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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Première rencontre du Forum global de lutte contre le terrorisme

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 4 Janvier 2012, 08:24am

Catégories : #Afrique - Sahel

Article publié dans le Magazine de l'Afrique Janvier - Février 2012

 

L'Algérie affiche, depuis plus de deux décennies, sa volonté de lutter contre le terrorisme. Ayant vécu des années sombres, elle souhaite aujourd'hui le combattre à l'échelle régionale. Le terrorisme en devenant transnational, requiert désormais la contribution de tous les États. 

 

Le forum global de lutte contre le terrorisme (FGCT), une plateforme informelle et internationale, a été lancée par le secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, et le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, en septembre dernier, à Washington. la première réunion, coprésidée par l'Algérie et le Canada, a été organisée à Alger.  Cent cinquante experts, représentant 29 pays, ont pris part à cet événement dont l'objectif est de constituer des groupes d'experts chargés d'évaluer les menaces planant sur les pays du Sahel. Le gouvernement américain a débloqué 100 millions $ pour << aider les pays en transition qui ont levé l'État d'urgence et qui veulent bâtir un État de droit >> a précisé le coordinateur de la lutte anti-terroriste au département d'État américain et coprésident du FGCT, l'ambassadeur Daniel benjamin. Il affirme que:<< Le FGCT va donner la priorité au renforcement des capacités civiles dans les domaines tels que l'État de droit et la gestion des frontières de même que pour faire face à l'extrémisme violent>>.  En effet, une grande menace plane sur la région du Sahel que de nombreux spécialistes du terrorisme internationale considèrent comme une poudrière. Une région désertique, particulièrement exposée et vulnérable. 

 

Le diplomate américain a appelé les participants à mener des actions communes afin de concrétiser une coopération fructueuse et solide entre les pays, tout en soulignat les différences existantes entre els pays. Ce n'est donc que par les échanges et les critiques constructives qu'ils pourrant mettre en place une stratégie coordonn"e et efficace leur permettant de stpper l'expansion du terrorisme dans les années à venir. 

 

Trois conditions préalables sont nécessaires pour la coordination entre les États puisse aboutir à des actions communes. Tout d'abord, il faudra que les experts nationaux et internationaux apportent leur contribution dans l'étude de terrain et la mise en place des moyens judiciaires et juridiques pour lutter contre ce fléau. En suite, il s'agira de déterminer précisement les ressources et les finacements nécessaires aux actions de terrain. Enfin, et ce n'est pas la moindre des conditions, les politiques et les gouvernements devront affirmer leur volonté d'inscrire la lutte contre le terrorisme comme priorité nationale en y associant l'ensemble des services régaliens ( police, justice, douanes, sécurité frontalière), les établissements financiers et la socité civile.

 

L'implication des pays africains

 

Les interconnexions entre les groupes terroristes ont été confirmées et la région du Sahel est plus que jamais en état d'alerte. L'association entre les groupes terroristes Al Qiada pour le Maghreb islamique (Aqmi), Boco haram du Nigéria et les Shebab somaliens, ainsi que la prolifération des armes en provenance de Libye, sont des secrets de polichinelle. Francisco Caetano José madeira, directeur du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) a souligné que la lutte antiterroriste <<  est l'affaire de tous les États >>. Il a affirmé que aqmi et Boco Haram sont des  << mences sérieuses>> pour la région du Sahel. En effet, Boco Haram a comis des attentas contre des églises chrétiennes et des établissements publics, tout en revendiquant l'attentat kamikaze qui a fait 18 morts contre la représentation des Nations unis à Abuja. Selon cet expert, le continent <<  reste le maillon le plus faible en matière de résistance au phénomène du terrorisme >>, car les moyens dont diposent les pays africains sont très limités. 

 

Profitant de la faiblesse structurelle de certains pays du Sahel, Aqmi, dont la base est située dans une région désertique et montagneuse du Mali, mène des actions répétées ( enlèvements de ressortissants étrangers, actes terroristes) afin de déstabiliser la région, notamment dans la bande sahélo-saharienne où la situation sécuritaire est des plus critiques. selon les experts, les groupes terroristes qui se multiplient dans les pays dits " du champ" (Algére, Mali, Niger et Mauritanie), ainsi qu'au Burkina faso, en Guinée, au Sénégal, au Thad et au Nigéria, font craindre le pire. 

 

Les États concernés par cette menace ont également évoqué l'importance de la coopération technique. Le déploiement militaire dans la région du Shara, dont l'algérie assure le leadership en accueillant les forces armées de pays frontaliers comme le Mali, est une des actions concrètes. maiga babe hamane, conseiller technique au ministère malien de l'Administration terriroriale, a d'ailleurs salué les efforts déployés par l'Algérie dans sa lutte contre le terrorisme, notamment dans les zones frontalières. mohamed Bazoum, ministre nigérian des Affaires étrangères, intérogé à Alger, a déclaré que le Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc), crée en avril 2010 et composé de l'Algérie, du Niger, du Mali et de la mauritanie, est enfin constitué. Les discussions devraient reprendre afin de coordonner des actions militaires combinées dans les pays voisins. 

 

Toutefois, la lutte contre le terrorisme ne peut se limiter à des actions militaires, mais doit être associée à une stratégie d'éradication de la pauvrté, de l'exclusion et du sous -développement. << la lutte contre le terrorisme doit porter sur les leviers sur lesquels ce dernier s'appuie et se nourrit >>, a indiqué Abdelkader messahel, ministre algérien délégué aux affaires maghébines et africaines.  << C'est une contradiction de lutter contre le terrorisme et de payer des rançons pour faire libérer les otages, car cela contribue au financement des groupes terroristes >> a souligné le président du Caert.  certains pays africains évoquent d'ailleurs la possibilité de " criminaliser" le paiement des rançons. une position soutenue par l'Algérie et par la Grande Bretagne. Dans son intervention sur " le renforcement des capacités de riposte", Robin Searby, conseiller du Premier ministre britannique chargé de la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord et au Sahel, a indiqué que la Grande- Bretagne << plaide aux côtés de l'Algérie, au sein des Nations unis, pour que le paiement des rançons soit illégal>>. Il est donc urgent que certains pays se soumettent à l'application de la résolution 19-04 des Nations unis qui stipule le non-paiment de rançons en cas de prise d'otages.

 

Les pays " du champ" se réuniront à nouveau avec les partenaires européens au début du mois de décembre, et d'autres rencontres sont programées en 2012. D'ici là, la stabilité de la Libye reste la priorité absolue afin que ce travil commun puisse être mené à bien. 

 


 


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