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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Royal Air Maroc au bord du crash

Publié par Hakima Bedouani-Kernane sur 3 Octobre 2011, 14:40pm

Catégories : #Économie Maroc

Article publié dans Arabies octobre 2011, pages 50 à 52

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En grande difficulté depuis le début de l'été 2011, la principale compagnie aérienne magrébine, deuxième en Afrique après South African Airways (SAA), songe de plus en plus à la privatisation...

Dans les aéroports de Casablanca et de Paris-Charles-de - Gaulle, les passagers se sont plaints des retards et dysfonctionnements qui ont quelque peu perturbé les voyages. Et pour cause, la compagnie aérienne Royal Air Maroc ( RAM) est dans le rouge. Elle fait face, depuis le mois de juin 2011, à des pertes cumulées de près de 200 millions de dirhams, soit quelque 2 millions d'euros par semaine...

C'est la seconde fois depuis 2008 que la compagnie aérienne vit une crise financière. A tel qpoint que sa privatisation est évoquée par les spéçialistes du secteur aéronautique et de la presse nationale. Une recapitalisation par le biais de la Caisse de pépôt et de gestion (CDG) est en effet recommandée par de nombreux économistes. De 20 à 30% du capital de la compagnie pourraient aisni entrer en bourse vers la fin de l'année 2011. Une redistribution du capital vers les employés, les tours opérateurs et probablement, une compagnie aérienne étrangère est la principaleoption envisagée dans le cadre d'une privatisation de Royal Air Maroc. 

Le site internet Air Journal cite aussi des sources concordantes qui évoquent la possiblilité d'acqisition de 30% de la RAM par une compagnie aérienne étrangère. Air France KLM, British Airways, Lufthansa ou Emirates pourraient être intéressées. Les mêmes sources laissent d'aimmeurs entendre que des pourparles auraient déjà été entammés entre Air France KLM et la compagnie nationale marocaine depuis la tenue du Salon aéronautique du Bourget, en région parisienne, de juin dernier. En attendant, d'autres mesures semblent plus urgentes, comme faire des économies sur le budget de fonctionnement. Une politique de rationalisation a ainsi été mise en palce durant l'été, en étroite collaboration avec les délégués syndicaux. 

Plan social. A la mi-août 2011, la direction de Royal Air Maroc a annoncé la mise en palce d'un plan social qui prévoit le départ de 1560 salariés. L'objectif est de permettre le redressement de la compagnie, qui se trouve dans une situation financière critique. Diffusée par l'agence de presse marocaine MAP, le communiqué de la direction générale précisait que " le plan social offre pour la période 2011- 2013 le départ de ses employés dans des conditions avantageuses ". Dans le cadre des dispositions prises conjointement avec les syndicats de la compagnie, on propose également aux salariés de plus de 45 ans d'accéder à la retraite volontaire. Une aide à la formation, d'une durée maximale d'un an, sera en outre accordée aux salariés licenciés qui désirent se reconvertir dans une autre activité ou créer leur entreprise. 

Le P-DG de Royal Air Maroc, Driss Benhima, a expliqué que cette situation de vulnérabilité est la conséquence de la crise économique mondiale et du développement d'une rude concurrence dans le ciel marocain. La fluctuation des cours du prix du pétrole est également un facteur qui a aggravé la fragilité de l'entreprise. Pour faire face, le conseil d'administration de la compagnie a mis en place un plan de restructuration qui s'étalera jusqu'en 2016. ce programme doit permettre à la RAM d'améliorer ses produits afin de maintenir son positionnement actuel sur le marché aérien africain. Ce plan nécessitera toutefois un investissment de près de 10 milliards de dirhams sur cinq ans...

Dans un entretien accordé au quotidien marocain L'Économiste, Driss Benhima estime que " Cet investissment permettra un retour à l'équilibre des comptes et à la rentabilité des 2012, assorti d'une forte croissance".  La compagnie nationale marocaine dispose actuellement d'une soixantaine d'avions. Mais elle a passé commande pour 22 nouveaux appariels qui devraient être liveés d'ici à quatre ans. En août dernier, Royal Air Maroc a déjçà reçu ses premiers avions ATR 72-600, acheté en 2009 et destinés à sa filiale RAM Express, née du plan de développement de 2009 et qui assure essentiellement les vols intérieur du royaume. Toujours dans le cadre de l'expansion de sa flotte, la RAM recevra aussi, dans les prochains mois, quelques-uns de ses appareils gros porteurs, dont certains ont été commandés depuis les années 2000 auprès de la firme américaine Boeing, comme le 747 ou le fameux 787 de dernière génération.

Outre Montréal et New York, Royal Air Maroc dessert 15 villes en Afrique et 10 au Proche-Orient, mais 60% du trafic se fait en Europe occidentale. Et la concurrence est rude, notamment avec les compagnies low cost. 

Présentes sur le marché depuis son ouverture en 2006, des compagnies aériennes comme Ryanair, Easyjet, Vueling et jet4you proposent à la clientèle des prix défiant toute concurrence. Malgré cette situation difficile, la RAM souhaiterait maintenir ses offres internes " pour assurer un développement harmonieux du transport aérien", selon les mots de Driss Benhima. Sur les lignes no desservies par les compagnies low cost, Royal Air Maroc a enregistré une évolution très positive, notamment en Afrique( +29%), en Amérique du Nord (+27%). Ce qui fait dire au P-DG que " les pertes sont conjoncturelles". Toujours est-il que des difficultés existent bel et bien au niveau structurel de l'entreprise. la compagnie a certes fait baisser ses charges de 19% en huit ans, mais les pri ont chuté de 26% depuis l'ouverture du marché dans le pays...

Restructuration.  Pour sortir decette période critique, Driss Benhima mise sur une restructuration afin de régler les problèmes de fonds( difficultés du réseau et lignes déficitaires). Mais d'autres mesures sont également plus que nécessaires, telles que l'ajustement des effectifs et des salaires plutôt que leur réduction. La rationalisation des frais de fonctionnement pourrait-elle permettre à la Ram de maintenir son statut de compagnie nationale ? Dans un contexte de ciel ouvert,serait-il possible de maintenir le développement de la RAM à l'international en tant que compagnie nationale ? Pour rester compétitive, la compagnie ne doit-elle pas s'agrandir ?

Quant il s'agit de répondre à ces questions, Driss Benhima n'y va pas par quatre chemins, comme il lexpliquait récemment dans les colonnes d'un quotidien marocain : " Soit la compagnie se réajuste, l'État l'aide pour cela, et dans dix ans le Maroc pourrait se targuer d'avoir la première compagnie africaine; soit elle est laissée dans la situation actuelle et dans ce cas, l'issue fatale et inéluctable est bien plus proche qu'on ne le pense...". L'appel  lancé par le patron de Royal Air Maroc est sans équivoque. La conjoncture actuelle ne permet pas l'attente. L'avenir de la compagnie est engagé et il passe par des actions aussi concrètes que rapides. 

 



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electricien paris 15/02/2015 19:37

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

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