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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Proximité et développement.

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 29 Mai 2013, 09:23am

Catégories : #Interviews

Paru dans Arabies, mai 2013

 

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Guillaume Josselin, le directeur général Renault Algérie, détaille les différents projets de la marque sur un marché fructueux et plein d’avenir. 

Renault Algérie a doublé ses ventes en 2012. Comment expliquez –vous cet engouement des algériens pour la marque au losange ?

En réalisant 113 000 ventes en 2012, Renault Algérie est en position de sixième filiale de groupe à l’échelle mondiale en termes de volume de ventes. Renault Algérie a ainsi enregistré une progression de 50%. Ces résultats ont été obtenus grâce au travail acharné des équipes de la filiale et du, par une stratégie élaborée depuis de nombreuses années, la formation et la communication.

Comme l’indiquent les chiffres officiels (100 véhicules pour 1000 habitants), le besoin en équipements automobiles est très important dans le pays. A titre de comparaison, la moyenne est bien supérieure en Europe, puisque les statistiques indiquent 600 véhicules pour 1000 habitants. Ces chiffres donnent un aperçu de l’énorme potentiel du marché algérien de l’automobile, qui peut potentiellement continuer à croître pour les prochaines années. Les perspectives de développement des ventes devraient atteindre 450 000 ou 500 000 unités en 2013.

Les clients algériens manifestent un grand intérêt à l’automobile. Ils vouent une vraie passion pour la mécanique. Cette attitude qu’ont les Algériens envers les voitures a été constatée par nos équipes dans nos différents points de ventes. Lorsque le client se présente dans notre show room, il ouvre le capot et observe le moteur. J’avoue qu’hormis quelques passionnés, cette attitude est rare en Europe par exemple. Quant à l’engouement des Algériens envers notre marque, il est expliqué par une histoire commune et ancienne de quatre-vingt-dix ans. La maison Renault, présente sur le marché depuis 1922, a une image positive et est très forte dans le pays.

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Ce succès commercial s’explique aussi par la qualité de nos produits, la diversité de la gamme et la force de notre réseau composé de 130 représentations sur l’ensemble du territoire, alors que nos concurrents ont une moyenne de 50 ou 60 représentations. Cette proximité avec la clientèle garantie forcement la qualité en terme de services notamment en matière d’entretien et de services après vente par exemple.

Enfin, je dirais que l’intérêt des Algériens envers Renault ainsi que la proximité du réseau nous différencient de nos concurrents. Cela dit, le marché algérien de l’automobile étant très concurrentiel, et à ce titre, nous nous sommes investis dans le développement de notre réseau afin de garantir la proximité avec nos clients. Pour nous différencier de la concurrence, nous avons également mis en place de nouveaux services, tel ‘’Renault Minute’’ qui permet aux clients de procéder à des entretiens techniques, comme la vidange ou le changement de pneus, sans prise de rendez-vous au préalable. Toujours dans un souci de mieux servir notre clientèle, Renault Algérie est le seul concessionnaire à proposer des prestations sur la carrosserie, une activité très peu développée dans le pays.

Quelles sont les perspectives de développement du marché de l’automobile dans le pays ?

Comme je l’ai précisé, le marché algérien a un fort potentiel de croissance en raison du grand besoin en équipement. Cette appétence d’équipement est également expliquée par l’immensité du territoire dont la voiture fait partie des moyens de déplacements par excellence.

Je tiens à préciser, qu’à l’échelle mondiale, il n’existe pas de marché de la taille du celui de l’Algérie -en termes de volume de ventes - qui ne dispose pas d’un minimum de trois usines implantées sur le territoire. Pour cette raison, le marché algérien présente un grand intérêt pour le groupe et pour le développement, à plus long terme, d’une véritable industrie de l’automobile en Algérie. Pour mieux répondre à la demande de notre clientèle, tout en étant efficace économiquement, le groupe Renault, en étroite collaboration avec les autorités algériennes, a décidé de s’investir davantage dans le pays. Cet engagement s’est concrétisé à travers le lancement de la future usine de montage dans l’ouest algérien. Il est vrai que ce projet a nécessité de longues négociations mais a fini par se concrétiser en décembre 2012. Lors de la conférence de presse que nous avons organisée récemment à Oran, nous avons donné l’échéance de novembre 2014 pour la mise sur le marché du premier véhicule Renault monté en Algérie. A ce jour, nous avons organisé le tissu de sous-traitants ainsi que la logistique nécessaire pour démarrer l’activité.

L’émergence d’une industrie automobile est –elle possible compte tenu des manques avérés, notamment dans la filière sous-traitance ?

Le planning de cette usine est complexe et ambitieux car l’industrie automobile est difficile à mettre en œuvre notamment en termes de technologie, de matériaux et de savoir-faire. Car, notre objectif n’est pas seulement de créer une usine en amenant des collections de pièces et de monter des voitures. Soutenue par les autorités algériennes, notre ambition vise à créer une véritable filière automobile. Nous allons commencer par l’assemblage des collections de pièces au préalable, mais notre objectif est de développer un certain nombre de sous-traitants locaux. D’ailleurs, le site de l’implantation de l’usine, de plusieurs dizaines d’hectares, proche de l’aéroport et de l’autoroute, permet également l’installation d’un tissu de sous-traitants locaux, voire des petites et moyennes entreprises.  De cette façon, nous atteindrons petit à petit le taux d’intégration le plus élevé possible.

A titre d’exemple, nous sommes présents en Turquie depuis quarante ans et notre présence est montée en puissance graduellement. L’industrie automobile, inexistante sur le marché algérien, nous conduit à procéder par étapes. Nous devons développer un capital humain à travers le recrutement et la formation, un travail de longue haleine. Cette usine représente un début d’une longue histoire de coopération renforcée qui va durer. Vu de l’importance du volume de vente des voitures, les autorités algériennes ont souhaité que cette filière serve au développement économique du pays. Quelques sous- traitants locaux, déjà identifiés, sont en mesure de fabriquer de la vitrerie, du câblage, des pneus et des batteries.

Quels sont les nouveaux modèles que vous comptez introduire sur le marché?

Les produits à succès du groupe Renault, Dacia compris, sont Logan, Symbol et Clio Campus, un vraie succès story en Algérie, que nous continuons à fabriquer spécialement pour ce marché. Le Master est le produit phare dans la filière des utilitaires. Je pense que la Clio 4, introduite en décembre 2012, sera le produit le plus plébiscité en 2013. Au niveau commercial, nous avons mis en place un plan produits très offensif, car nous comptons introduire plusieurs produits avec de nouveaux designs comme Dacia Symbol et Sandero et Renault Captur, une voiture design et urbaine qui séduira la clientèle jeune et citadine. 

Que représente le segment des entreprises pour votre marque ?

C’est un segment extrêmement important pour Renault même s’il est, à ce stade, relativement peu important. Nous y travaillons pour accroitre notre part de marché, notamment à travers le financement par leasing pour les petites et moyennes entreprises. Nous avons, d’ailleurs, une entité spécialement dédiée à ce segment. Nous avons également des contrats avec les grands comptes internationaux qui sont établis en Algérie.

Quel est l’apport de l’académie Renault dans la formation professionnelle dans la filière automobile ?

Le facteur capital humain est la plus grande richesse d’une entreprise. Mes prédécesseurs avaient une vraie volonté de capitaliser sur les hommes. Renault Algérie mise sur le recrutement des jeunes et leur propose un parcours de carrière qui inclut des cycles de formation réguliers pouvant aller jusqu’à l’obtention de diplôme de type MBA à l’école ESAA. Nous investissons dans le développement de la carrière de nos collaborateurs à l’international. Nous misons également sur les conditions de travail. L’environnement de notre filiale est très agréable.

Quant au centre Renault Académie, crée en 2007, il vise à former les 1500 collaborateurs de la filiale et du réseau Renault dans les filières commerciales, management, ainsi que dans les branches techniques comme la carrosserie, la mécanique ou l’électromécanique.

Que représente pour vous le Salon de l’automobile en Algérie ?

L’affluence du public lors du salon de l’automobile démontre l’intérêt que portent les algériens au secteur de l’automobile. Passionnés, ils considèrent que cet événement est important pour découvrir les nouveautés et les tendances en matière de techniques et de designs. Le Salon d’Alger, qui répond aux standards internationaux, est le temps fort de l’année aussi bien pour les constructeurs que pour les clients..  

 

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