Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d'Algérie

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 14 Novembre 2013, 18:41pm

Catégories : #Interviews

Paru dans Arabies, novembre 2013

 

Sécurité et solidité du système bancaire


Mohamed Laksaci, Gouverneur de la Banque d'Algérie

  Mohamed Lakcasi, gouverneur de la Banque d'Algérie

 

La Banque d’Algérie a mis en place de nouvelles mesures réglementaires encadrant les opérations de banques… 

Les opérations de banques sont définies dans l’ordonnance relative à la monnaie et au crédit, modifiée et complétée. Si vous faites référence aux conditions de banque, il est utile de noter que les taux d’intérêts créditeurs sont fixés librement par les banques depuis le début de la réforme monétaire et financière (1990), et que les taux débiteurs le sont depuis la moitié des années 1990. Par ailleurs, dans le cadre de la protection de la clientèle, un règlement du Conseil de la monnaie et du crédit (2013) a mis en place des règles visant à encadrer certaines commissions appliquées par les banques, en phase avec les leçons tirées de la crise financière internationale.

Le contrôle du système bancaire est en phase d’élaboration par le ministère de tutelle…

Le contrôle du secteur bancaire relève des prérogatives du Conseil de la monnaie et du crédit, en tant qu’autorité monétaire, de la Commission bancaire et de la Banque d’Algérie. Le cadre légal relatif au contrôle et à la supervision des banques et établissements financiers a été renforcé en 2010 et les instruments de contrôle ont été significativement développés au cours des années 2011 et 2012. Le cadre prudentiel a été significativement enrichi, le dispositif de contrôle sur pièces, sur la base des reportings, a gagné en densité et les opérations de contrôle sur place au niveau des banques ont été intensifiées. Ces opérations sont menées de manière permanente par les inspecteurs de la Banque d’Algérie, sur la base d’un cadre opérationnel du contrôle bancaire affiné. Cependant, des actions additionnelles sont engagées en 2013 pour rendre le dispositif de contrôle de la Banque d’Algérie plus efficace. Cela contribue à la solidité des indicateurs financiers du système bancaire en Algérie. En particulier, les banques sont bien capitalisées, très liquides et rentables. Elles le sont aussi comparativement à la région et en référence aux normes internationales.

En quoi consiste le système de notation des banques mis en place par la BA ?

Une nouvelle méthodologie prudentielle développée par la Banque d’Algérie repose sur une approche fondée sur une vision plus prospective des risques. Après une phase de test au niveau de deux banques en 2012, la mise en œuvre de cette nouvelle méthodologie est soutenue à partir de l’année en cours, corrélativement à une évaluation plus fine des risques crédits.

 

Un taux d’inflation a battu des records. Or, ce dernier enregistre une décélération importante lors du premier trimestre 2013. Quelles mesures ont été prises pour atteindre cet objectif ?

En effet, après douze années de bonne tenue de l’inflation, soit un taux d’inflation inférieur à 5 % entre 2002 et 2011, à l’exception de l’année 2009 (5,74 %), malgré l’excès structurel de liquidité en contexte d’expansion des dépenses budgétaires, l’année 2012 a été marquée par un taux d’inflation élevé en moyenne annuelle (8,89 %). La nature endogène du phénomène inflationniste est déterminante, mais en situation de décélération des rythmes de croissance monétaire et de progression des crédits bancaires à l’économie.

La BA a pris, dès mi 2012, des mesures pour renforcer le contrôle de l’excès de liquidité sur le marché monétaire et ainsi,, endiguer son effet inflationniste. Ces mesures de renforcement des instruments de la politique monétaire conduite par la BA, et de son efficacité sur le terrain, ont été consolidées en janvier 2013 par le nouvel instrument de reprises de liquidité à six mois, pendant que les pouvoirs publics ont pris des mesures visant à lutter contre certaines causes de l’inflation endogène. Au total, il en a résulté une décélération du taux d’inflation dès le premier trimestre 2013, suivie par une désinflation puisque le taux est estimé à 5,32 % en moyenne annuelle et à  2,17 % en glissement, à septembre 2013.

Notons que la décélération monétaire est confirmée en 2013, alors que la dynamique des crédits à l’économie est plus soutenue, appuyée par une nette amélioration des conditions financières notamment au profit des PME. Le développement du canal crédits à l’économie s’opère donc dans un contexte de stabilité monétaire et financière en Algérie.

La stratégie pour une maîtrise de l’inflation est t-elle possible et réalisable dans une économie marquée encore par l’importance de l’informelle et de l’économie parallèle ?

La politique monétaire, étayée par la conduite flexible de la politique de taux de change, joue un rôle actif dans la préservation de la stabilité macroéconomique en Algérie. Le rôle de la politique monétaire dans la lutte contre l’inflation est assuré par la Banque d’Algérie, d’autant plus que l’objectif d’inflation explicite a été institué en août 2010. Après le « pic » enregistré en 2012, la désinflation qui caractérise l’année 2013 est démonstrative de la stabilité monétaire et financière en Algérie. Les prévisions revues en septembre 2013 indiquent que l’inflation de 2013, en moyenne annuelle, serait dans les limites de l’objectif à moyen terme arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit.

Quelles sont les principales mesures prises par la Banque d’Algérie pour assurer le maintien de la stabilité financière de l’Algérie ?

Les progrès en matière de stabilité macro financière remontent au début des années 2000, après le choc externe de 1998/1999, et ont été plus soutenus à partir de 2004. En conséquence, l’amélioration de la position financière extérieure nette de l’Algérie et sa solidité avérée permettent de faire face à d’éventuels chocs externes. En effet, le niveau des réserves officielles de change est élevé et l’encours de la dette extérieure est historiquement bas. Cependant, la balance courante reste vulnérable à toute évolution baissière du prix du pétrole, en situation de demande d’importations élevée et de faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures.

Quant à la stabilité financière, il ressort clairement du rapport sur cette question, publié récemment, une solidité des indicateurs. Pour mémoire, les missions de la Banque d’Algérie en termes de supervision et de contrôle bancaire ont été renforcées dans le cadre de ses nouvelles prérogatives en matière de stabilité financière (2010). En outre, le renforcement du cadre de stabilité financière engagé depuis, y compris le volet macro prudentiel, se poursuit de manière soutenue, car la Banque d’Algérie doit s’assurer en permanence de la sécurité et de la solidité du système bancaire.

Le taux de créances non performantes dans les engagements des banques publiques – même si ce dernier a une tendance à la baisse ces deux dernières années – reste élevé comparativement aux banques privées. Que comptez-vous faire pour la prise en charge de ce problème ?

Au niveau du système bancaire, dans son ensemble, le taux des créances non performantes a sensiblement baissé depuis 2009. Cela indique l’effort fait, en ce qui concerne les banques publiques. De plus, l’amélioration du cadre opérationnel de l’activité bancaire et de la gestion des risques devrait  contribuer à minimiser les flux nouveaux de crédits non performants, aussi bien au niveau des banques publiques que des banques privées.

Quelles sont les principales actions engagées pour la modernisation des systèmes d’information des banques ?

Les systèmes de paiement modernes mis en place en 2006, et en cours de mise à jour, constituent pour les banques un ancrage important pour l’amélioration de leurs systèmes d’information. En effet, des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine à ce jour, à en juger par le bon fonctionnement des systèmes des paiements. Ces efforts doivent se poursuivre non seulement en phase avec la mise à jour des systèmes des paiements, mais aussi pour assurer une amélioration constante des opérations bancaires, notamment pour favoriser une plus grande inclusion financière. Cela permettra également d’asseoir une meilleure allocation des ressources ancrées sur une meilleure gestion des risques. La Banque d’Algérie s’assure régulièrement des progrès en la matière, notamment à travers ses contrôles sur place au niveau des banques.

 

 

 


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents