Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Marché IT, le Maroc maintient son leadership dans la région

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 26 Octobre 2013, 11:31am

Catégories : #Économie Maroc

Paru dans Cio Mag, Octobre / novembre 2013

Telecoms-ANRT-Maroc--2013-09-19-.jpg

L’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication permet l’optimisation de la gestion et la productivité des entreprises et des institutions, le développement du savoir et des compétences ainsi que le renforcement de la cohésion sociale. Mieux encore, les spécialistes considèrent que l’accès à l’information et son usage conditionne le progrès et le développement d’une société. Le Maroc a déjà réalisé des importants dans ce domaine. Ces efforts placent le royaume chérifien dans le peleton de tête en matière d'usage. 

Se basant sur une étude de la Banque Mondiale, les rédacteurs du rapport de la Banque Africaine de Développement (BAD) indiquent que l’évolution du marché IT au Maghreb, comparativement à d’autres régions du monde, enregistre un retard, notamment en matière de réalisation d’infrastructures de télécommunications, la faiblesse de la densité de la téléphonie fixe ainsi que par la pratique d’une politique tarifaire caractérisée par des coûts élevés des communications et des connections Internet. « Le Maghreb est comparable à l’Asie de l’Est dans l’utilisation d’Internet et des services multimédia, mais il est à la traîne par rapport aux autres régions en matière de coûts et de qualité » note le rapport de la BAD. Cela dit, le Maroc qui a adopté une politique plus agressive de libération du secteur IT, a consenti des investissements importants dans les diverses filières liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. De plus, le pays a engagé d’autres mesures favorables au développement des TIC comme la séparation des fonctions réglementaires et opérationnelles, la création d’organismes de réglementation indépendants, la privatisation des opérateurs locaux de télécommunications ainsi que l’ouverture de la téléphonie fixe à la concurrence.

Considéré comme leader de la région, le secteur IT marocain contribue à hauteur de 5% du PIB national. Le rapport ‘’Croissance et emploi dans un monde hyper connecté’’ du Forum économique mondial FEM indique que le pays a gagné deux places dans le classement mondial des technologies de l’information et de la communication en se plaçant à la 89e place en 2013. Dans le pilier ‘’affordability’’, qui consiste en l’amélioration de l’accessibilité des tarifs de la téléphonie mobile, les tarifs du haut débit et la concurrence du marché de l’Internet et de la téléphonie, le Maroc a réalisé un grand progrès puisqu’il est passé de la 77eposition à la 30eplace en 2013. Mieux encore, selon le rapport du cabinet international d’intelligence économique Oxford Business Group (OBG), le royaume chérifien confirme sa position de leader dans le Offshoring à l’échelle du continent africain. Considéré comme étant plus concurrentiel que le Sénégal ou la Tunisie, ce marché marocain se distingue par la faiblesse des coûts de production ainsi que par la compétence et la qualification de ses cadres, ses informaticiens et ses ingénieurs. Pour rappel, le secteur d’activité du Offshoring emploie près de 46 000 salariés.

Telecommunications

Progression des investissements IT

Le cabinet d’audit américain International Data Corporation IDC- leader mondial dans l’information commerciale, les services consultatifs et événements pour la technologie de l’information et des télécommunications – en collaboration avec l’Association des Utilisateurs des Systèmes d’Information au Maroc AUSIM, indique que le Maroc occupe la 7eposition en termes d’investissement IT dans la région Meta (Afrique, Moyen Orient et Turquie). Les résultats révèlent également que plus de 77 % du total des dépenses IT au Maroc ont été consacrées à la réalisation des infrastructures IT. Selon la même source, le royaume chérifien a consacré 14,5 milliards de dirhams en matériel informatique hardware et en solutions logicielles et services en 2012, enregistrant ainsi une augmentation de 9,6% par rapport à l’année précédente. L’étude indique également que les banques et les administrations publiques occupent les deux premières places en termes de dépenses des investissements IT. La hausse des dépenses de l’administration publique, qui ont atteint 1,34 milliards de dirhams en 2012 soit une hausse de 7,4 % par rapport à l’année 2011, est expliquée par les nombreux projets engagés par le gouvernement comme Maroc Numeric 2013. Les investissements dans l’usage des TIC de l’administration publique devraient atteindre 200 millions de dollars à l’horizon 2015. Selon Ouafa Khatim, directrice générale du cabinet IDC Afrique du Nord et Afrique francophone, la croissance des investissements: « entrainera une croissance dynamique du marché IT marocain».

Quant au secteur bancaire, qui occupe la seconde position en matière d’investissement IT, il a consacré 1,64 milliards de dirhams d’investissements en 2012 et devrait atteindre les 1,88 milliards de dirhams en 2013. « 48% des investissements du secteur bancaire sont dédiée aux IT notamment les services et les logiciels» affirme Ouafa Khatim. Selon de nombreux spécialistes, le développement des activités du e commerce et du e - paiement explique, entre autres, l’augmentation des investissements dans le secteur bancaire. En effet, le commerce en ligne connaît un certain dynamisme ces dernières années. En 2012, 1,25 millions de transactions ont été enregistrées sur le marché.

Toujours selon les conclusions de cette étude, la filière hardware détient la part du lion des investissements IT. Une évolution positive obtenue grâce à la croissance des activités de services, à la multiplication des offres et des produits des fournisseurs d’accès aux nouvelles technologies de la communication ainsi que grâce à l’augmentation de l’implantation des multinationales et des entreprises spécialisées sur le marché local.

Meditel-2--Maroc.jpg

Vers la démocratisation de l’usage des TIC. 

Les conclusions de l’enquête annuelle menée par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ARNT) concernant la collecte des indicateurs TIC auprès des ménages et des individus, indiquent que le Maroc enregistre une nette progression du taux d’équipement des ménages en matériel IT entre 2009 et 2011. Selon les résultats de l’étude, 87% des individus âgés de 12 à 65 ans disposent d’un téléphone mobile. L’étude de l’ARNT indique également que la pénétration sur le marché de la téléphonie mobile s’est accrue de 4 points depuis 2010. La filière de la téléphonie fixe avance moins rapidement puisque seuls 35% des foyers sont équipés en téléphone fixe, soit  3,14 millions d’abonnés au premier trimestre 2013. Quant à l’équipement informatique, il a connu également une hausse importante passant de 11% en 2004 à 27% en 2007 et 39% en 2011. Toujours selon l’agence de régulation, le parc informatique était estimé à 3 547 000 unités en 2011. Quant à la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring, l’utilisation des Smartphones et des tablettes a augmenté de 120% lors du premier semestre 2013 par rapport à la même période de l’année précédente.

De leurs côtés, les spécialistes du secteur soulignent que l’évolution du taux d’équipement des ménages est encouragée par l’installation de la concurrence sur le marché qui pousse les opérateurs à pratiquer une politique tarifaire plus adaptée aux besoins et aux revenus des ménages.  

Mieux encore, le gouvernement marocain a mobilisé un budget de 5 milliards de dirhams pour la mise en œuvre de la stratégie nationale Numeric 2013 laquelle vise à positionner le Maroc parmi les pays émergeants dans la démocratisation des nouvelles technologies dans la société. A terme, le plan Numeric 2013 permettra de généraliser l’accès à Internet haut débit pour les particuliers et les entreprises, le déploiement du programme e –gouvernement – dont le but est de fructifier les échanges entre les citoyens et l’administration notamment en termes d’efficacité, de qualité et de transparence -, ainsi que la généralisation de l’usage des TIC au sein des Petites et Moyennes Entreprises afin de leur permettre d’accroitre leur productivité et de gagner en efficacité et compétitivité. Dans ce même contexte, le ministère de l’Industrie, du commerce et des Nouvelles Technologies, a indiqué que le programme ‘’Moussanada’’, intégré au programme Numeric 2013, a permis l’accompagnement de 266 entreprises de type PME dans l’usage des TIC. Aussi, depuis février 2013, la contribution de l’État dans le financement – plafonné à 400 000 dirhams - est passée de 60% à 70%. Quant au programme ‘’Infitah’’,  qui vise la promotion de l’usage des TIC en faveur des très petites entreprises TPE, il a permis à plus de 3 300 sociétés de bénéficier d’une subvention étatique de 50% pour le financement d’un pack Infitah (un ordinateur portable, un abonnement Internet 3G et une solution de gestion de la facturation).

L’apport des multinationales.  

Le marché marocain des technologies de l’information attise la convoitise des prestataires des services d’informatique et d’ingénierie nationaux et internationaux. De nombreuses firmes de renommée internationale comme Microsoft, Cisco Systems, HP et bien d’autres sont présentes sur le marché depuis de nombreuses années.

Persistent Systems PS, le géant indien dans le développement de logiciels, s’implante au Maroc. La firme proposera son expertise dans divers secteurs comme les secteurs bancaire, les télécoms, le e - gouvernement etc.

Gregory Desmot, directeur général de la filiale marocaine de la firme Sage, leader mondial dans les logiciels de gestion des entreprises, lors de l’événement Sage Expo Maghreb destiné aux professionnels des logiciels et des solutions de gestion d’entreprise, organisé en juin 2013, souligne : « Nous voulons faire du Maroc un hub de la région. L’objectif est de desservir depuis cette plateforme les marchés d’Afrique francophone et même d’Europe ».

De son côté, la firme américaine IBM spécialisée dans l’informatique, qui s’apprête à implanter à Casablanca un centre de service technologique ‘’Global Delivery Center’’, ambitionne de faire du Maroc un hub de la technologie IBM pour l’Afrique francophone (Algérie, Tunisie et l’Afrique de l’Ouest), un projet qui devrait générer de la croissance au secteur IT ainsi que la création des centaines de postes d’emplois dans les prochaines années.

Perspectives. 

La politique gouvernementale du royaume chérifien inscrite dans la Note d’orientation générale (NOG) sur le secteur IT entre 2014 et 2018 a indiqué que la réalisation des objectifs tracés par le gouvernement permettront aux acteurs du secteur de disposer plus de visibilité dans les prochaines années. Lors d’un point de presse organisé par l’ANRT, Azzedine El Mountassir Billah, directeur général de l’ANRT, a indiqué que le maintien de la croissance du secteur IT reposera également sur l’amélioration de l’aménagement numérique du territoire afin d’assurer un meilleur équilibre entre les régions. En effet, pour lutter contre la fracture numérique, le royaume chérifien compte généraliser l’accès à Internet en améliorant la qualité de services aux niveaux urbain et rural. Pour rappel, à la fin mars 2013, le nombre d’abonnés Internet a dépassé 4 millions. Cette filière enregistre une croissance annuelle de 24,35%, soit le double de l’objectif de l’Agence régulatrice en matière d’accès à Internet.

La nouvelle tendance du développement du marché IT marocain s’oriente vers les solutions Cloud (virtualisation des données via Internet) et les applications mobiles. Selon les spécialistes du secteur, les dépenses en Cloud, qui évoluent à grande vitesse à l’échelle mondiale, devraient s’accentuer considérablement dans les prochaines années. « Il y a de plus en plus de demande autour du Cloud, de la mobilité et du pilotage. Nous devons préparer nos partenaires intégrateurs à ces changements en les accompagnant  pour développer leur expertise et garantir ainsi la qualité de service à laquelle nous avons habitué les utilisateurs de nos solutions » affirme Gregory Desmot.

Le cabinet Jankari Consulting, qui a effectué une étude auprès de 600 directeurs des systèmes d’information DSI, souligne que la demande en matière de nouvelles technologies notamment informatiques est en constante augmentation. Le Cloud computing est explicitement demandé par les entreprises. Evoquée par certains experts, l’adoption de la nouvelle technologie de sauvegarde externe des données (via des logiciels spécialement conçus pour la sécurisation des données informatiques), va t-elle amener une éventuelle nouvelle reconfiguration du marché IT au Maroc ? 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

sudoapp.com/buy-and-sell 10/10/2015 15:45

The only exception is that we unfortunately have had to hold on to some related source code that uses proprietary code from 3-partys. However none of thus are essential, and binaries are made freely available for most of it. A list of non-released code is available at.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents