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Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Hakima Bédouani-Kernane - Journaliste

Journaliste - Reporter, diplômée de troisième cycle en journalisme (Université Panthéon/Assas, Paris). Expérience en presse écrite et audiovisuelle. Rédaction : Articles, enquêtes, reportages, interviews, dossiers sur l'actualité économique, politique, sociale et culturelle du Maghreb, de l'Afrique et du monde arabe. Collaboration : Arabies, Magazine de l'Afrique, African Business, African Banker, CIO Mag, Le courrier de l'Atlas... Contact: hkernane@yahoo.fr


Soukaina Bouraoui, professeur de droit

Publié par Hakima Bedouani-Kernane Journaliste sur 14 Décembre 2010, 17:34pm

Catégories : #Interviews

Interview dans Arabies, décembre 2010


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Soukaina Bouraoui, professeur de droit. Directrice excécutive du Centre de recherches et de formation pour les fammes arabes (Cawtar), basé à Tunis depuis 1999. Entretien

 

Présentez- nous votre organisaton , Cawtar...

 

Le centre de recherches Cawtar ( Center for Arab Women Training and Research ) est une organisation non gouvernementale (ONG) internationale basée à Tunis. Elle couvre 22 pays arabes dans lesquels nous effectuons des recherches. C'est une association indépendante qui dispose d'un conseil d'administration, d'un conseil scientifique et d'un conseil technique qui aide la direction dans la management. Nous avons une équipe d'une vingtaine de personnes à Tunis. 

 

Quel est le rôle principal de Cawtar ? 

 

Notre rôle se situe à trois niveaux. Le premier volet concerne la collecte de diverses informations et analyses touchant des thèmes liés à la condition de la femme arabe. Le deuxième niveau est de transformer ce travail de recherches et d'analyses pour en faire un matériel de formation et de renforcement des capacités.. La troisième composante est d'apporter un soutien à travers des outils d'information et de communication pour appeler à la promotion de législations favorables aux femmes, aussi bien à l'intérieur des 22 pays membres quà l'extérieur. Nous travaillons en partenariat dans les pays arabes, aussi bien avec les institutions nationales- qu'elles soient gouvernementales ou non - qu'avec des institutions scientifiques ou issues de la société civile.

 

Notre outil principal est un réseau très étendu qui est constitué de 450 personnes physiques et morales : institutions de recherches, universités ( Chicago, Dubai, Palestine, etc.), médias, ministères des Affaires de la femme ou des affaires sociales ... Nous échangeons essentiellement nos travaux par Internet et nous organisons un colloque par an. Nous puisons dans notre capital humain, aussi bien constitué de chercheurs que de formateurs. Nous consolidons notre réseau en faisant appel à des compétences pour élargir notre cercle. Nous ne sommes pas un club privé, nous sommes ouverts à tous, à la seule condition de cotiser et d'être apte à travailler en partenariat. 

 

Quels sont les principaux pays arabes avec lesquels vous travaillez, comment évoluent vos travaux et quels en sont les freins ? 

 

Nous travaillons avec tous les pays du Maghreb, le Liban, la Jordanie, l'Égypte, le yemen, le Bahrain, les Émirats arabes unis ou encore le Kuwait...

Le premier frein concerne la mobilisation des ressources financières. Nous n'avons pas de bailleur de fonds attitré qui puisse nous fournir de l'argent pour la éalisation de nos recherches. Outre une partie de notre budget qui reste fixe, nous disposons d'une contribution annuelle du gouvernement tunisien et d'une subvention du président de notre conseil d'administration qui est le prince saoudien Al -Walid ben Talal. La direction mobilise tous les moyens possibles pour nous permettre de développer nos recherches et nos actions. Nous faisons également des propositions à divers bailleurs de fonds potentiels; auusi bien des institutions bancaires arabes comme la Banque islamique que des organismes internationaux tels que la Banque mondiale. Ces fonds servent à financer les travaux de toutes les composantes de notre réseau. Nous recrutons nos chercheurs par voie de compétition en nous inspirant des thèmes sur lesquels nous travaillons comme '' la globalisation'', '' les adolescentes arabes : situation et perspectives'', ''les femmes arabes et la prise de décisions'', etc. Nos travaux sont publiés sur notre site Internet. Nous avons également des commandes et nous vendons des livres que nous distribuons lors d'événements comme les séminaires et les foires. Notre organisation compte 150 chercheurs qui contribuent aux travaux de Cawtar dans le monde. 

 

Pensez-vous que ces travaux peuvent constituer un véritable apport à l'émancipation de la femme arabe ? 

 

Nos travaux pourraient représenter un apport considérable s'ils étaient lus par tous. A ce sujet, je dirais que le point faible du monde arabe réside dans le marketing de nos recherches. Nous savons transformer nos études en outils de communication faciles à lire et à gérer, mais ne savons pas les vendre. Nos universités sont peu réfractaires aux recherches de ce type car leurs cursus habituels n'intègrent pas ce genre de travaux. Il est évident que la visibilité de ces recherches effectuées sur les femmes arabes est problématique. Nous devons amener les citoyens arabes à lire en utilisant les techniques de marketing dynamisées par des stratégies de communication modernes. D'un autre côté, Cawtar est une des seules institutions qui ont recours aux médias pour la diffusion de leurs travaux. Nous sommes en contact avec des journalistes fidèles qui suivent notre organisme. Nous éditons également une newsletter intitulée ''Cawtariates'', laquelle est difusée sur notre site. 

 

Justement, quel rôle pourraient jouer les médias pour promouvoir le statut de la femme arabe ?

 

malheuresement, les médias ne traitent pas les thèmes de nos recherches, en dehors d'événements conjoncturels tels que les séminaires et les congrès. Il n'ya pas vraiment de suivi, ni d'attention continue et soutenue de leur part. L'absence d'une telle continuité engendre un essoufflement du lectorat. Il faudrait trouver le moyen d'intéresser  les lecteurs à la question féminine. L'idéal serait que les lecteurs se sentent concernés par les problèmes qui entravent l'émancipation de la femme arabe. C'est aux professionnels des médias de trouver la meilleure façon d'y remédier. 

 


 


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