Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag.. Contact: hkernane@yahoo.fr


Riad Ait Aoudia, directeur général de MédiaAlgeriA

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 13 Janvier 2014, 09:56am

Catégories : #Interviews

Parue dans Arabies, janvier 2014


Ait-Aoudia-Riad-.jpg

Riad Ait Aoudia, Directeur général MediAlgeriA 

Quelle est l’évolution du marché de la communication et de la publicité ?

A l’exception de 2009, le marché de la publicité a connu un développement constant. Le nombre d’annonceurs des secteurs actifs s’est régulièrement enrichi. Les grands annonceurs traditionnels mondiaux, en  particulier les grands groupes de Fast Moving Consumer Goods Produits de grande consommation (FMCG) – produits de grande consommation, comme Nestlé, Kraft, Danone, Coca Cola, Pepsi, Unilever, Procter & Gamble et Henkel, puis les opérateurs téléphoniques, le secteur automobile, et plus récemment les banques et les assurances ont investit ce marché durant cette période. Leur recours à la publicité et aux services marketing comme levier de croissance a eu pour conséquence l’installation des  agences de publicité affiliées aux réseaux internationaux de communication, et la plupart se sont de plus en plus  appuyés sur des partenaires et compétences locales.

L’apparition de cette concurrence a incité les opérateurs et producteurs nationaux à revoir leur organisation et à accorder plus d’importance aux métiers de la communication. Ce qui a permis l’émergence de cadres algériens et d’agences conseil algériennes (conseils en communication, achat medias, RP, évènementiel).Tout cela  a contribué à augmenter le taux d’efficacité productive et par corrélation à la croissance économique du pays. 

Cette structuration du marché a augmenté l’attractivité du marché pour les investisseurs, tout au moins elle a réduit certains freins. Aujourd’hui un investisseur peut plus facilement trouver des cadres,  des sous-traitants et des fournisseurs algériens. Le marché de la Publicité, media et hors media, est évalué à environ 400 millions d’euros  en 2013, soit dix fois plus qu’en 2000. Mais cela reste un niveau  assez faible par rapport au PIB, notamment si on le compare aux pays voisins et à fortiori la région du Golfe.

Cependant, hormis la création d’une taxe sur la publicité, le cadre légal est resté stable.

Parlez-nous du développement du marketing sportif dans lequel MediAlgeriA s’investit…

Nous offrons  à nos clients agences et à leurs marques de nouveaux medias leur permettant d’interagir avec leurs cibles. Nous traitons le sport comme un media au sens fonctionnel du terme. L’objectif est d’enrichir notre portefeuille d’activité dans des métiers connexes, de se différencier et d’avoir un certain avantage concurrentiel. Nous menons des études de façon régulière pour comprendre le consommateur : ce qui l’intéresse et ce qu’il consomme…Les résultats de ces études ont fait que le choix du sport, au même titre que le digital, s’est imposé, comme moyen de communication incontournable.

Nous abordons  le marketing sportif en lui donnant une visibilité et une attractivité pour les annonceurs. Nous développons l’offre et le service proposés par les détenteurs de droits, améliorons la réactivité et facilitons les échanges et les transactions pour permettre aux responsables marketing et aux agence d’investir dans ce media en limitant la part d’incertitude dans un contexte ou les marketers doivent de plus en plus donner des indicateurs sur le retour sur Investissement des actions qu’ils entreprennent. Nous allons d’ailleurs lancer  en février 2014 une étude avec Repucom, leader mondial des études liées au Marketing Sportif. Nous avons développé en cinq ans une réelle expertise dans le football et nous comptons nous intéresser aussi à d’autres disciplines, comme le Tennis, une activité qui dispose d’un réel potentiel marketing, un vrai challenge pour nous.

3- Quelles sont les perspectives de développement ?

Nous pensons que le secteur de la communication va connaître de nouveaux  bouleversements et pour mieux répondre aux besoins du marché, MediAlgeriA va se structurer en groupe et créer de nouvelles filiales. Nous lancerons d’autres activités comme la production et la distribution de contenus digitaux en partenariat avec des leaders internationaux. Ce qui nous permettra d’offrir un conseil indépendant et de qualité à nos partenaires et clients. Notre expertise prendra ainsi plus de valeur, notamment en raison de l’importance que nous avons accordée aux activités études et au digital. Ces deux activités devraient connaître une croissance et une convergence certaines, car elles sont devenues des axes majeurs de l’investissement marketing  au niveau mondial. Nous comptons faire de la croissance externe par l’acquisition de petites start-up performantes afin de capter les énergies et la créativité 100 % algérienne, auxquelles nous offrirons un support et un réseau de clients solides.

Enfin nous allons entamer notre développement régional par  le marketing sportif  lequel offre des opportunités. Nous avons d’ailleurs déjà mené des opérations dans plusieurs pays du  Maghreb, en France ou la communauté Algérienne suit beaucoup le sport national  mais aussi au Mali, au Sénégal et en Côte d’Ivoire qui  nous ont permis de développer  un réseau de partenaires à qui nous pouvons proposer nos autres services.

L’absence de régulation et le manque d’organisation sont –ils, selon vous, les principaux freins empêchant le décollement des marchés de la communication et de la publicité dans le pays ?  

C’est un frein, certes, mais le manque de développement du marché est  plutôt dû à d’autres facteurs plus « macro », liés à la perception et la place de l’entreprise dans la création des richesses en Algérie. Un combat mené par le Forum des chefs d’Entreprise qui rassemble les énergies pour inciter les décideurs à améliorer le climat des affaires.

A mon sens, une autorégulation partagée fixant les règles déontologiques sur le contenu et le volume de la publicité diffusée protégeant le consommateur, devrait être élaborée par les acteurs de la profession avant même qu’une loi essaie maladroitement de fixer les limites.

Quelle sera l’évolution du marché de la communication avec l’introduction de nouveaux canaux de diffusion,  dont la téléphonie mobile 3G et les nouvelles chaines privées ?

Les annonceurs et les agences sont toujours favorables à de nouveaux espaces publicitaires, a fortiori à la télévision, un media efficace pour les marques. Ils seront très attentifs au retour sur les investissements publicitaires qu’ils consentiront.

L’expérience de l’introduction de la concurrence privée aux côtés des ex monopoles publics a été positive à l’échelle mondiale. Les nouvelles chaines généralistes privées, qui vivent essentiellement de recettes publicitaires et du développement de produits et services dérivés éventuellement, proposeront les programmes les plus fédérateurs auprès de cibles consommatrices de biens de grande consommation, d’automobiles, de téléphonie…De leur côte, les annonceurs voudront toucher efficacement le plus grand nombre de leurs clients.

Quant à la téléphonie mobile 3G, elle apportera incontestablement un confort et augmentera la couverture de médias. C’est un nouveau moyen pour toucher les cibles par la publicité display (l’achat de bannières publicitaire dans le cadre de campagne de branding). Il faudra surtout attendre le développement de l’économie digitale, des opportunités offertes par  la géolocalisation, de  métiers liés au moteurs de recherche, (search SEO), pour que nouveaux modèles économiques se mettent en place. Tant qu’il  n’y a pas de moyens de capitaliser sur le lead ou la possibilité de convertir ce temps passé et ses expositions en  en actes d’achats réels, les campagnes de branding seules ne suffiront  pas à  modifier significativement la structure des investissements publicitaires.

L’action politique d’accompagnement de cette ouverture devrait justement se recentrer sur l’aide à la création de cette filière, notamment en matière d’incitations fiscales pour la localisation de tournage, facilités administratives pour les producteurs étrangers et les ressortissants algériens désireux de partager des contenus ou de créer des filières de formations techniques et créatives, en créant des statuts spécifiques comme le statut d’intermittents du spectacle. En un mot, la création des contenus est aussi importante que la création canaux de diffusion. Vu des bouleversements attendus,  l’Algérie arrivera, j’en suis sûr, à valoriser et à améliorer ses contenus audiovisuels.

 

 

 

 

Commenter cet article

souhaib 03/12/2015 16:17

trr(-r(-r(r

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents