industrie automobile ? Les pouvoirs publics vont-ils procéder à la réorganisation stricte des activités tournant autour de l'industrie automobile comme le marché de l'occasion / reprise et la mise en place de centres de réparation et de maintenance. Les pouvoirs ne devraient-ils pas encourager les partenariats, entre nationaux et/ou étrangers, afin de permettre l'émergence d'un tissu industriel fiable dans les activités annexes au secteur ? D'autant plus que ces activités annexes permettront au pays de créer des emplois directs et indirects, de quoi résorber le chômage dont le chiffre reste très élevé dans le pays.   

Les perspectives prometteuses prévues pour les prochaines années ne devraient-elles pas être un signe fort pour la mise en place d'une véritable politique d'industrialisation du secteur de l'automobile ? La future usine Renault est-elle un premier pas vers cette transition tant espérée par les opérateurs économiques algériens. ? Affaire à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

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